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Municipales: les électeurs aux urnes pour un second tour à suspense
Les électeurs ont commencé à voter dimanche au second tour des municipales, où le suspense est de mise dans la quasi-totalité des grandes villes françaises, après un premier tour marqué par la poussée de La France insoumise et du Rassemblement national à un an de la présidentielle.
Dans la plupart des cas, les électeurs auront jusqu'à 18H00 pour se mobiliser, les bureaux de vote fermant à 19H00 ou 20H00 dans certaines grandes villes.
La participation, historiquement faible au premier tour (57%), connaissait à la mi-journée un léger sursaut, s'élevant à midi à 20,33% des électeurs, légèrement plus que dimanche dernier à la même heure (19,37%).
A Lyon, Benjamin, ingénieur de 35 ans a voté de bon matin, estimant que "dans le contexte actuel on ne (pouvait) pas aller prendre le risque de ne pas aller voter".
Les résultats sont attendus à partir de 20H00, mais le suspense pourrait durer jusque tard dans la soirée dans certaines villes.
Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse... Rarement, en effet, des élections municipales se seront révélées aussi incertaines, après une période d'entre-deux tours marquée par la conclusion de nombreuses alliances, parfois inattendues, et par plusieurs désistements notoires.
- Triangulaire parisienne -
La capitale parisienne en est le symbole le plus fort, avec un duel très serré entre la candidate de droite, Rachida Dati (soutenue par le centre, les macronistes et qui bénéficie du retrait de la liste d'extrême droite de Sarah Knafo) et Emmanuel Grégoire, qui représente la gauche hors LFI, au pouvoir depuis 25 ans à Paris.
Ancien adjoint de la sortante Anne Hidalgo, ce dernier est favori mais le maintien de l'Insoumise Sophia Chikirou peut lui jouer des tours.
Dans un bureau du IXe arrondissement, Al, un comédien de 35 ans, a confié avoir voté pour M. Grégoire "un peu par défaut", après avoir voté LFI au premier tour. Catherine, soignante de 67 ans tout juste retraitée, a elle dit s'être tournée vers Mme Dati après avoir voté pour Pierre-Yves Bournazel, souhaitant "une alternance".
A Marseille, face aux scores du RN Franck Allisio, LFI s'est désistée et le sortant de gauche Benoît Payan part avec une longueur d'avance.
Au terme d'une campagne émaillée d'invectives entre Insoumis et socialistes, les deux plus grandes villes de France font pourtant office d'exceptions dans le jeu des alliances.
Car si le PS s'est refusé à tout accord national avec LFI, ses représentants locaux n'ont pas hésité à franchir le pas après un premier tour marqué par les bons scores de LFI dans les métropoles.
Le comportement des électeurs devant ces alliances fustigées par les autres partis, et par de nombreuses figures de la gauche socio-démocrate, sera un indicateur de la force d'attraction ou du caractère repoussoir des Insoumis à un an de la présidentielle.
- Nice, symbole des divisions du socle -
Les socialistes, qui gardent le leadership à gauche au niveau local, ont souvent accepté le ralliement des Insoumis, que ce soit à Nantes, Brest, Clermont-Ferrand ou Avignon. A Toulouse et Limoges, c'est même derrière LFI que la gauche s'est rangée pour tenter de battre la droite.
Les Insoumis visent aussi Roubaix (Nord), après avoir gagné Saint-Denis dès le premier tour.
Le PS espère lui conserver Lille, après avoir fusionné avec Les Ecologistes, et prendre à ces derniers Strasbourg.
L'un des scrutins les plus serrés a lieu à Lyon: le sortant écologiste Grégory Doucet y est au coude à coude avec l'ancien patron de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas.
Autre bastion gagné lors de la vague verte de 2020, Bordeaux pourrait devenir une rare terre de conquête macroniste, si l'ex-ministre Thomas Cazenave parvient à déloger le sortant Pierre Hurmic.
Le Rassemblement national, dont la progression se confirme désormais localement sans atteindre les scores de ses responsables nationaux, garde notamment les yeux sur Toulon, Nîmes, Carcassonne.
Surtout, il compte bien sur son allié Eric Ciotti (UDR), ex-patron de LR favori à Nice, pour incarner le succès de la stratégie d'union de la droite et de l'extrême droite, que le président du RN, Jordan Bardella, tente d'imposer dans la course à l'Elysée.
Signe des fractures du bloc central, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, a refusé de soutenir Christian Estrosi (Horizons) en dépit des accords.
Ce second tour des municipales pourrait marquer pour certains le coup d'envoi de la présidentielle: ainsi d'Edouard Philippe, qui a voté dès 8H15 au Havre, et devrait l'emporter confortablement dimanche soir.
O.Ortiz--AT