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Trump reçoit le roi Charles dans la foulée de l'attaque au gala de la presse
Le roi Charles III et la reine Camilla entament lundi à Washington une visite au contexte on ne peut plus particulier: juste après une attaque lors d'un gala auquel assistait Donald Trump, et en pleine crispation diplomatique autour du conflit en Iran.
La visite d'Etat, du 27 au 30 avril, doit marquer le 250e anniversaire de l'indépendance américaine.
Elle "se déroulera comme prévu", a indiqué dimanche un porte-parole du palais de Buckingham, quelques heures après qu'un assaillant armé a tenté de forcer l'entrée d'un dîner en présence du président américain.
Cette confirmation du voyage a réjoui le dirigeant républicain, fasciné par la pompe monarchique, aussi généreux en compliments pour le monarque que prodigue en critiques contre le Premier ministre britannique Keir Starmer.
"C'est un mec super", a dit Donald Trump du roi dans un entretien avec Fox News dimanche. Il "est très courageux", a-t-il jugé à propos du souverain, soigné pour un cancer, "il représente son pays comme personne d'autre ne peut le faire."
Charles III s'était dit "très soulagé" d'apprendre que Donald Trump était sorti "sain et sauf" après les coups de feu tirés pendant le dîner annuel des correspondants à la Maison Blanche, à l'extérieur de la salle où se tenait le président avec des milliers d'autres convives.
L'ambassadeur britannique aux Etats-Unis, Christian Turner, a parlé dimanche d'un "immense enthousiasme" du président américain pour cette visite, par laquelle Donald Trump rend aussi la politesse après avoir été reçu avec faste au Royaume-Uni l'an dernier.
- Thé et ruches -
Le programme prévoit que le président et son épouse Melania Trump reçoivent leurs invités lundi pour un thé puis une visite des ruches de la Maison Blanche.
Mardi, la journée la plus protocolaire du voyage commencera par une cérémonie d'accueil militaire.
Donald Trump et Charles III auront un entretien dans le Bureau ovale, tandis que leurs épouses participeront à un événement consacré à l'éducation et à l'intelligence artificielle.
Le même jour, le souverain britannique devrait profiter d'un discours devant le Congrès américain - le premier du genre depuis Elizabeth II en 1991 - pour relativiser la tension diplomatique actuelle en invoquant la relation de deux siècles et demi, avec ses hauts et ses bas, entre le Royaume-Uni et son ancienne colonie devenue superpuissance.
Les deux couples se retrouveront en soirée pour un dîner de gala en comité assez restreint dans une salle de réception de la Maison Blanche, au lieu du grand pavillon monté généralement dans les jardins pour ce genre d'occasions.
Donald Trump a cette structure temporaire en horreur. Il veut la remplacer par une monumentale salle de balle, dont le chantier bat son plein et qu'il sera certainement tenté d'évoquer face à ses hôtes.
- Epstein -
Après un déplacement à New York mercredi, le roi et la reine se rendront au Mémorial des attentats du 11-Septembre. Ils verront Melania et Donald Trump une dernière fois jeudi, avant leur voyage retour.
Charles III voudra tout faire pour éviter que la crispation entre Londres et Washington ne produise une note discordante dans cette pompe bien réglée.
L'exercice n'aura rien d'évident.
Charles III doit éviter d'alimenter les vives critiques au Royaume-Uni sur ce voyage impopulaire, et ne surtout pas donner l'image d'une entreprise humiliante visant à adoucir l'imprévisible président américain.
Le monarque a toutefois aussi pour mission, implicite, d'amadouer Donald Trump, certes bien disposé personnellement à son égard, mais excédé par les réserves des autorités britanniques face à la guerre en Iran, entre autres sujets de discorde.
En plus d'attaquer Keir Starmer, le président américain a bousculé la "relation spéciale" transatlantique en s'en prenant à l'armée et à la marine britanniques. Il a aussi minimisé le tribut payé par les Britanniques lorsqu'ils ont combattu aux côtés des Américains en Afghanistan.
Le déplacement aura un autre sujet explosif en toile de fond: l'affaire Epstein et l'amitié passée du frère du roi, Andrew, avec le défunt pédocriminel.
Les commentateurs guetteront toute allusion, même la plus subtile, à cette affaire qui n'en finit plus de secouer la monarchie britannique pendant les quatre jours que passera le couple royal en terre américaine.
G.P.Martin--AT