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Booba renvoyé devant le tribunal, cette fois pour le cyberharcèlement de Magali Berdah
Nouveau procès pour cyberharcèlement de Booba: des juges d'instruction ont ordonné mercredi que le rappeur soit jugé pour avoir harcelé en ligne, entre mai 2022 et juin 2025, l'agente d'influenceurs Magali Berdah. Ce qu'il nie.
Deux autres personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris pour complicité, a appris l'AFP de source judiciaire: Grégory Zaoui, aussi connu comme l'un des principaux protagonistes de la fraude à la taxe carbone, et une ancienne employée de Mme Berdah.
Le procès doit se tenir le 25 mars 2027.
Monument du rap depuis les années 1990, Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, s'est lancé en 2022 dans une croisade contre les influenceurs, qu'il a renommés les "influvoleurs", et leurs pratiques commerciales qu'il présente comme trompeuses.
Avec l'appui de ses "pirates", une importante communauté numérique relayant les publications du rappeur ou trollant les personnes ciblées par Booba, le rappeur lançait des "malédictions".
Dans son viseur, notamment: Magali Berdah, fondatrice de Shauna Events, qui compte quelque 1,8 million d'abonnés sur Instagram. Booba s'est toujours défendu de la harceler, comparant ses publications à une activité de "lanceur d'alerte".
Sauf qu'une partie de ses posts la "visait personnellement", dénigrant son apparence physique avec des comparaisons animales ou l'attaquant sur sa religion, publiant sur sa vie privée ou sexuelle, ont relevé les juges d'instruction, d'après la source judiciaire.
Et Élie Yaffa avait "des raisons personnelles d'en vouloir" à Magali Berdah, car cette dernière "était à l'origine de la suppression" de comptes du rappeur sur les réseaux, estiment les juges dans leur ordonnance dont l'AFP a eu connaissance.
- "Chef de meute" -
Il y a un mois, Booba a aussi été condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis et 30.000 euros d'amende pour cyberharcèlement et injure raciale envers une journaliste de France Télévisions. Il a fait appel.
Dans un entretien à l'AFP, Magali Berdah avait décrit la déflagration du cyberharcèlement sur sa vie, comme "une mise à mort". "Ça vous tue petit à petit, parce que vous n'arrivez plus à respirer. Cette violence est invisible à l'œil nu, du coup, les gens ne s'en rendent pas compte".
Le procès portera sur le délit de harcèlement en ligne aggravé avec une incapacité totale de travail supérieure à huit jours.
"La démarche d'Élie Yaffa n'a jamais été empreinte d'une quelconque malveillance", ont rétorqué auprès de l'AFP ses avocats, Gilles Vercken et Marie Roumiantseva. À leurs yeux, Booba "a dénoncé un système de pratiques trompeuses" et même "donné naissance" à la loi du 9 juin 2023 sur l'encadrement de l'activité d'influenceurs.
"Nous attendons ce procès autant que Magali Berdah... voire davantage qu'elle", a de son côté assuré l'avocate de Grégory Zaoui, Stéphanie Bellier-Giovannetti.
En mars 2024, 28 internautes avaient été condamnés pour avoir participé au cyberharcèlement de Magali Berdah.
"Nous veillerons à ce que le rappeur Booba soit condamné à hauteur de sa responsabilité: le chef de meute, c'était lui", ont réagi mercredi auprès de l'AFP Antonin Gravelin-Rodriguez et Rachel-Flore Pardo, conseils de Magali Berdah.
"Sans lui, le cyberharcèlement n'aurait pas eu lieu", ont-ils insisté, voyant dans ce dossier "la plus grosse affaire de cyberharcèlement qu'ait eu à connaître la justice française".
"Je souhaite à M. Yaffa d'être aussi à l'aise devant le tribunal correctionnel qu'il ne l'est derrière son petit téléphone de l'autre côté de l'Atlantique", a aussi ajouté Me Gravelin-Rodriguez, le rappeur résidant à Miami.
En parallèle du volet pénal, Magali Berdah a obtenu la saisie de 40 millions d'euros sur les droits d'auteur de Booba.
La requérante, qui travaille désormais comme animatrice à Sud Radio, impute à Booba un lourd préjudice causé à Shauna Events, société spécialisée dans les influenceurs, fondée en 2016. Elle accuse le rappeur d'avoir cyberharcelé et menacé les marques qui travaillaient avec elle, afin qu'elles rompent leur collaboration.
Cette saisie est vivement contestée par la défense de Booba, qui dénonce "un cumul de mensonges". Une décision doit être rendue jeudi dans ce volet par le tribunal judiciaire de Paris.
W.Morales--AT