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Nouvelle passe d'armes entre Israël et l'ONU qui échangent de mutiples accusations
Israël a rappelé lundi son ambassadeur aux Nations unies, dernier épisode en date des vives tensions des derniers mois, illustrées par les risques d'effondrement de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens en pleine tourmente.
Dans un message posté sur X, le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz a annoncé le rappel pour consultations de Gilad Erdan, dans un geste de dénonciation du "silence" du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres sur les violences sexuelles présumées du Hamas lors des attaques sans précédent du 7 octobre.
Les Nations unies ont été critiquées pour avoir réagi trop lentement aux viols et violences sexuelles qu'Israël accuse le Hamas d'avoir commis le 7 octobre, mais le secrétaire général les dénonce désormais quasi systématiquement dans ses discours.
Et lundi, sa représentante spéciale sur les violences sexuelles lors des conflits Pramila Patten a conclu, après une visite en Israël, qu'il existe de "bonnes raisons de croire" que des victimes du 7 octobre ont été violées, tout comme certains otages détenus à Gaza. Même si elle précise ne pas pouvoir estimer le nombre de ces violences.
"Cela a pris aux Nations unies cinq mois pour finalement reconnaître les crimes sexuels", a commenté Gilad Erdan, évoquant la "honte de l'ONU exposée à la vue de tous".
Allant encore plus loin dans un discours devant l'Assemblée générale, l'ambassadeur, qui réclame régulièrement la démission d'Antonio Guterres, a accusé l'ONU "d'être elle-même une organisation terroriste à Gaza".
Une référence notamment aux accusations portées contre 12 des 30.000 employés régionaux de l'UNRWA qui auraient selon Israël participé aux attaques du 7 octobre ayant entraîné la mort de 1.160 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP.
L'ONU s'est immédiatement séparée des employés accusés encore vivants et une enquête interne a été lancée. En parallèle, Antonio Guterres a confié à un groupe indépendant une mission d'évaluation de l'UNRWA et de sa "neutralité".
L'ONU note que, pour l'instant, Israël n'a partagé aucune preuve de ses accusations avec les enquêteurs ou avec l'UNRWA.
- "Campagne délibérée" -
Mais une quinzaine de pays ont suspendu leur financement, pour un total de 450 millions de dollars -- l'équivalent de plus de la moitié des fonds reçus en 2023.
Dernière accusation en date, l'armée israélienne a affirmé lundi que "plus de 450 terroristes appartenant à des organisations terroristes dans la bande de Gaza, principalement le Hamas, sont aussi employés par l'UNRWA".
L'Agence a elle accusé les autorités israéliennes d'avoir commis des actes de "torture" contre certains de ses employés arrêtés dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre.
Certains auraient été forcés de faire des aveux sous la torture sur les relations entre l'UNRWA et le Hamas, aveux qui servent, selon l'agence, une campagne de "désinformation" menée "par les autorités israéliennes". Des accusations rejetées par le ministère israélien des Affaires étrangères dénonçant une tentative de "détourner l'attention du monde des vrais crimes" des employés de l'UNWRA.
Dans ce contexte d'échanges d'accusations et de démentis, de nombreux pays ont pris la défense de l'Agence devant l'Assemblée générale, qui a créé l'UNRWA en 1949.
"Deux millions de personnes sont totalement dépendantes des services de l'UNRWA", a ainsi souligné l'ambassadeur du Yémen Abdullah Ali Fadhel Al-Saadi, au nom des pays arabes, appelant les donateurs à reprendre leur financement.
Le patron de l'Agence Philippe Lazzarini a lui dénoncé une "campagne délibérée et concertée pour saper" les opérations de "la colonne vertébrale" de l'aide humanitaire à Gaza, dans le but ultime d'y "mettre un terme".
"Démanteler l'UNRWA est irréfléchi. En le faisant, nous sacrifierons une génération entière d'enfants, semant les graines de la haine, du ressentiment et d'un futur conflit", a-t-il insisté, alors que l'offensive israélienne a fait plus de 30.500 morts dans la bande de Gaza.
Il a toutefois salué les nouvelles contributions annoncées -- la Commission européenne a notamment débloqué 50 millions d'euros.
Grâce à elles, l'Agence "peut continuer ses opérations et rester une aide vitale pour les réfugiés palestiniens dans toute la région", a-t-il noté. "Mais pour combien de temps?".
"Difficile à dire", a-t-il lancé, décrivant toujours une organisation à "un point de rupture".
T.Wright--AT