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Cinq ans après l'assaut du Capitole, démocrates et républicains plus que jamais divisés
Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump prenaient d'assaut le Capitole de Washington, ébranlant la démocratie américaine. Mardi marque le cinquième anniversaire de l'attaque qui, un an après le retour du milliardaire au pouvoir, divise plus que jamais républicains et démocrates.
Car loin des condamnations quasi unanimes dans les jours qui avaient suivi l'assaut, le consensus a aujourd'hui disparu au sein de la classe politique.
Si les démocrates continuent de dénoncer une attaque envers la démocratie, l'appareil républicain est aujourd'hui dévoué au président de 79 ans, qui a toujours refusé de condamner les actions de ses partisans, évoquant une "journée d'amour" et un "débordement d'affection" à son égard.
Le 20 janvier 2025, dès son premier jour de retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait gracié l'ensemble des participants, rayant d'un trait de feutre la plus vaste enquête jamais menée par le ministère américain de la Justice.
Il a fait brièvement allusion au 6-Janvier lors d'un discours mardi devant des parlementaires républicains, minimisant à nouveau son rôle dans les violences de cette journée.
Mais l'opposition démocrate a prévenu qu'elle s'attacherait mardi à garder fraîche la mémoire des événements qui avaient secoué la capitale américaine en 2021.
"Il y a cinq ans aujourd'hui, une foule violente a brutalement attaqué le Capitole des Etats-Unis", a déclaré dans un communiqué Hakeem Jeffries, ténor démocrate au Congrès.
"Leur mission était de renverser les résultats d'une élection libre et juste. Nous ne permettrons jamais aux extrémistes d'étouffer leur traîtrise", a-t-il ajouté.
- Marche -
Le Parti démocrate a publié un rapport lundi soulignant qu'au moins 33 personnes ayant bénéficié de la grâce de Donald Trump après avoir participé à l'assaut du Capitole ont depuis été inculpées de nouveaux crimes et délits dont, pour certains, agression sexuelle sur mineur, viol, ou encore enlèvement.
A l'extérieur du Capitole, des partisans de Donald Trump marqueront également mardi le cinquième anniversaire de l'événement, avec une marche retraçant le parcours effectué en 2021.
Parmi les participants: Enrique Tarrio, ancien chef de la milice d'extrême droite Proud Boys qui, jusqu'à la grâce prononcée par Donald Trump, purgeait une peine de 22 ans de prison pour son rôle jugé clé dans les événements du 6-Janvier.
La marche rendra notamment hommage, selon ses organisateurs, aux personnes décédées, dont Ashli Babbitt, une manifestante qui avait tenté de se glisser dans l'hémicycle par une vitre brisée avant d'être tuée par balle par un policier.
A la suite de son décès, Ashli Babbitt avait été érigée par la droite trumpiste en martyre patriote, et est devenue un symbole des profondes lignes de fracture politiques entourant le 6-Janvier.
Si les démocrates veulent faire du bruit pour marquer le cinquième anniversaire, les principaux responsables républicains préfèrent plutôt garder le silence ou critiquer une instrumentalisation de cette journée par l'opposition.
- "Comme des diables" -
Le 6 janvier 2021, des dizaines de milliers de sympathisants de Donald Trump, alors à la fin de son premier mandat, affluaient à Washington à l'appel du républicain qui affirmait, sans fondement, que l'élection présidentielle perdue quelques semaines plus tôt face à Joe Biden était entachée de fraudes massives.
Ce jour-là, Donald Trump a donné devant la Maison Blanche un discours lors duquel il a appelé ses partisans à se "battre comme des diables", sans quoi leur pays disparaîtrait.
Dans les heures qui ont suivi, les manifestants se sont massés devant Capitole, situé à moins de trois kilomètres du lieu du discours, avant de forcer des barrages de police et de pénétrer dans l'enceinte du bâtiment.
Fracassant des vitres, saccageant des bureaux, et blessant en tout plus de 140 policiers, ils ont provoqué la fuite des élus qui devaient certifier la victoire de Joe Biden.
Au cours des années suivantes, le rôle exact de Donald Trump dans les événements du 6-Janvier a fait l'objet d'une enquête par une commission du Congrès, qui a recommandé en 2022 des poursuites pénales à son encontre. Inculpé en 2023 par un tribunal fédéral pour ses tentatives présumées illicites d'obtenir l'inversion des résultats de l'élection de 2020, il a finalement échappé aux poursuites pénales avec sa victoire à la présidentielle de 2024.
O.Ortiz--AT