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Les astronautes en place à quelques heures du lancement de la mission lunaire Artémis 2
Vêtus de leur combinaison orange ceinturée de bleu, trois Américains et un Canadien se sont sanglés mercredi dans la première fusée à ramener des astronautes en direction de la Lune depuis plus de 50 ans.
Au coeur du légendaire Centre spatial Kennedy en Floride, l'immense fusée blanche et orange nommée SLS, qui n'a encore jamais transporté d'humain, doit s'élancer entre 18H24 (22H24 GMT) et 20H24 (0H24 GMT jeudi).
A son bord, les Américains Victor Glover, Christina Koch, Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen s'aventureront au cours d'une mission de dix jours jusqu'au satellite naturel de la Terre - situé environ 1.000 fois plus loin que la Station spatiale internationale (ISS) - pour en faire le tour sans s'y poser, comme Apollo 8 en 1968.
"L'Amérique repart sur la Lune!", a triomphé mercredi sur sa plateforme Donald Trump, qui ne fera pas le déplacement en pleine guerre en Iran. "Personne ne nous arrive à la cheville! L'Amérique ne se contente pas de rivaliser, elle DOMINE, et le monde entier a les yeux rivés sur nous".
- Remplissage sans accroc -
A l'origine, le programme Artémis devait pourtant symboliser un nouvel esprit de collaboration internationale et d'inclusion.
Son équipage est ainsi le premier à inclure une femme, un homme noir et un non Américain; les pionniers de l'époque d'Apollo (1968 à 1972) étaient tous des hommes américains blancs.
Pour assister à ce vol historique, quelque 400.000 personnes sont attendues par le shérif local en Floride et des médias de 18 pays se pressent au Centre spatial Kennedy.
Les prévisionnistes évaluent à 80% les chances d'avoir des conditions météo propices à un décollage.
Le remplissage des immenses réservoirs de millions de litres d'oxygène et d'hydrogène liquides, qui a duré à lui seul quatre heures, s'est déroulé sans accroc.
En cas de pépin de dernière minute, un cas de figure fréquent dans le domaine spatial, le lancement peut être reporté dans les jours qui suivent, jusqu'au 6 avril.
Si le lancement se déroule comme prévu, les astronautes voleront ensuite dans la nuit et jeudi autour de la Terre pour réaliser une série de vérifications avant de mettre le cap vers la Lune, à plus de trois jours de voyage.
- "Début d'une ère" -
Les astronautes devraient battre le record de l'équipage s'étant le plus éloigné de la Terre, lundi prochain.
Leur mission vise avant tout à s'assurer que cette fusée haute de 98 mètres et non réutilisable puisse acheminer des astronautes sur la surface lunaire d'ici 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump.
Nommée en l'honneur de la déesse jumelle d'Apollon (Apollo en anglais), cette mission se tiendra sous la pression implicite de la Chine, qui ambitionne de marcher sur la Lune d'ici 2030.
Entre enjeux géopolitiques, stratégiques et scientifiques, les raisons pour retourner sur la Lune sont nombreuses, insiste auprès de l'AFP l'astronaute canadien Joshua Kutryk.
Mais cela montre aussi "que nous sommes toujours capables de relever ce genre de défi, d'accomplir des choses vraiment difficiles", souligne-t-il.
"Nous faisons quelque chose de positif pour l'humanité", a confié à l'AFP sur place le sénateur américain et ancien astronaute Mark Kelly, venu applaudir l'équipage.
- Inspirer -
L'agence spatiale américaine mise gros sur cette mission dont le succès sera nécessaire pour permettre un alunissage dans le futur proche. La date de 2028 fait néanmoins douter les experts car les astronautes auront besoin d'un alunisseur... toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin).
En attendant, la Nasa espère réussir à raviver l'intérêt du public pour l'exploration spatiale, qui s'est nettement amenuisé depuis l'ère d'Apollo.
"Je vous le garantis, cette année, vous verrez plus d'enfants déguisés en astronautes pour Halloween que vous n'en avez vus depuis longtemps", promet le patron de la Nasa nommé par Donald Trump, Jared Isaacman.
P.A.Mendoza--AT