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Manifestation d'extrême droite à Londres: 110.000 participants, incidents avec la police
Environ 110.000 personnes ont participé samedi à Londres à un rassemblement à l'appel du militant d'extrême droite britannique Tommy Robinson, une manifestation émaillée d'incidents avec la police, qui évoque des "violences inacceptables" et a procédé à neuf arrestations.
Des policiers "ont été agressés à coups de pied et de poing. Des bouteilles, des fusées éclairantes et d'autres projectiles ont été lancés", a détaillé la police londonienne sur X.
"Les agents continuent d'être confrontés à des agressions à plusieurs endroits", a-t-elle ajouté, précisant que neuf arrestations avaient été effectuées "jusqu'à présent".
Des touristes semblaient pris au piège en fin d'après-midi près de la National Gallery, dans le centre de la ville, où des manifestants ont jeté des bouteilles contre les policiers bloquant le périmètre, a constaté une journaliste de l'AFP.
Face à eux, quelques dizaines de mètres plus loin, se trouvaient des participants à une contre-manifestation, organisée par Stand Up To Racism UK, qui a réuni jusqu'à 5.000 personnes.
Ce rassemblement d'extrême droite intervient après un été marqué par des mouvements anti-immigration devant des hôtels britanniques hébergeant des demandeurs d'asile, largement relayés par Tommy Robinson sur ses réseaux sociaux.
"La majorité silencieuse ne restera plus silencieuse", a-t-il déclaré à la foule. "Aujourd'hui marque le début d'une révolution culturelle."
- "Je ne suis pas raciste" -
Ce dernier, 42 ans, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, est le fondateur de l'ex-groupuscule English Defence League (Ligue de défense anglaise), issu de la mouvance hooligan.
Connu pour ses positions anti-immigration et anti-islam, il a été condamné à plusieurs reprises, notamment pour troubles à l'ordre public. Il a aussi été emprisonné.
Les images aériennes diffusées samedi par les télévisions ont montré les rues du centre de Londres inondées de drapeaux britanniques et anglais.
Dans la foule de partisans de l'activiste, les revendications, hétéroclites, portent aussi bien sur la liberté d’expression que sur le Premier ministre Keir Starmer, appelé à démissionner. Mais la question de l'immigration reste au premier plan.
"Je ne suis pas raciste. Je constate simplement l'évolution démographique", affirme Ritchie, 28 ans, qualifiant d'"invasion" les arrivées d'étrangers en situation irrégulière au Royaume-Uni.
"Nous voulons retrouver notre pays", poursuit le jeune homme, qui ne souhaite pas donner son patronyme. Venu de Bristol avec trois amis, il considère Tommy Robinson comme "un héros".
"Je suis très inquiet", assure un autre manifestant, Philip Dodge, un boulanger retraité venu de Sheffield avec son épouse Maggie.
"On arrête des gens parce qu'ils ont osé parler d'immigration ou de questions de genre. Je n'aurais jamais pensé voir cela dans ce pays", poursuit-il.
Mary Williams, elle, tient une photo de l'influenceur conservateur américain Charlie Kirk, porte-drapeau de la jeunesse trumpiste, tué mercredi par balle aux États-Unis.
Un décès qui a "choqué" cette trentenaire londonienne, au point de la convaincre de venir. Tommy Robinson a énormément communiqué sur Charlie Kirk sur ses réseaux sociaux.
- Musk et Zemmour -
Plusieurs mobilisations des partisans de Tommy Robinson ont par le passé rassemblé des milliers voire des dizaines de milliers de personnes, comme en juillet 2024 où ils étaient entre 20.000 et 30.000.
Parmi les récentes manifestations dans la capitale londonienne, une marche pro-palestinienne a rassemblé 300.000 personnes fin 2023.
Plusieurs personnalités de la droite et de l'extrême droite britanniques et étrangères ont pris la parole, dont le milliardaire américain Elon Musk, par vidéo, et le président du parti français d'extrême droite Reconquête, Eric Zemmour.
La liberté d'expression est au cœur d'un débat public au Royaume-Uni depuis plusieurs mois, ravivé début septembre lorsque des policiers armés ont arrêté à l'aéroport londonien de Heathrow un créateur de séries accusé d'avoir diffusé des messages hostiles aux personnes transgenres.
Le débat est le plus souvent soulevé par la droite et l'extrême droite, mais il a aussi été évoqué en lien avec les centaines d'arrestations de manifestants exprimant leur soutien au groupe Palestine Action, qui a été classé "organisation terroriste" par le gouvernement.
Ch.Campbell--AT