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Après le départ du Premier ministre, la crise politique s'accentue en Roumanie
Après le score choc de l'extrême droite au premier tour de la présidentielle, la Roumanie entre dans une nouvelle phase d'incertitude avec la démission de son Premier ministre Marcel Ciolacu, remplacé mardi temporairement par le ministre libéral de l'Intérieur.
L'effondrement de la coalition pro-européenne au pouvoir ouvre la voie à une possible entrée de l'extrême droite au gouvernement à l'issue du second tour, alors que son candidat George Simion fait désormais figure de favori dans ce pays membre de l'UE et de l'Otan voisin de l'Ukraine.
Le départ de M. Ciolacu et de son parti social-démocrate (PSD) est "un cadeau fait à M. Simion et une très grosse faute politique", analyse pour l'AFP le professeur de sciences politiques Sergiu Miscoiu.
S'il est élu le 18 mai, "il aura désormais une très large marge de manoeuvre pour nommer un Premier ministre, qui pourrait être un représentant de la branche nationaliste du PSD, à la tête d'une majorité avec son parti AUR", ajoute-t-il.
En attendant les négociations, Catalin Predoiu, ministre de l'Intérieur, devient Premier ministre intérimaire et va assurer la gestion des affaires courantes aux côtés des ministres actuels.
Catalin Predoiu, 56 ans, est président par intérim du parti libéral PNL. Ancien ministre de la Justice, il a également été chef du gouvernement par intérim en 2012.
- Abstentionnisme des jeunes -
Marcel Ciolacu avait annoncé la veille son départ, prenant acte de l'échec du candidat unique de la coalition dimanche: Crin Antonescu, 65 ans, est arrivé seulement troisième avec 20% des voix, derrière le maire centriste de Bucarest Nicusor Dan, 55 ans (20,9%).
La course a été dominée par George Simion (40,9%), bien parti désormais pour remporter le second tour selon les analystes, sauf si "les jeunes Roumains, qui ont boudé les urnes en masse, se mobilisent", note M. Miscoiu.
La victoire de ce fan de Donald Trump, âgé de 38 ans, ferait basculer la Roumanie, loyal membre de l'UE et fidèle soutien de l'Ukraine, dans une nouvelle dimension, alors qu'il est opposé à toute aide militaire à Kiev et fustige régulièrement "les bureaucrates bruxellois".
La Roumanie est dans la tourmente depuis l'arrivée en tête surprise, lors du scrutin présidentiel de novembre, de Calin Georgescu, un ancien haut fonctionnaire accusé par ses détracteurs d'être favorable au Kremlin.
La Cour constitutionnelle a invalidé le vote et exclu M. Georgescu de cette nouvelle élection, après une campagne massive sur TikTok entachée de suspicions d'ingérence russe.
Une décision rarissime dans l'UE qui a provoqué d'importantes manifestations et accentué la colère contre le Premier ministre Ciolacu, en poste depuis 2023 et à l'image ternie par des affaires de corruption.
Cette incertitude politique accrue intervient au moment où ce pays de 19 millions d'habitants affiche pour 2024 le pire déficit public des Vingt-Sept (9,3% du PIB) et des difficultés économiques.
"Nous sommes dans la situation la plus compliquée que la Roumanie ait connue" depuis la transition démocratique à la fin du communisme, résume l'expert.
M.White--AT