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Pakistan: le bilan des attaques à la voiture bélier grimpe à 13 civils et cinq soldats tués, selon l'armée
Les attaques à la voiture bélier menées mardi soir par un groupe pro-taliban contre une caserne dans le nord-ouest du Pakistan ont causé la mort de 13 civils et de cinq soldats, indique mercredi l'armée, qui affirme que 16 "terroristes" ont été abattus.
"Les explosions ont également endommagé cinq maisons et une mosquée, faisant 32 blessés", notamment touchés par l'effondrement de murs ou de plafonds, a de son côté rapporté à l'AFP Pakhtoun Yar Khan, ministre du gouvernement provincial.
Parmi les morts de cette attaque menée peu après le repas de rupture du jeûne du ramadan, se trouvent "quatre enfants et trois femmes", a-t-il ajouté.
L'armée ajoute que "16 terroristes, dont quatre kamikazes" ont mené l'attaque avant d'être tous abattus.
"Les terroristes sont entrés dans le complexe de la caserne de Bannu depuis deux directions et il a fallu une opération intense qui a duré jusqu'au matin pour tous les éliminer", a précisé le ministre Khan.
Mardi, plusieurs kamikazes du groupe Hafiz Gul Bahadur, une organisation qui soutient les talibans au pouvoir en Afghanistan voisin et partage leur idéologie, avaient lancé deux voitures béliers sur la caserne de Bannu.
Le Premier ministre Shehbaz Sharif avait dénoncé des "terroristes lâches qui ciblent des civils innocents pendant le mois sacré du ramadan" et "ne méritent aucune clémence" après ce nouvel attentat dans la province montagneuse du Khyber-Pakhtunkhwa, frontalière de l'Afghanistan.
Quelques jours plus tôt, six personnes avaient été tuées dans l'école coranique historique des talibans, dans la même province.
Le Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d'Islamabad estime que l'année 2024 a été la plus meurtrière en près d'une décennie au Pakistan avec plus de 1.600 morts dans des attaques, dont 685 membres des forces de sécurité.
Les attaques se sont multipliées au Pakistan depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021.
Islamabad accuse les nouveaux maîtres de Kaboul de ne pas éliminer les militants se réfugiant sur le sol afghan pour préparer des attaques contre le Pakistan.
Le gouvernement taliban nie ces accusations et accuse en retour le Pakistan d'héberger des cellules "terroristes" sur son sol, pointant notamment du doigt la branche régionale du groupe Etat islamique, l'EI-K.
De nouveau mercredi, l'armée a évoqué des "rapports du renseignement qui confirment sans aucune équivoque l'implication physique de ressortissants afghans" et des "commanditaires qui opèrent depuis l'Afghanistan".
"Le Pakistan attend du gouvernement afghan qu'il prenne ses responsabilités", ajoute l'armée qui dit se "réserver le droit de prendre les mesures nécessaires pour répondre à ces menaces venant de l'autre côté de la frontière".
Le gouvernement taliban n'a pas commenté dans l'immédiat.
T.Sanchez--AT