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Ultimatum de Trump à l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, Israël durement attaquée
Donald Trump a exigé samedi soir de l'Iran qu'il rouvre le détroit d'Ormuz dans les 48 heures ou la République islamique fera face à des frappes visant ses infrastructures énergétiques, Téhéran de son côté ayant lancé l'attaque la plus destructrice contre Israël depuis le début de la guerre.
"Si l'Iran ne rouvre pas totalement, sans aucune menace, le détroit d'Ormuz dans les 48 heures à compter de cet instant précis, les Etats-Unis d'Amérique frapperont et anéantiront ses différentes centrales électriques, en commençant par la plus grande", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
L'armée iranienne a aussitôt répliqué qu'elle visera les infrastructures énergétiques et de dessalement dans la région.
La menace américaine intervient alors que deux missiles iraniens se sont abattus samedi soir sur deux villes du sud d'Israël, dont l'un près d'un centre de recherche nucléaire, faisant plus d'une centaine de blessés et de lourds dégâts matériels.
La double attaque de samedi soir, si elle n'est pas la plus meurtrière, est cependant la plus spectaculaire par l'ampleur des dégâts causés.
Au moins 88 personnes ont été blessées, dont dix grièvement, dans la frappe de missile iranien sur la ville d'Arad, selon un nouveau bilan provisoire des secours.
Auparavant, un premier missile iranien avait lui visé la ville stratégique de Dimona, connue pour abriter notamment le Centre de recherche nucléaire du Néguev Shimon Peres, une installation nucléaire à des fins de recherche qui, d'après la presse étrangère, a été impliquée dans la production d'armes nucléaires au cours des dernières décennies.
"C'est une soirée très difficile dans la bataille pour notre futur", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué. "Nous sommes déterminés à continuer de frapper nos ennemis sur tous les fronts."
Le site frappé est situé dans une zone résidentielle à Dimona, à près de cinq kilomètres du centre de recherche nucléaire, et a fait 33 blessés.
Des images de l'AFP sur le lieu de l'impact ont montré tout un pâté de maisons détruit. Autour d'un large cratère, la terre est retournée et les façades des immeubles alentours ont été en grande partie détruites.
Israël est considéré comme le seul pays doté de l'arme nucléaire au Moyen-Orient mais entretient l'ambiguïté sur le sujet.
L'Iran a revendiqué le tir de missile, affirmant qu'il s'agissait d'une "réponse" à l'attaque "ennemie" contre le complexe de Natanz (centre), rapportée plus tôt par Téhéran.
D'après l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, "aucune fuite de matières radioactives n'a été signalée" sur ce site déjà été frappé début mars.
- "Risques de catastrophe" -
Après chacune de ces frappes, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a appelé "à la retenue militaire maximale" afin d'éviter tout risque d'accident nucléaire.
Le Kremlin, allié de longue date de l'Iran, a condamné des frappes "irresponsables" faisant peser "des risques réels de catastrophe à l'échelle de tout le Moyen-Orient".
En lançant l'offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait dit notamment vouloir éliminer la menace nucléaire iranienne, déjà fortement affaiblie par la guerre de douze jours en juin 2025.
Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu'il dément. Des pourparlers sur le sujet avaient justement eu lieu en février avant d'être brutalement stoppés par l'attaque israélo-américaine.
- Détroit d'Ormuz -
Ces derniers jours, les frappes avaient redoublé d'intensité contre des installations énergétiques dans le Golfe, faisant s'envoler les prix des hydrocarbures.
Le blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie commerciale cruciale pour l'approvisionnement mondial en carburant, aggrave cette flambée.
Le chef du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), l'amiral Brad Cooper, a assuré qu'une installation abritant des missiles de croisière avait été "détruite" cette semaine et des sites de renseignement et des radar "anéantis".
Une vingtaine de pays, Emirats arabes unis, Royaume-Uni, France ou encore Japon se sont de leur côté dit "prêts à contribuer aux efforts" nécessaires à la réouverture du détroit et ont condamné les récentes attaques iraniennes ayant visé des navires et des infrastructures pétrolières et gazières.
Vendredi, les cours du pétrole ont terminé en hausse, restant toutefois sous le seuil des 120 dollars le baril, tutoyé à plusieurs reprises depuis le début du conflit.
La Commission européenne a appelé les Etats membres à réduire leurs objectifs de remplissage de gaz pour l'hiver prochain, afin d'atténuer la pression sur les prix.
- "Démonstration de force" -
Israël a prévenu samedi que l'intensité des frappes en Iran allait "augmenter considérablement" dans les prochains jours.
"Nous ne nous arrêterons pas tant que tous les objectifs de la guerre n'auront pas été atteints", a lancé Israël Katz, le ministre de la Défense.
Et si vendredi Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis étaient "sur le point d'atteindre" leurs objectifs et envisageaient de "réduire graduellement" les efforts militaires américains, il a aussi écarté toute idée de cessez-le-feu.
Après trois semaines de conflit, l'Iran continue de riposter en lançant drones et missiles tous azimuts.
Vendredi, il a tenté de frapper "sans succès" la base américano-britannique de Diego Garcia, située à 4.000 kilomètres de son territoire, selon une source officielle britannique.
C'est un "fait notable", l'île se situant "au-delà de la portée max estimée jusqu'alors des missiles iraniens", estime sur X le chercheur français Etienne Marcuz, de la Fondation pour la recherche stratégique, y voyant là "une démonstration de force".
burx-lb/bdx
T.Perez--AT