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En Syrie, une statue de l'ex-président Hafez al-Assad renversée, tout un symbole
La scène est hautement symbolique: une statue de l'ancien président syrien Hafez al-Assad a été reversée par la population à Hama après l'entrée dans la ville de rebelles menés par des islamistes extrémistes, selon des images authentifiées par l'AFP.
Publiées sur les réseaux sociaux jeudi soir, ces images rappellent celles du renversement d'une statue de l'ancien président irakien Saddam Hussein sur la place Al-Fardous, dans le centre de Bagdad, le 9 avril 2003.
Elle avait été mise à terre par un blindé américain avant d'être piétinée par des Irakiens en colère, marquant la chute de l'ancien dictateur.
A Hama, dans le centre de la Syrie, une imposante machine dotée d'un long bras mécanique a renversé la statue de Hafez al-Assad, le père de l'actuel président Bachar al-Assad, sous les acclamations d'une foule scandant "Allah Akbar" (Dieu est grand, en arabe) et tirant en l'air en guise de célébration.
Une voix distincte proclame des "grâce à Dieu" alors que la statue se penche sous l'effet du bras articulé.
D'autres images tournées de jour vendredi par un journaliste vidéo de l'AFP montrent la tête déboulonnée de la statue de l'ancien président tirée par un véhicule dans une rue de la ville.
Un groupe de jeunes a célébré la chute de la ville aux mains des rebelles en criant: "Liberté pour l'éternité contre ta volonté, ô Assad", en référence au président syrien.
Des civils en liesse ont également célébré dans les rues l'entrée des rebelles dans la ville alors que des combattants en armes, qui ont promis de marcher sur la capitale Damas et de libérer les détenus dans les prisons du régime, paradaient entassés à bord de véhicules.
- Avancée spectaculaire -
Appartenant à la minorité alaouite, une branche du chiisme, le clan Assad tient la Syrie d'une main de fer depuis plus de cinq décennies.
Bachar a succédé à son père Hafez en 2000. Il a fait face en 2011 à un soulèvement populaire qui s'est transformé en guerre civile durant laquelle il a réprimé durement le mouvement de contestation.
Le 27 novembre dernier, une coalition de rebelles dominée par le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, a lancé une offensive d'une fulgurance inédite dans le nord-ouest du pays et a conquis plusieurs villes, l'avancée la plus spectaculaire en 13 ans de guerre.
En quelques jours, les rebelles se sont emparés de vastes pans du nord de la Syrie et d'une grande partie d'Alep, la deuxième ville du pays, qui échappe totalement au contrôle de Damas pour la première fois depuis le début de la guerre civile. Un lourd revers pour le régime de Bachar al-Assad, qui a lancé une contre-offensive.
En un peu plus d'une semaine, les violences ont fait 826 morts dont 111 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, une ONG basée au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, et 280.000 déplacés, d'après l'ONU.
La ville stratégique de Hama est tombée jeudi aux mains des rebelles, ce qui accentue la pression sur le pouvoir de Bachar al-Assad.
Située au sud d'Alep, Hama commande la route vers Homs, à une quarantaine de kilomètres au sud, et la capitale Damas, deux grandes villes encore aux mains du pouvoir.
Après l'entrée des rebelles dans Hama, des habitants sont descendus dans les rues pour les acclamer, selon des images de l'AFP. Certains ont mis le feu à un portrait géant du président syrien accroché sur un bâtiment municipal.
P.A.Mendoza--AT