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Birmanie: la junte annonce reprendre ses "activités" face aux rebelles
Un homme a été retrouvé vivant sous des décombres dans la nuit de mardi à mercredi en Birmanie, cinq jours après le tremblement de terre qui a tué au moins 2.700 personnes dans le pays en proie à la guerre civile, où la junte a déclaré reprendre "ses activités défensives" contre les groupes rebelles armés.
Alors que plusieurs groupes rebelles ont annoncé suspendre les hostilités, le chef de la junte Min Aung Hlaing a promis de poursuivre les "activités défensives" contre les "terroristes".
"Les terroristes se livrent à des actes de sabotage et perturbent notamment l'approvisionnement en électricité", a-t-il déclaré dans un communiqué publié mardi en fin de journée.
Si "certains groupes armés ethniques ne sont actuellement pas engagés dans des combats", ceux-ci "s'organisent et s'entraînent pour mener des attaques", peut-on y lire.
Mardi en fin de journée, trois des plus puissants groupes rebelles ethniques du pays ont annoncé une pause d'un mois dans les hostilités afin de soutenir les efforts humanitaires déployés en réponse au séisme.
L'annonce de l'Alliance des trois groupes fait suite à un cessez-le-feu partiel décrété par les Forces de défense populaire (FDP), un autre groupe rebelle formé de civils ayant pris les armes après le coup d'Etat de 2021 pour lutter contre la junte.
- Attaques "inhumaines" -
"Nous condamnons ces actes et appelons le régime militaire à cesser immédiatement les opérations militaires et à permettre un accès humanitaire total aux zones touchées", a déclaré mardi la ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong.
L'envoyée spéciale des Nations unies pour la Birmanie, Julie Bishop, a appelé lundi toutes les parties à cesser les hostilités et à donner la priorité aux opérations d'aide aux civils.
Amnesty International a déclaré que les attaques militaires "inhumaines" compliquaient considérablement les opérations de secours aux victimes du tremblement de terre en Birmanie.
"On ne peut pas demander de l'aide d'une main et bombarder de l'autre", a déclaré Joe Freeman, spécialiste du pays au sein de l'ONG.
Un jeune d'une vingtaine d'années a été extrait des décombres d'un hôtel en ruines de Naypyidaw vers 00H30 locales mercredi (18H00 GMT mardi), par une équipe de secouristes birmans et turcs.
Une sexagénaire avait été secourue mardi matin, toujours dans la capitale, après avoir été piégée pendant 91 heures, ravivant les espoirs pour les proches des disparus.
Les experts anticipent des milliers de morts supplémentaires par rapport au bilan établi par le chef de la junte à 2.719 morts, car la faille de Sagaing, à l'origine du séisme, traverse des régions parmi les plus peuplées du pays, avec des villes comme Naypyidaw et Mandalay, la deuxième du pays.
La guerre civile, qui a mis à genoux les infrastructures vitales et fracturé le pays où sont actifs des dizaines de groupes armés de minorités ethniques et d'opposants politiques, complique aussi la collecte d'informations.
Plus de 1.000 secouristes étrangers sont arrivés en Birmanie dans le cadre de la mobilisation internationale pour épauler des services locaux sous-équipés.
Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé lundi le décès de deux de ses ressortissants, et trois Chinois ont aussi été tués dans le séisme, a rapporté l'agence de presse Chine nouvelle.
Proche de l'épicentre, la ville de Mandalay, où résident plus de 1,7 million d'habitants, a subi les pires destructions, de nombreux immeubles résidentiels étant réduits à l'état de ruines.
Le conflit civil, qui dure depuis le coup d'État du 1er février 2021 contre le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi, a décimé le système de santé. La situation était déjà alarmante avant le séisme, les combats ayant déplacé plus de 3,5 millions de personnes vulnérables, d'après les Nations unies.
- Enquête à Bangkok -
Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a lancé vendredi un appel au secours auprès de la communauté internationale, une démarche rarissime pour un haut gradé birman, qui illustre l'ampleur de la catastrophe.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé dimanche le séisme au plus haut degré de ses urgences, pendant que la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé un appel pour récolter plus de 100 millions de dollars.
La Chine, la Russie et l'Inde ont envoyé des équipes, alors que les Etats-Unis ont annoncé lundi le déploiement d'"experts humanitaires".
A près de 1.000 kilomètres de l'épicentre, à Bangkok, des secours continuent de chercher des survivants dans les décombres d'une tour en construction de 30 étages qui s'est effondrée. Quelque 22 personnes ont trouvé la mort dans la capitale thaïlandaise, selon un bilan mercredi, mais des dizaines d'autres sont toujours portées disparues.
la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra a ordonné une enquête sur les matériaux et les normes de sécurité du site à un groupe d'experts qui doit lui rendre compte cette semaine.
bur-pfc-ah-vgu/pt
H.Gonzales--AT