-
Les soldes en pleine canicule: "catastrophe" pour certains, "aubaine" pour d'autres
-
Mondial-2026: la course aux buts de Messi et Mbappé sublime Ronaldo, pas Kane
-
Mode masculine: en pleine canicule, Louis Vuitton propose une ode à l'océan
-
Mondial: l'Angleterre de Kane bute sur la défense du Ghana 0-0
-
Marc Bloch est entré au Panthéon, une leçon face à "l'esprit de défaite"
-
Enlevée, la mère d'une journaliste américaine serait décédée selon une note de ses ravisseurs
-
Basket: Monaco s'offre un quadruplé avec James en vedette surprise
-
Iran: Rubio dans le Golfe veut rassurer des alliés clés
-
Wall Street termine en baisse, vague de ventes massives sur la tech
-
Valérie Masson-Delmotte: "Ma grande peur, c'est qu'on rende invisible la surmortalité des personnes âgées"
-
Lunettes à éclipse: la Société astronomique de France appelle à la "vigilance"
-
Potentielles fissures dans les ailes: 16 Airbus A380 nécessitent des inspections
-
En RDC, des chefs veulent hisser la cuisine congolaise au rang de gastronomie
-
A Hanoï, une rare et prudente contestation contre les démolitions de maisons
-
Ebola en RDC: visite prochaine du président Tshisekedi à l'épicentre de l'épidémie
-
Mondial-2026: La course aux buts de Messi et Mbappé réveille Ronaldo
-
Marc Bloch, l'historien résistant, aux portes du Panthéon
-
Mondial-2026: Le Portugal balaye l'Ouzbékistan, Ronaldo en mode superstar
-
Après la grève, la SNCF sort le carnet de chèques
-
Potentielles fissures dans les ailes: 16 Airbus A380 nécessitent des inspections dont cinq immédiatement
-
Un supercalculateur chinois déclaré le plus puissant au monde, une première depuis près de dix ans
-
Le Hezbollah demande un retrait total d'Israël du Liban selon un calendrier préétabli
-
Fusillade mortelle dans un lycée aux Philippines, l'attaque était préméditée
-
La Bourse de Paris touchée par le coup de semonce sur l'IA
-
Canicule: dans les Ehpad, le plan bleu pour protéger les résidents
-
Les députés favorables à une autonomie de la Corse, prochaine étape incertaine au Sénat
-
La canicule s'intensifie en Europe, température record en France et attendue en Angleterre
-
Face à l'IA, Cate Blanchett lance un site pour faire valoir les droits de chacun
-
Carburants: TotalEnergies veut maintenir le plafonnement dans les stations-service rurales
-
Liban: plusieurs tirs de l'armée israélienne dans le sud, deux morts
-
L1: l'entraîneur Gary O'Neil quitte déjà Strasbourg pour Ipswich Town
-
Les Bourses européennes clôturent en baisse, mais atténuent le coup de chaud sur la tech
-
A Bruxelles, une rencontre inédite entre responsables talibans et l'UE sur l'immigration
-
La canicule s'intensifie en Europe, température record attendue en Angleterre
-
Lyhanna: Lecornu donne rendez-vous aux parlementaires à l'automne pour la "loi intégrale"
-
Catastrophes naturelles: la moitié des dégâts assurés causés par la sécheresse en 2025
-
La canicule enchaîne les records, Lecornu mobilise le système de santé
-
Le coup de semonce sur les valeurs de la tech touche les Bourses mondiales
-
Foot: pendant le Mondial, les affaires continuent
-
La relance du logement neuf encore "loin du compte", selon la FFB
-
Wall Street: la tech vacille, le Nasdaq chute de plus de 2% à l'ouverture
-
Des responsables talibans à Bruxelles pour parler d'immigration
-
Blés secs et volailles asphyxiées: l'effet caniculaire en agriculture
-
Une expédition va récupérer le corps de "Green Boots", fameux mort de l'Everest enfin identifié
-
Tensions avec Varsovie: Zelensky absent d'une conférence clé sur l'Ukraine en Pologne
-
Des responsables talibans à Bruxelles pour parler immigration
-
Les Bourses mondiales cèdent du terrain face à la débandade de la tech
-
Ormuz : trafic maritime record lundi depuis le début de la guerre
-
Mondial-2026: Messi et Mbappé à la course aux buts, Ronaldo attendu au tournant
-
L'IA pourrait surpasser les connaissances de cybersécurité "en quelques mois" (Five Eyes)
RDC: l’hôpital de Rutshuru, terminus des combattants blessés et des enfants affamés
Une porte s’ouvre sur des lits en enfilade. Des corps par dizaines sont étendus, silencieux. Qu’ils soient civils, militaires ou miliciens, dans la guerre menée par les rebelles du M23 en République démocratique du Congo, les corps mutilés et les enfants décharnés finissent ici, à l’hôpital de Rutshuru.
