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Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio, avocat et proche d'Edouard Philippe
Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio, proche de l'ex-Premier ministre Edouard Philippe et désormais président du groupe Horizons à l'Assemblée nationale, est un fou de politique depuis l'adolescence, avec, dès 14 ans, une passion pour Jacques Chirac et le général de Gaulle.
A l'âge où l'on tapisse sa chambre de posters de rock, l'adolescent corse affichait déjà son goût pour la chose publique. A 16 ans à peine, il adhère au parti de droite RPR.
"A cette époque, on l'appelait +le maire+, même quand on jouait au foot, parce qu'il ne cachait déjà pas son ambition pour la mairie", confiait récemment à l'AFP son meilleur ami, l'avocat Paul Sollacaro, fils du bâtonnier assassiné en octobre 2012.
Elu mercredi à la tête des 29 membres du groupe Horizons au Palais-Bourbon, le député de Corse-du-Sud, 41 ans, avocat de profession, marié et père de deux enfants, a été élevé par des parents à la sensibilité nationaliste, avec notamment une mère syndicaliste à La Poste.
A 12 ans, il est présent au stade de Furiani, à Bastia, quand une tribune provisoire s'effondre, avant la demi-finale de Coupe de France entre le club corse et l'Olympique de Marseille, faisant 19 morts et 2.357 blessés.
Né le 10 décembre 1980, à Ajaccio, sa carrière politique débute officiellement en 2008, comme conseiller municipal d'opposition à Ajaccio. Elu conseiller général en 2011, cet Ajaccien aux yeux bleu acier et au teint pâle devient un an plus tard le plus jeune député de Corse, à 31 ans, sous les couleurs de l'UMP. C'est à cette époque qu'il sympathise avec Edouard Philippe, le fondateur d'Horizons.
En 2014, il remet la droite au pouvoir à Ajaccio, en s'imposant face à Simon Renucci (DVG), qui dirigeait la mairie depuis 2001.
Mais il va rapidement se trouver mal à l'aise au sein de sa famille politique. Après avoir soutenu Alain Juppé à la primaire présidentielle des Républicains de 2016, il quitte le parti en mars 2018, opposé à la ligne du nouveau chef du parti, Laurent Wauquiez.
- "pas nationaliste" -
Cela ne l'empêchera pas de conserver la mairie d'Ajaccio dès le premier tour le 15 mars 2020, face à sept candidats dont trois à coloration nationaliste. Avec cette victoire, il incarne l'alternative de droite aux nationalistes au pouvoir dans l'île, devenant, aux élections territoriales de juin 2021, le chef de la première force d'opposition à l'Assemblée de Corse.
En octobre 2021, il rejoint le parti Horizons, apportant dès février 2022 son soutien au président sortant Emmanuel Macron pour un deuxième mandat.
Lors des semaines de violences de mars-avril en Corse, après l'agression mortelle d'Yvan Colonna à la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône), où le militant indépendantiste purgeait une peine de perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, Laurent Marcangeli avait exprimé son malaise: "Je ne suis pas nationaliste. Ai-je le droit? Des milliers de femmes et d'hommes se posent la question aujourd'hui", lance-t-il à l'Assemblée de Corse.
Une prise de position qui lui vaudra, le 3 avril, lors d'une manifestation à Ajaccio, d'être la cible de tags orduriers.
Loi sur le cumul des mandats oblige, il devrait céder prochainement son siège de maire d'Ajaccio à son premier adjoint, Stéphane Sbraggia ainsi que la présidence du groupe de droite unie à l'Assemblée de Corse et de la communauté d'agglomération du pays ajaccien (CAPA).
M. Marcangeli avait été placé en garde à vue en mars 2018, avec son premier adjoint, "dans le cadre d’une information judiciaire ouverte entre autres des chefs de détournement de fonds publics et de faux et usage de faux portant sur le caractère éligible des demandeurs d’emploi dans le cadre de contrats aidés Pôle Emploi". Personne n'a été mis en examen depuis dans ce dossier, toujours à l'instruction.
T.Wright--AT