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Intenses bombardements à Gaza, l'ONU s'inquiète d'une "avalanche de souffrances"
D'intenses bombardements israéliens étaient en cours vendredi soir dans la bande de Gaza, où l'ONU, qui réclame une trêve, redoute une "avalanche sans précédent de souffrances".
L'armée israélienne mène vendredi soir d'intenses bombardements, "sans précédent" depuis le début de la guerre, sur le nord de la bande de Gaza, notamment Gaza ville, selon des images de l'AFP et le mouvement islamiste palestinien.
Parallèlement, les communications et internet ont été coupés, selon le gouvernement du Hamas, au pouvoir dans ce territoire depuis 2007.
Les bombardements "par air, mer et terre" sont "les plus violents depuis le début de la guerre", a affirmé le Hamas, accusant Israël de "préparer des massacres". En réponse, le Hamas a annoncé avoir tiré "des salves de roquettes" sur Israël.
"Sans un changement fondamental, la population de Gaza va subir une avalanche sans précédent de souffrance humaine", a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.
"Beaucoup plus" de gens vont "bientôt mourir" en raison du siège imposé par Israël à Gaza depuis le 9 octobre, a affirmé de son côté vendredi à Jérusalem le patron de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini.
L'ONU, préoccupée aussi par d'éventuels "crimes de guerre", réclame une trêve des combats, seule option selon elle pour acheminer l'aide humanitaire indispensable aux besoins des quelque 2,4 millions de Gazaouis.
L'Assemblée générale des Nations unies doit se prononcer vendredi après-midi sur une résolution non contraignante, déjà fustigée par Israël, réclamant cette trêve, au 21e jour de la guerre entre Israël et le Hamas.
Celle-ci ne connaît aucun répit. Avant de pilonner le nord de Gaza vendredi soir, l'armée israélienne a mené dans la nuit un raid avec des troupes au sol appuyées par des avions contre le Hamas, qu'elle accuse de mener la guerre depuis les hôpitaux et de se servir de la population comme "bouclier humain". Le Hamas a immédiatement démenti ces déclarations israéliennes dans un communiqué.
Gaza a un besoin urgent d'aide humanitaire "significative et continue", a affirmé Philippe Lazzarini. "Les services de base s'effondrent, les réserves de médicaments, de nourriture et d'eau s'épuisent, les égouts commencent à déborder dans les rues de Gaza", a-t-il décrit.
Le ministère de la Santé du Hamas a affirmé que 7.326 personnes, en majorité des civils dont plus de 3.000 enfants, ont été tuées dans le territoire par les bombardements lancés par Israël en riposte à l'attaque la plus meurtrière de son histoire.
Plus de 1.400 personnes ont été tuées côté israélien le 7 octobre, essentiellement des civils massacrés par le Hamas ce jour-là, selon les autorités israéliennes, qui ont identifié près de 230 otages enlevés par le mouvement.
- Des sites du Hamas détruits -
La perspective d'une telle offensive dans ce territoire surpeuplé inquiète la communauté internationale et les appels demandant à Israël d'épargner les civils se multiplient.
Les dirigeants de l'Union européenne ont demandé jeudi des "pauses" dans le conflit et l'ouverture de couloirs humanitaires pour faciliter l'acheminement de l'aide internationale.
Le président français Emmanuel Macron a appelé vendredi à une "trêve humanitaire" pour protéger les civils, estimant que la riposte israélienne devait "mieux cibler" les "terroristes".
"Les images que nous voyons d'une population qui souffre à Gaza, et surtout des enfants (...) ça me semble absolument inacceptable", a déclaré vendredi le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, pour qui il existe "un doute légitime" sur le respect par Israël du droit international.
Israël a dit vouloir "anéantir" le Hamas après l'attaque du 7 octobre. Ce jour-là, en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, et au dernier jour des fêtes de Souccot, des centaines de combattants du mouvement islamiste s'étaient infiltrés sur le sol israélien depuis la bande de Gaza, semant la terreur.
Selon l'armée israélienne, 229 otages, israéliens, binationaux ou étrangers, ont été emmenés dans la bande de Gaza par le Hamas, qui a relâché quatre femmes depuis.
Le Hamas a estimé jeudi que "près de 50" otages ont été tués dans les bombardements israéliens.
- "Des miettes" -
Depuis le 21 octobre, 74 camions d'aide humanitaire sont arrivés depuis l'Egypte dans la bande de Gaza, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) jeudi soir, quand il en faudrait au moins cent par jour, selon l'ONU.
"Ces quelques camions ne sont rien d'autre que des miettes qui ne feront aucune différence" pour la population, a lancé Philippe Lazzarini.
L'UNRWA a annoncé avoir "réduit ses opérations de manière significative", en raison des bombardements et du manque de carburant, tandis que 12 des 35 hôpitaux de la bande de Gaza ont dû fermer.
Ce territoire pauvre soumis à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le Hamas y a pris le pouvoir, est placé depuis le 9 octobre en état de "siège total" par Israël, qui y a coupé l'eau, l'électricité et l'approvisionnement en nourriture.
Mais les frappes continuent aussi de toucher le sud, où sont massés plusieurs centaines de milliers de civils près de la frontière égyptienne fermée.
Selon l'ONU, quelque 30.000 déplacés ont cependant regagné ces derniers jours le nord du territoire.
"Nous retournons pour mourir dans nos maisons. Ce sera plus digne", a affirmé Abdallah Ayyad, qui après s'être réfugié dans un hôpital à Deir el-Balah, retourne à Gaza-ville, avec sa femme et leurs cinq filles, serrés dans la remorque d'un triporteur.
- Frappes américaines -
La communauté internationale redoute un embrasement régional, alors que l'Iran, puissant soutien du Hamas, a lancé plusieurs avertissements aux Etats-Unis, alliés d'Israël.
Les Etats-Unis ont mené des frappes jeudi contre deux installations utilisées par les Gardiens de la révolution iraniens et des "groupes affiliés" dans l'est de la Syrie.
La tension est très vive aussi en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, ainsi qu'à la frontière nord d'Israël avec le Liban, où les échanges de tirs sont quotidiens entre l'armée israélienne et le Hezbollah, soutenu par l'Iran et allié du Hamas. Près de 29.000 personnes ont été déplacées au Liban depuis le début des ces violences, selon l'ONU vendredi.
En Cisjordanie, plus de cent Palestiniens ont été tués dans des violences depuis le 7 octobre, selon le ministère palestinien de la Santé.
A.Clark--AT