Arizona Tribune - A la banque centrale des Etats-Unis, le changement de chef dans les limbes

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A la banque centrale des Etats-Unis, le changement de chef dans les limbes
A la banque centrale des Etats-Unis, le changement de chef dans les limbes / Photo: Brendan SMIALOWSKI - AFP/Archives

A la banque centrale des Etats-Unis, le changement de chef dans les limbes

Ce pourrait être une fable dont la morale déplairait fortement à Donald Trump: à force de tenter de pousser Jerome Powell hors de la Réserve fédérale (Fed), le président risque de prolonger sa carrière de banquier central.

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La fin du mandat de Powell approche mais l'arrivée du successeur désigné par la Maison Blanche patine.

Le point sur cette transition hors normes au sommet de la banque centrale de la première économie mondiale.

Où en est-on?

Jerome Powell présidera en théorie sa dernière réunion sur les taux d'intérêt américains dans un mois, les 28 et 29 avril. Son mandat s'achève à la fin du mois de mai.

Il avait pris la tête de la Fed sous la première présidence de Donald Trump et été renouvelé sous le démocrate Joe Biden.

Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le républicain le conspue inlassablement, le qualifiant d'"idiot", "incompétent", "peut-être malhonnête".

Donald Trump, qui réclame des taux d'intérêt beaucoup plus bas, a soupesé les moyens de l'évincer et l'a poussé à démissionner, sans succès.

Le chef de l'Etat s'est même fendu l'été dernier d'une visite du chantier de rénovation du siège de la Fed à Washington, dont il dénonce la facture (montée à 2,5 milliards de dollars contre 1,9 milliard au départ).

Apogée de cette campagne de déstabilisation: une procureure proche de Donald Trump, Jeanine Pirro, a lancé une procédure judiciaire visant ces travaux.

Jerome Powell l'a révélé en janvier dans une allocution solennelle et dénoncé un "prétexte" pour attaquer l'indépendance de la Fed.

L'annonce a suscité une levée de boucliers des milieux économiques et de certains élus républicains.

Peu après, le locataire de la Maison Blanche a désigné, le 30 janvier, son candidat pour remplacer Powell: l'ex-gouverneur de la Fed Kevin Warsh.

Qu'est-ce qui bloque?

C'est le Sénat qui a le pouvoir de confirmer la nomination de Kevin Warsh, que les marchés considèrent comme un aspirant crédible à la fonction.

La majorité présidentielle est ténue, ce qui fait qu'un élu républicain de Caroline du Nord (sud-est), Thom Tillis a le pouvoir de bloquer le processus.

Il jure de le faire tant que la procédure judiciaire qui plane au-dessus de Jerome Powell n'est pas classée.

Un juge a annulé cette procédure, y voyant une manière de "harceler M. Powell". Jeanine Pirro a exclu de rétropédaler et dit vouloir faire appel.

Cela "ne fera que retarder la confirmation de Kevin Warsh comme gouverneur de la Fed", a prévenu Thom Tillis le 13 mars.

Tant que M. Warsh n'est pas confirmé, M. Powell peut rester président.

Puis, même une fois son successeur dans les murs, il pourrait décider de rester comme simple gouverneur (ce mandat-là ne prend fin pour lui que début 2028).

La tradition veut que l'ex-patron s'en aille pour ne pas faire d'ombre au suivant. Mais la situation est tout sauf ordinaire, et l'exécutif américain craint de voir Jerome Powell s'arrimer à son siège pour éviter que Donald Trump y place un fidèle.

Comme pour enfoncer le clou, M. Powell a récemment lancé qu'il ne quitterait pas la Fed tant que la procédure judiciaire "ne sera pas bel et bien terminée, dans la transparence et de manière définitive".

T.Perez--AT