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Le chef de l'armée pakistanaise attendu en Iran, situation "sur le fil" pour Trump
Les efforts s'intensifient jeudi pour mettre fin à la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, avec la visite à Téhéran d'un nouveau haut responsable du Pakistan, médiateur des discussions.
Elle intervient alors que Donald Trump a averti la veille que la situation était "sur le fil", entre un accord ou une reprise des hostilités.
Jeudi, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a affirmé que des progrès avaient été réalisés. "Je crois que les Pakistanais se rendront à Téhéran aujourd'hui. Espérons donc que cela fera avancer les choses", a-t-il déclaré à des journalistes.
Le puissant chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, est attendu en Iran afin de "poursuivre les discussions avec les responsables iraniens", selon l'agence de presse Isna et d'autres médias.
Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation : ces derniers jours, le ministre de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, s'y était rendu deux fois, apportant avec lui la dernière proposition américaine, que le pouvoir iranien a dit examiner.
Mais la République islamique a réitéré ses exigences: "dégel des avoirs iraniens bloqués" à l'étranger et fin du blocus américain des ports iraniens. Et a répété qu'elle ne cèderait "jamais à l'intimidation".
Les Gardiens de la Révolution ont eux menacé d'étendre la guerre "bien au-delà de la région".
- "Aller très vite" -
Depuis l'entrée en vigueur d'une fragile trêve le 8 avril après plus d'un mois de guerre, les discussions piétinent, les deux pays campant sur leurs positions.
Une seule véritable séance de négociations, infructueuse, s'est tenue le 11 avril au Pakistan. Et désormais les tractations se tiennent en coulisses.
Le conflit, déclenché par une attaque israélo-américaine contre Téhéran le 28 février, a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, où le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël, qui a ensuite envahi le sud du pays et poursuit les frappes malgré le cessez-le-feu.
Jeudi, une nouvelle frappe a endommagé un hôpital à Tebnine, selon les autorités libanaises.
"Soit nous parviendrons à un accord, soit nous prendrons des mesures un peu plus sévères", avait déclaré mercredi le président américain. "C'est sur le fil, croyez-moi."
Selon le milliardaire, un accord avec l'Iran permettrait d'économiser "beaucoup de temps, d'énergie et de vies" et il pourrait être conclu " très rapidement, ou d'ici quelques jours".
Face à ces incertitudes, les marchés boursiers sont restés prudents jeudi et les prix du pétrole repartaient à la hausse avec le Brent de la mer du Nord autour de 107 euros. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) redoute que le marché de l'or noir n'entre dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offre cet été, en l'absence d'issue durable au conflit.
- Divergences Trump/Netanyahu -
D'autant que les médias américains font état de stratégies divergentes entre Donald Trump et son allié israélien, Benjamin Netanyahu.
Les deux hommes ont eu un entretien tendu au téléphone mardi, selon les chaînes CNN et CBS. Le Premier ministre israélien "fera ce que je veux qu'il fasse", aurait ensuite lancé M. Trump.
Une indication, selon ces médias, que Washington continue de pousser pour une solution diplomatique alors qu'Israël souhaite reprendre les combats.
Israël vise à terme un renversement de la République islamique, son ennemi juré, alors que "pour les Etats-Unis, la priorité a toujours été d'empêcher la nucléarisation, même si cela implique de trouver un compromis avec le régime en place", commente sur X Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'université de Tel-Aviv.
L'administration américaine cherche une issue à ce conflit impopulaire, car la guerre a gravement perturbé l'économie mondiale, en raison du quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran, par où transitait auparavant un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.
L'Iran a officialisé en début de semaine la création d'un organisme chargé de superviser cette voie maritime et a priori de faire payer des droits de passage. Sur les dernières 24 heures, 31 navires ont pu le franchir, ont indiqué les Gardiens de la Révolution sur leur site Sepah News.
Cette "Autorité du détroit du Golfe Persique" (#PGSA) a par ailleurs revendiqué jeudi une zone de contrôle allant jusqu'aux eaux situées au sud du port émirati de Fujaïrah, au cœur de la stratégie d'Abou Dhabi pour contourner le blocage du détroit.
"Le régime (iranien) tente d'imposer une nouvelle réalité", a réagi sur X le conseiller du président émirati, Anwar Gargash, qualifiant de "chimère" ces "tentatives de contrôle du détroit".
En parallèle, les Emirats ont annoncé un nouveau paquet d'aides chiffré à plus de 350 millions d'euros pour leurs entreprises.
Les secousses du conflit affectent aussi la zone euro: la Commission européenne a fortement abaissé les prévisions de croissance des 21 pays partageant la monnaie unique.
N.Mitchell--AT