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Municipales: Delogu se retire à Marseille, puis Knafo qui relance Dati à Paris
C'est l'heure des ultimes négociations et désistements avant le second tour des élections municipales: à Paris, Sarah Knafo s'est retirée mardi "pour faire barrage à la gauche" tandis qu'à Marseille, l'Insoumis Sébastien Delogu a fait de même, laissant Benoît Payan seul à gauche face au RN.
Qualifiée de justesse (10,4%) pour le second tour, l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo a annoncé mardi au Parisien qu'elle se désistait "pour Paris". De quoi nourrir un espoir de "remontada" pour Rachida Dati malgré les 12,5 points de retard enregistrés au premier tour face au socialiste Emmanuel Grégoire.
Rachida Dati avait déjà obtenu la fusion de ses listes avec celles du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel, qui s'est cependant personnellement retiré de l'élection.
Alors que les candidats ont jusqu'à 18H00 pour déposer leurs listes, la quasi-totalité l'ont déjà fait avec des fusions entre LFI et le PS qui valent à ce dernier de vives critiques, y compris par son allié Raphaël Glucksmann.
Mais les rebondissements s'enchaînaient mardi: après avoir affirmé pendant des semaines qu'il se maintiendrait à Marseille, le LFI Sébastien Delogu s'est finalement retiré face au risque d'une victoire du RN Franck Allisio dans la deuxième ville de France.
"Nous sommes, face au RN, le plus solide rempart", a assuré M. Delogu, qui a recueilli 11,9% des voix au premier tour.
Le maire de gauche sortant avait rejeté toute alliance avec lui après avoir, au premier tour, devancé d'une courte tête (36,70%) Franck Allisio (35,02%).
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "le sectarisme aveuglé de Benoît Payan" et a vu dans le retrait de son protégé un signe de son "dévouement à la dignité de Marseille".
La LR Martine Vassal, qui a recueilli 12,4%, a elle annoncé son maintien.
Autre ville à rebondissements, Strasbourg. La sortante écologiste, Jeanne Barseghian, distancée par l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, a conclu lundi un accord avec LFI.
Mais Mme Trautmann a de son côté enregistré le ralliement de Pierre Jakubowicz, candidat Horizons soutenu par Renaissance, au détriment du candidat LR Jean-Philippe Vetter.
Face à la colère de la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, le PS s'est désolidarisé de Mme Trautmann, désormais "en dehors du parti". La formation d'Edouard Philippe a également rompu avec son candidat en annonçant son soutien à M. Vetter.
- Les socialistes "pas trop chers à acheter" -
Entre ses positions nationales et les réalités locales, le PS joue un délicat jeu d'équilibriste dans cette dernière ligne droite.
Il a accepté des ralliements Insoumis, qualifiés parfois de "techniques" et non programmatiques, derrière ses têtes de liste, comme à Nantes. Mais il a aussi consenti à se ranger derrière LFI à Toulouse ou Limoges.
"Les programmes des listes avec lesquelles nous avons parfois fusionné ne comportent ni discrimination ni racisme ni antisémitisme", s'est justifié lundi Olivier Faure en refusant d'associer toutes les figures Insoumises locales à Jean-Luc Mélenchon, devenu infréquentable aux yeux de nombreux socialistes.
Ces fusions avec LFI ont suscité une pluie de critiques venues du centre, de la droite et du Rassemblement national.
"Honte et déshonneur" pour Bruno Retailleau (LR), comportement "hypocrite", a fustigé Marine Le Pen (RN). "Ce ne sont pas des accords locaux, c'est un accord national", a critiqué Gabriel Attal, le patron de Renaissance.
La droite et le centre se délectaient d'une phrase de Jean-Luc Mélenchon il y a quelques jours en meeting à propos des socialistes. "C'est des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le deuxième tour là où on les achètera", avait-il lancé.
Olivier Faure a été aussi vilipendé dans son camp. Raphaël Glucksmann a dénoncé sa "manière de faire de la politique" et son manque de "clarté", confirmant le retrait des candidats Place publique des listes fusionnées. le député Jérôme Guedj a critiqué "une forme de masochisme" à "tendre la joue après avoir été maltraité".
Dans d'autres villes, les socialistes sont restés fermes vis-à-vis des Insoumis comme à Paris et Marseille, ou se sont alliés avec les écologistes pour contrer LFI, comme à Lille.
Bordeaux se dirige pour sa part vers une triangulaire entre le sortant écologiste Pierre Hurmic qui a refusé un accord avec les Insoumis, le député Renaissance Thomas Cazenave et l'universitaire Philippe Dessertine. M. Cazenave a reçu le soutien des figures du socle commun, Gérard Larcher, Bruno Retailleau, Édouard Philippe et Gabriel Attal, dans une tribune à Sud Ouest.
P.Smith--AT