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Ramiro Valdés, compagnon du Che et figure de la révolution cubaine
Il fut le second de Che Guevara et a fondé les redoutables services de renseignement cubains : Ramiro Valdés, mort dimanche à l'âge de 94 ans, était l'une des dernières figures historiques de la révolution menée par Fidel Castro en 1959.
Barbichette et cheveux blancs, sourcil droit perpétuellement levé, Ramiro Valdés était l'un des rares à avoir le titre de Commandant de la révolution. Il était aussi avec Raul Castro, 95 ans, un des derniers survivants de l'expédition du yacht Granma le 2 décembre 1956, le point de départ de la lutte armée contre la dictature de Fulgencio Batista.
Homme de l'ombre, avare de mots et considéré comme implacable par ses adversaires, Ramiro Valdés fonde après la révolution le fameux G2, la sécurité de l'Etat (services de renseignement) de l'île. Il a aussi été ministre de l'Intérieur pendant les épisodes de forte confrontation avec les Etats-Unis.
"Personne ne pouvait bouger sans que la sécurité le sache et cela nous a permis d'infiltrer de plus en plus les organisations contre-révolutionnaires", admettait-il en 2018 dans ce qui fut sans doute son unique entretien avec la télévision cubaine, qu'il avait accepté de donner "en réponse à un ordre" venu d'en haut.
"En tant que ministre de l'Intérieur, Valdés a géré l'étape la plus dure de confrontation dans les années après 1959" entre le gouvernement révolutionnaire et ceux qui avaient pris les armes pour s'y opposer, explique Michael Shifter, du centre de réflexion Dialogue interaméricain.
- Toujours en uniforme -
Toujours en uniforme vert olive au cours de ses apparitions publiques, Ramiro Valdés a consacré les dernières années de sa vie à soutenir le premier président cubain non-Castro depuis la révolution, Miguel Diaz-Canel, arrivé au pouvoir en 2018.
Ces deux dernières années, il avait été régulièrement vu en train de superviser l'installation de parcs photovoltaïques à un moment où Cuba traverse une crise énergétique sans précédent.
Membre du Bureau politique du PCC (Parti communiste cubain, unique), le centre névralgique du pouvoir, Ramiro Valdés avait aussi le titre honorifique de Héros de la République de Cuba.
De lui, "je peux citer sa fidélité à la Révolution et à Fidel, son dévouement au travail, sa modestie et sa simplicité", disait en 2018 Raul Castro, avec qui les relations sont pourtant considérées comme ayant été tumultueuses pendant des années.
Ramiro Valdés a été l'un des premiers à se joindre à Fidel Castro (1926-2016) à la tête d'un groupe à Artemisa (sud-est de La Havane), où il était né le 28 avril 1932 au sein d'une famille pauvre et où il n'avait pas terminé l'école.
A 21 ans, c'est un des participants à l'attaque de la caserne Moncada, à Santiago de Cuba (est), le 26 juillet 1953, pendant laquelle il sera légèrement blessé et fait prisonnier comme Fidel et Raul.
Libérés, les trois hommes organisent à partir du Mexique l'expédition du yacht Granma.
- En mission au Venezuela -
Dans la guérilla menée dans la Sierra Maestra, une forêt montagneuse de l'est de l'île, il sera le second de l'Argentin Ernesto "Che" Guevara (1928-1967).
Il a été "l'un des chefs de ma vie", racontait Ramiro Valdés : "il était très sévère (...) et surtout avec les gens les plus proches, il était intransigeant", mais en même temps "sympa et très fraternel".
Ministre de l'Intérieur de 1961 à 1968, puis de 1979 à 1985, il occupe vingt ans plus tard le poste stratégique de ministre de l'Informatique et des Communications (2006-2011), aux balbutiements d'internet, très contrôlé par le gouvernement.
En 2010, il est envoyé plusieurs mois au Venezuela, le principal allié de Cuba, officiellement en tant que conseiller dans le secteur énergétique mais, selon l'opposition vénézuélienne, il aide alors le gouvernement chaviste à perfectionner son travail dans le renseignement.
Une coopération qui a connu un sérieux revers en janvier, avec la capture par les Etats-Unis du président vénézuélien, Nicolas Maduro, le successeur d'Hugo Chavez (1999-2013) et, comme lui, un soutien indéfectible du gouvernement de La Havane.
Trente-deux militaires cubains sont morts dans l'attaque américaine qui a conduit à la fin des livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba et plongé l'île dans une crise économique sans précédent.
O.Ortiz--AT