Le Mouvement du 23 mars (M23) est le dernier avatar des rébellions à dominante tutsi soutenues par le Rwanda voisin, vaincue en 2013. Depuis fin 2021, Ces rebelles ont repris les armes, reprochant à Kinshasa de n'avoir pas respecté les accords sur leur démobilisation.
Cette semaine, un rapport confidentiel d'experts mandatés par les Nations unies et consulté par l’AFP affirme que l’armée rwandaise a "fourni des renforts de troupes au M23" et "lancé des interventions militaires contre des groupes armés congolais et des positions des Forces armées congolaises" depuis au moins novembre 2021.
Kigali a récusé jeudi ces "allégations non valides" et avancé son "droit à défendre son territoire".
Cinq mois d’attaques "hit and run" du M23 sur les positions de l’armée congolaise - et du Parc national des Virunga - se sont transformés depuis fin mars en barrages d’artillerie, pour empêcher le gouvernement de reprendre le territoire désormais sous contrôle de la rébellion.
"Ils nous tiraient dessus au mortier… uniquement des obus de mortier, pendant des heures", raconte un soldat, à peine remis sur pied à l’hôpital de Rutshuru. Il a été éventré par un éclat d’obus dans les affrontements à seulement vingt kilomètres de la ville.
La zone où il se battait il y a un mois avec son régiment, est aujourd’hui entièrement contrôlée par le M23.
Dans la pièce tout en longueur flotte une odeur de transpiration et un calme sourd, abimé par quelques gémissements et le murmure des infirmiers.
En avançant dans la travée centrale, le regard s'attache sur des membres emmaillotés dans des bandages blancs. Il manque un bras. Ici, il manque une jambe, là une mâchoire a été arrachée.
"Moi, j’ai pris deux balles dans le bras droit", raconte un jeune milicien au regard noir. "Nous gardions une base arrière et comme mes camarades ont rejoint le front contre le M23 avec les FARDC (Forces armées de la RDC), un autre groupe armé en a profité pour nous encercler et ils ont ouvert le feu sur nous".
Il affirme que des groupes rebelles comme celui qui l’a attaqué ce matin de juillet se sont engagés avec eux dans la guerre contre le M23 aux côtés de l’armée, mais "chacun a son axe, il n’y a pas de collaboration entre nous".
- Chances de survie -
Sa femme est là, se tient au-dessus de lui. Elle le regarde en serrant leur bébé contre sa poitrine. Il n’a pas deux ans, et ses berceuses sont des chants de guerre et de corps meurtris.
"Bip… bip… bip…" Plus loin, les moniteurs de fréquence cardiaque résonnent dans les salles d’opération. Les chirurgiens, infirmiers et anesthésistes ne connaissent pas de répit. "Il faut trier les blessés, prioriser, évaluer les chances de survie. C’est très difficile", décrit un des chirurgiens.
Il n’y a que deux salles d’opération à l’hôpital de Rutshuru et 271 blessés, dont un tiers par armes à feu, ont été admis en chirurgie pour le seul mois de juin. "Mais il y a un mois, c’était pire!", s’exclame-t-il en enlevant ses gants maculés de sang à la sortie d’un "raccourcissement d’un membre", détruit par un obus.
"Certains jours, quand l’ambulance arrivait, c’était sept ou huit blessés que nous trouvions entassés à l’arrière du véhicule".
Des pleurs, encore des gémissements et le ronronnement des concentrateurs d’oxygène: à l’autre bout de l’hôpital, la guerre fait des ravages sur les enfants. Ici, point de plaies béantes ni de fractures, mais l’impossibilité de trouver à manger dans la fuite ont rongé les petits corps chétifs.
"Ça déborde!", s’indigne le superviseur de ce pavillon. "Si rien n’est fait, dans les prochaines semaines ce sera une catastrophe." Des enfants, trop faibles, sont nourris par des sondes.
D’autres, au système immunitaire effondré à cause de la malnutrition, ont la peau qui se décolle en lambeaux comme de profondes brûlures sur leurs cuisses et leurs mains atrophiées.
La salle s’est vidée le temps d’une "démonstration culinaire" aux parents. Les gémissements ont disparu. Seuls les plus faibles restent dans la pièce. Ceux-là n’ont plus la force de pleurer.
Les médecins font une pause, s’affalent dans des chaises en plastique et scrollent leurs smartphones. "Vous avez l’espoir de rentrer chez vous bientôt?", demande un des médecins à une jeune maman. "C’est impossible! réplique-t-elle. La guerre est toujours là. S’il vous plaît, il faut continuer à nous aider".
Ch.Campbell--AT