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Hommage national à Lionel Jospin jeudi aux Invalides
Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi matin à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002.
La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu, des membres du gouvernement, des présidents des deux Chambres et ceux des commissions et groupes parlementaires.
De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS Laurent Fabius, Edith Cresson ou encore Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls.
Le cercueil fera son entrée à 11H05 dans la cour, sur une marche funèbre, au pas du tambour. Suivront l'éloge funèbre du chef de l'Etat, la sonnerie "Aux Morts", une minute de silence et la Marseillaise.
Les obsèques de Lionel Jospin, décédé à l'âge de 88 ans, se dérouleront à 14H30 au cimetière parisien du Montparnasse.
Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour cet hommage plus personnel ouvert au public, durant lequel François Hollande, à la tête du PS quand Lionel Jospin était à Matignon, Martine Aubry, son emblématique ministre du Travail, Daniel Vaillant, ex ministre de l'Intérieur ou encore Pierre Moscovici, à l'époque chargé des Affaires européennes, prendront la parole.
A cette occasion, le PS invite chaque militant à apporter une rose et des cahiers d'hommage seront ouverts dans l'ensemble des fédérations.
- "Cinq ans" -
Emmanuel Macron va saluer "une certaine idée de la République, une grande rigueur et une grande exigence intellectuelle", relève-t-on dans son entourage. Il avait déjà salué lundi "un grand destin français" et l'Elysée un "homme de convictions laïques et sociales", "une certaine idée de la gauche".
"C'est assez rare des personnalités qui gouvernent la France pendant cinq ans. Ca a marqué les Français. Ca a marqué le peuple de gauche", ajoute-t-on, même si Emmanuel Macron lui-même connaissait peu l'ex-Premier ministre, de 40 ans son aîné.
Alors que l'échiquier politique est plus polarisé que jamais et que les gauches semblent être devenues "irréconciliables", Lionel Jospin reste celui qui a permis à une "gauche plurielle", réunissant socialistes, écologistes et communistes, de gouverner.
Il a été premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, ministre de l'Education nationale de François Mitterrand entre 1988 et 1992 et Premier ministre de cohabitation entre 1997 et 2002 sous Jacques Chirac.
Celui qui se définissait comme un "austère qui se marre" mena alors le rassemblement de la gauche à la victoire surprise aux législatives de 1997, convoquées par le président Jacques Chirac après une dissolution censée conforter son pouvoir.
Il mit alors en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile, le Pacs, précurseur du mariage pour tous.
- Séisme politique -
Lionel Jospin a également été candidat à deux reprises à l'élection présidentielle, en 1995, qu'il avait perdue au second tour face à Jacques Chirac, et en 2002, où il avait été éliminé dès le premier tour au profit de Jean-Marie Le Pen, candidat du Front national.
Ce 21 avril 2002, resté comme l’un des séismes politiques de la Ve République, marqua aussi son retrait de la vie politique. Depuis sa mort, un hommage unanime lui a été rendu, y compris par ses adversaires.
Pendant le quinquennat de François Hollande, il présida une commission sur la moralisation de la politique puis siégea au Conseil constitutionnel.
Il était ensuite intervenu ponctuellement dans la vie publique, en particulier pour dénoncer les alliances du PS avec La France insoumise, au coeur de l'actualité.
Lionel Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse" et être en convalescence à son domicile, sans divulguer de détails.
G.P.Martin--AT