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Près de Londres, la maison d'enfance de David Bowie bientôt restaurée et ouverte au public
La modeste maison mitoyenne du 4 Plaistow Grove, en banlieue de Londres, semble aussi banale que ses voisines... mais c'est là que David Bowie a passé son adolescence, et l'endroit retrouvera bientôt son aspect des années 1960 pour accueillir ses fans.
Le légendaire musicien et chanteur britannique, né en 1947 et mort en 2016 à New York à l'âge de 69 ans, y a vécu avec sa famille entre 1955 et 1968, peu avant la sortie de son premier tube "Space Oddity".
Cette bâtisse du quartier de Bromley, au sud-est de la capitale britannique, a été acquise par l'organisation patrimoniale Heritage of London, qui entend lui redonner l'apparence qu'elle avait en 1963 - comme cela a été fait pour les maisons où ont grandi John Lennon et Paul McCartney à Liverpool.
Les travaux seront réalisés sous la direction de Geoff Marsh, spécialiste de David Bowie, et la maison devrait ouvrir au public d'ici fin 2027.
Aujourd'hui, seul un signe distinctif est visible à côté de la porte grise de la maison, construite pour loger les cheminots à la fin du XIXe siècle: une plaque bleue indiquant que "David Bowie, chanteur et musicien talentueux", y a résidé.
"Tout a commencé dans ce bâtiment, où un simple écolier s'est mué en jeune homme décidé à devenir une superstar", indique M. Marsh à l'AFP.
David Bowie vivait dans cette maison avec ses parents et son demi-frère aîné Terry, influence créative majeure qui lui fit découvrir le jazz moderne, la littérature de la "Beat Generation" et le bouddhisme.
Mais Terry fut diagnostiqué schizophrène en 1966, le contraignant à faire de nombreux allers-retours dans des hôpitaux psychiatriques.
Selon les biographes de David Bowie, sa mère, Peggy Jones, était distante émotionnellement, et leur relation fut marquée par des périodes d'éloignement.
Elle quitta définitivement cette maison en 1970, un an après la mort du père de David, Haywood, d'une pneumonie à seulement 56 ans.
Pour remettre la maison dans son état d'origine, le chauffage central, l'extension cuisine-salle à manger, la salle de bain à l'étage et la véranda devront disparaître.
Seront ensuite réinstallés un poêle à charbon, des toilettes extérieures, une minuscule cuisine et le garage qui se trouvait au fond du jardin.
- Échappatoire -
La maison se trouve à deux pas de la gare de Sundridge Park, qui permettait au jeune David Jones - son vrai nom - d'"échapper à une vie de banlieue qu'il considérait très monotone, et de se rendre rapidement dans les clubs de musique du West End ou Soho", selon Geoff Marsh.
Malgré son jeune âge, "David a manifestement pensé: +Cette vie n'est pas pour moi, je veux réussir+. Et la musique a été sa porte de sortie", indique celui qui a été commissaire d'une exposition sur l'artiste au musée V&A de Londres en 2013.
Le point d'orgue de la visite sera la chambre du chanteur, de 2,7 mètres sur 3, où David Bowie avait son tourne-disque, son magnétophone et un saxophone acheté par son père.
Il y a écrit ses premières chansons, qui n'ont pas connu de succès jusqu'à "Space Oddity".
Plus tard, David Bowie décrira cette chambre comme le refuge où il allait pour échapper à ses parents et rêver, un lieu dont il dira aussi qu'il le poursuivra toute sa vie.
"Il a d'une certaine façon passé sa vie à fuir cet endroit", dit Marsh.
Pour Nicola Stacey, directrice de Heritage of London, "rien ne sera plus puissant" pour les fans que de se tenir dans cette pièce.
S'y trouvait aussi une photographie de la légende du rock 'n' roll Little Richard, que le jeune David avait épinglée au mur lorsqu'il avait dix ans.
Plusieurs amis de Bowie à l'époque se souviennent d'une maison et d'une atmosphère "plutôt austères", selon Nicola Stacey.
"Ils montaient dans la chambre de David, mettaient de la musique et admiraient tous ces objets américains qui le passionnaient, avec le sentiment de nouveaux possibles", raconte-t-elle.
Plusieurs personnes du quartier se rappellent aussi avoir vu l'adolescent "porter des tenues incroyables", constituées de pièces achetées dans des boutiques branchées ou des fripes de Londres.
Elles savaient qu'il n'était pas comme les autres et sentaient, selon Mme Stacey, qu'il "allait devenir une personne incroyable".
N.Mitchell--AT