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Infantino s'engage sur la présence de l'Iran lors du Mondial aux Etats-Unis
"L'Iran sera à la Coupe du monde" et disputera comme prévu ses premiers matches aux Etats-Unis, a assuré mardi à l'AFP Gianni Infantino, jusqu'ici resté en retrait d'une joute verbale entre Donald Trump et la fédération iranienne rendant incertaine la participation de la "Team Melli".
"On est là pour ça. On se réjouit parce que c'est une très, très forte équipe, je suis très content", a ajouté le président de la Fifa, venu assister à un match amical de la sélection nationale iranienne, victorieuse 5-0 du Costa Rica, près d'Antalya dans le sud de la Turquie.
"J'ai vu l'équipe, j'ai parlé aux joueurs, à l'entraîneur, donc tout va bien", a-t-il poursuivi, précisant que "les matches seront où ils doivent être, selon le tirage au sort".
D'après le calendrier officiel du Mondial, l'Iran doit disputer ses trois matches de groupe aux Etats-Unis, coorganisateurs du tournoi avec le Mexique et le Canada. Après la Nouvelle-Zélande (16 juin) et la Belgique (21 juin) à Los Angeles, la "Team Melli" doit affronter l’Égypte à Seattle (27 juin).
Proche du président américain Donald Trump avec qui il s'affiche régulièrement depuis la première élection du milliardaire américain en 2016, Gianni Infantino prend enfin en main l'épineux dossier de la présence iranienne au Mondial, alors que la guerre au Moyen-Orient déclenchée par les États-Unis et Israël est rentrée dans son 32e jour mardi.
- Menace de boycott -
Au déclenchement du conflit, le 28 février, l'Iran a évoqué dans un premier temps un "boycott" de la compétition, avant de se dire prêts à prendre part au tournoi mais pas aux Etats-Unis.
Mi-mars, le patron de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, avait indiqué "être en négociations avec la Fifa pour que les matches de l'Iran (...) se déroulent au Mexique".
"Nous boycottons les États-Unis, (...) pas la Coupe du monde", avait alors déclaré M. Taj.
Selon les déclarations de Gianni Infantino à l'AFP, l'Iran devrait donc revoir sa position et le calendrier initial sera donc maintenu. Et ce, alors même que Donald Trump avait estimé le 12 mars que les joueurs iraniens pourraient ne pas être en "sécurité" aux États-Unis.
Soufflant une nouvelle fois le chaud et le froid, le président américain avait déclaré le 13 mars dernier sur son réseau Truth Social que "l'équipe nationale d'Iran est la bienvenue à la Coupe du monde mais je ne pense vraiment pas que (l)a présence (des joueurs) soit appropriée, pour leur propre vie et sécurité".
A Antalya et aux côtés du patron de la Fifa, Mahdi Mohammadnabi, le vice-président de la fédération iranienne n'a pas tenu compte des propos du président américain.
"Pour nous, ce qui prime, ce sont les règlements de la Fifa. Nous nous conformerons à tout ce que la Fifa décidera. Chaque pays hôte a pris des engagements envers la Fifa et se doit de les respecter", a-t-il rappelé.
- "Inch'Allah" -
La présence du patron de la Fifa pour le match de mardi contre le Costa Rica n'avait pas été annoncée. Il s'est installé en tribune peu avant le coup d'envoi et a posé pour des photos avec plusieurs membres de la fédération iranienne, a constaté un journaliste de l'AFP.
"J'espère vraiment qu'ils iront à la Coupe du monde. Ce sera une super chose pour le peuple iranien après toute cette douleur de la guerre", avait déclaré avant le coup d'envoi en tribunes Amir Moghaddam, un neurochirurgien de 64 ans venu supporter son équipe nationale.
"Mais je ne sais pas si le gouvernement iranien les laissera aller aux États-Unis car il y aura des manifestations d'Iraniens opposés aux autorités", a ajouté M. Moghaddam.
Sur ce point, la balle semble en effet dans le camp de l'Iran. Or, également présent à Antalya, son ambassadeur en Turquie, Mohammad Hassan Habibollah Zadeh, a laissé place à un certain optimisme.
"M. Infantino est venu ici pour nous soutenir, pour exprimer son soutien à notre équipe, afin que l'Iran puisse participer à la Coupe du monde à l'avenir. Son soutien est donc très précieux pour nous, et nous serons présents", a-t-il affirmé.
Et de ponctuer sa déclaration à l'AFP, d'un "Inch'allah" ("Si Dieu le veut").
H.Gonzales--AT