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Paris: les candidats jettent leurs dernières forces avant un match incertain
Emmanuel Grégoire et Rachida Dati ont jeté vendredi leurs dernières forces dans la bataille pour Paris dans un climat fébrile, avant un match à trois incertain même si le candidat de la gauche hors LFI garde l'avantage face à sa rivale de droite.
Lors de son dernier meeting de campagne vendredi soir, Emmanuel Grégoire a appelé à faire bloc contre "l'union des droites".
"Ouvrir les portes de l’Hôtel de Ville à Rachida Dati, c’est laisser entrer les idées de l'extrême droite par la porte dérobée", a-t-il lancé devant près d'un millier de personnes au parc de Belleville (20e), dans une ambiance survoltée.
Trois sondages d'entre-deux-tours donnent le député PS gagnant face à la candidate de la droite et du centre, avec un écart de un à sept points (entre 48% et 45,5% contre 44,5 à 41%).
L'Insoumise LFI Sophia Chikirou est elle créditée de 10 à 11% des intentions de vote, autant qu'au premier tour.
La marge d'erreur étant de trois points, l'issue de cette triangulaire s'annonce indécise tant elle dépend de reports de voix difficiles à prédire, notent les experts.
A commencer par le comportement de l'électorat de l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel, qui a fusionné sa liste avec Rachida Dati tout en se retirant personnellement de la course.
Un "gros tiers" voterait pour Emmanuel Grégoire, détaille le sondeur. La question clé étant, selon Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, de savoir si "le désir de changement présent dans l'électorat de centre-droit et macroniste l'emportera sur son hostilité à Rachida Dati", notamment renvoyée en procès en septembre pour corruption et trafic d'influence. Des faits qu'elle conteste.
En cas de condamnation, et si une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire était prononcée, elle serait contrainte de démissionner, si elle était élue maire dimanche.
L'ex-ministre macroniste Clément Beaune, ex-numéro 3 de la liste Bournazel, a annoncé qu'il voterait Grégoire au nom du "sérieux de l'engagement", de la "probité des personnes" et du "refus de la brutalité en politique".
Le parti Renaissance a lui appelé à voter pour Rachida Dati, de même qu'Edouard Philippe.
- "Capitulation" -
Autre facteur déterminant: le choix de l'électorat de Sophia Chikirou, qui a maintenu sa candidature après le "refus" de son concurrent socialiste de faire alliance.
Quatre électeurs Insoumis sur dix se disant indécis, "la question du vote utile à gauche va beaucoup se poser pour eux", anticipe Philippe Moreau-Chevrolet.
Le report "massif" des électeurs de l'ex-candidate d'extrême droite Sarah Knafo vers Rachida Dati, fait en revanche peu de doute.
Parmi les enjeux du scrutin, le scandale du périscolaire pourrait aussi peser, alors que deux animateurs et le mari d'une institutrice ont été interpellés pour des faits d'agressions sexuelles commis sur 12 enfants, âgés de 3 à 9 ans, dans trois écoles parisiennes, les interpellations ayant eu lieu "lors des deux dernières semaines".
De son côté, la gauche dénonce le soutien de l'extrême droite à Mme Dati, après les appels de Jordan Bardella et Marine Le Pen à battre Emmanuel Grégoire.
"Mme Dati n'a aucune chance de gagner si elle n'est pas soutenue par l'extrême droite", a dénoncé vendredi ce dernier, accusant son adversaire de "capitulation au regard des valeurs que portait la droite parisienne" de Jacques Chirac.
"Pour la première fois, l'extrême droite était en capacité de se maintenir (avec un score de 10%, NDLR). Et par une sorte de gentillesse spontanée vis-à-vis de Rachida Dati, ils choisissent de se retirer", a-t-il développé.
L'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo avait accusé jeudi Emmanuel Macron d'être "personnellement intervenu" pour aider au retrait de Sarah Knafo, ce que l'intéressé a démenti aussitôt.
Le journal affirme aussi que M. Macron aurait appelé le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, dont les médias avaient propulsé la candidature d'Eric Zemmour en 2022, pour tenter d'obtenir le retrait de la candidate Reconquête.
- Nouveau démenti de l'Elysée -
"Le chef de l'Etat n'est en aucune façon intervenu dans le retrait de Mme Knafo", a rétorqué à nouveau l'Elysée sur X.
Vendredi sur BFMTV, l'eurodéputée zemmouriste a relaté avoir été appelée par Mme Dati à la veille de son désistement, pour lui dire qu'Edouard Philippe avait "mis son veto" à une alliance, souhaitée par Mme Knafo au nom de "l'union des droites".
P.Smith--AT