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Au Danemark, Mette Frederiksen tente de décrocher un troisième mandat de Premier ministre
Le Danemark vote mardi pour des élections législatives indécises, la Première ministre sociale-démocrate Mette Frederiksen briguant un troisième mandat après une campagne centrée sur des thématiques nationales, sur fond de tensions avec les Etats-Unis sur le Groenland.
A 48 ans, Mme Frederiksen bénéficie de son image de cheffe de gouvernement expérimentée mais la popularité de son parti est en net recul.
Onze autres formations politiques se disputent les 179 sièges du Folketing, le Parlement danois, et chacun s'est lancé dans la campagne séparément.
Traditionnellement, instituts de sondage et analystes les rassemblent en deux blocs: le rouge - les partis de gauche - et le bleu avec les formations de droite.
Un parti, les Modérés de l'actuel ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen, se tient en dehors et pourrait jouer un rôle de faiseur de roi lors des négociations de coalition.
"Il y a égalité dans de nombreux sondages d'opinion où les Modérés (...) sont le parti pivot, donc c'est eux qui décident", explique à l'AFP la politologue Karina Kosiara-Pedersen, de l'Université de Copenhague.
"Dans certains sondages, le bloc rouge, celui de la Première ministre, dispose de la majorité, donc c'est assez probable que la Première ministre sera sociale-démocrate (...) mais ce n'est certainement pas encore fait", ajoute-t-elle.
Les quatre sièges ultramarins (deux pour le Groenland et deux pour les îles Féroé) pourraient être décisifs.
A cause de la position très négative du parti d'extrême-droite DF sur le Groenland, "un parlementaire groenlandais même de droite modérée aurait beaucoup de mal à soutenir un gouvernement danois soutenu par DF, ce qui pourrait être le cas de toutes les coalitions de droite", explique Ole Waever, professeur de relations internationales à l'Université de Copenhague.
- Impôt sur la fortune -
La courte campagne - trois semaines - a principalement porté sur la qualité de l'eau potable, en raison des niveaux élevés de nitrates dus à l'agriculture, sur l'âge de la retraite et l'impôt sur les grandes fortunes.
Le parti de Mette Frederiksen propose de taxer les patrimoines personnels supérieurs à 25 millions de couronnes (3,3 millions d'euros) pour financer l'Etat providence et particulièrement une réforme de l'éducation. La proposition hérisse les partis de droite.
"C'est la bonne voie à suivre pour avoir un mode de financement des dépenses socialement responsable", estime Damoun Ashournia, économiste en chef de l'organisation syndicale FH.
"Nous devons investir davantage dans notre Etat providence afin de pouvoir offrir un niveau constant de services à la population", qui vieillit, souligne-t-il.
Juste avant l'annonce des élections, le gouvernement sortant - composé des sociaux-démocrates, des Modérés et des Libéraux, une alliance inédite - avait fait voter un "chèque nourriture" pour soutenir les plus fragiles face à la cherté de la vie.
"Pour l'instant, je n'ai pas vraiment l'impression de galérer, mais c'est surtout parce que j'ai deux boulots (...) en réalité, ça devient un peu cher", déplore Anders Hemrich, un jeune Danois de 21 ans. "On le voit clairement dans les prix: ça monte, ça ne redescend pas."
- Groenland -
Pour les quelque 4,3 millions d'électeurs, la situation sécuritaire autour du Groenland, dont Donald Trump veut toujours obtenir le contrôle, reste une préoccupation latente.
"On voit un ralliement sous le drapeau", dit Mme Kosiara-Pedersen.
"La question du Groenland, de son indépendance, des Etats‑Unis, tout cela n'a pas été abordée en tant que tel dans la campagne électorale, mais indirectement, je dirais que cela influence le regard sur le leadership", explique la politologue.
Cela favorise Mette Frederiksen et Lars Løkke Rasmussen, ministre des Affaires étrangères qui a été deux fois Premier ministre, ajoute-t-elle.
Quelque 23% des Danois considèrent la politique de défense et de sécurité comme une priorité, selon une enquête de l'institut d'opinion Voxmeter.
La question des réfugiés, qui avec des propositions sur la limitation de leur nombre et leur retour chez eux a partiellement occupé la campagne et n'est décisive que pour 8,8% des votants, selon ce sondage.
H.Romero--AT