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"A terre!" Comment le gala de la presse à Washington a tourné au chaos
Smoking et coups de feu: samedi, le grand gala annuel de la presse à Washington, en présence de Donald Trump, a basculé quand un homme armé a tenté d'en forcer l'entrée.
"A terre! A terre!"
Une grande agitation se fait entendre à l'extérieur de la gigantesque salle de réception de l'hôtel Hilton à Washington.
Assis à la table d'honneur, sur une estrade surélevée, le président américain reste d'abord sans réaction.
Puis des agents du service de sécurité lourdement armés évacuent le milliardaire de 79 ans, tout comme les autres hauts responsables présents: le vice-président JD Vance, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, et plusieurs ministres.
La musique d'ambiance s'arrête dans la salle, baignée dans une lumière bleutée et tamisée qui ajoute à l'ambiance irréelle du moment.
Des membres du Secret service, l'agence de protection des personnalités, se campent, armes dégainées, sur l'estrade désertée, sous une grande banderole "Association des correspondants à la Maison Blanche".
- Hélicoptère et gyrophares -
Très vite, la nouvelle que des coups de feu ont été tirés se propage.
Elle est confirmée à un groupe de journalistes, dont ceux de l'AFP, par Mehmet Oz, patron du programme public d'assurance-santé, alors qu'il est lui-même escorté vers la sortie par les forces de l'ordre.
Pendant de longues minutes, les invités, repoussés par les forces de l'ordre au rez-de-chaussée de l'hôtel, restent interdits, pendus à leur téléphone portable, dans l'attende de nouvelles du président.
Jusqu'à ce que celui-ci se dise sain et sauf sur son réseau Truth Social.
Donald Trump laisse d'abord entendre que la soirée, à laquelle il assistait pour la première fois en tant que président, pourrait reprendre.
Puis annonce qu'elle est bel et bien annulée, mais qu'il donnera une conférence de presse à la Maison Blanche.
Une partie des journalistes se rue hors de l'hôtel, celui-là même où le président Ronald Reagan avait été victime d'une tentative d'assassinat en 1981, direction le palais présidentiel.
Ils et elles se fraient un passage au milieu des voitures de police tous gyrophares allumés et des forces de l'ordre, tandis qu'un hélicoptère gronde au-dessus du quartier.
- 'Nous la referons' -
Deux heures après l'incident, c'est devant une assemblée de reporters en robe longue et noeud papillon que se présente le président américain, lui-même en smoking.
Il parle d'un "assassin en puissance", qui avait l'intention de "tuer" et donne des détails: un attaquant armé a tenté de forcer le dispositif de sécurité à l'entrée de la salle et a été arrêté.
Donald Trump indique aussi qu'un membre des forces de l'ordre s'est fait tirer dessus.
"C'est une soirée un peu différente de ce que nous attendions, mais nous la referons", promet le milliardaire.
Pendant tout son premier mandat et l'an dernier, Donald Trump s'est tenu à l'écart de ce gala, conçu comme une célébration de la liberté de la presse auquel ont assisté tous ses prédécesseurs depuis les années 1920.
Depuis son retour au pouvoir, il n'a eu de cesse d'attaquer les médias.
Mais samedi soir au moins, le dirigeant républicain a prononcé une sorte de trêve.
"Je veux aussi remercier la presse, les médias, vous avez été très responsables dans votre couverture", a-t-il dit depuis le podium de la salle de presse de la Maison Blanche.
R.Lee--AT