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Otan: au sommet d'Ankara, Trump se défoule contre les alliés européens
"Je suis très en colère contre l'Otan": Donald Trump a exprimé mercredi sa frustration vis-à-vis de l'Alliance atlantique au dernier jour du sommet d'Ankara, dénonçant, pêle-mêle, l'attitude des alliés sur l'Iran et le Groenland ou l'Espagne.
Ressassant des critiques maintes fois exprimées, le président américain a passé en revue ses nombreux griefs, assis aux côtés du chef de l'Alliance Mark Rutte qui s'était efforcé, quelques heures plus tôt, de rassurer des alliés inquiets sur l'engagement américain au sein de l'organisation.
"Je ne suis pas content de l'Otan à cause de ce qu'ils ont fait avec le Groenland, et je ne suis pas content de l'Otan parce qu'ils n'ont pas voulu nous aider face au principal Etat qui soutient le terrorisme, à savoir l'Iran", a-t-il lancé.
Depuis que les Etats-Unis et Israël ont attaqué l'Iran fin février, Donald Trump a multiplié les critiques contre ses alliés occidentaux qui ont pris leurs distances avec ce conflit.
Il a aussi exprimé sa frustration de ne pas avoir pu s'emparer du Groenland, ce qui constitue un "grand problème" à ses yeux. "Le Groenland est très important pour les Etats-Unis, mais n'est pas important pour le Danemark", a-t-il ajouté au sujet du territoire autonome danois.
- "Cause perdue" -
L'Alliance atlantique a traversé de graves turbulences en début d'année, quand Donald Trump a menacé de s'emparer, éventuellement par la force, du Groenland, jugé indispensable à la sécurité des Etats-Unis. Il avait finalement fait marche arrière après plusieurs semaines de rhétorique extrêmement agressive.
Donald Trump a aussi vivement fustigé l'Espagne, qualifiée de "cause perdue", avec laquelle les Etats-Unis vont selon lui "cesser tout échange commercial", accusant à nouveau Madrid de ne pas pas participer aux dépenses de défense de l'Otan.
Les 32 dirigeants des pays de l'Alliance se sont ensuite retrouvés pour séance de travail.
Quelle en sera la tonalité? Conciliante comme en 2025 à La Haye où Donald Trump avait célébré un "succès monumental" après l'engagement des pays à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut à leur sécurité? Ou beaucoup plus sombre?
Interrogé sur les critiques trumpiennes à répétition contre l'Alliance, Mark Rutte a, comme à son habitude, écarté mercredi l'idée que cela mettait en danger cette dernière.
"Il y a un engagement complet" des États-Unis au sein de l'Otan, a-t-il martelé, louant le rôle joué par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.
"Soyons honnêtes: le fait que le président Trump encourage les Canadiens et les Européens (à dépenser plus) a vraiment aidé", a-t-il avancé. "C'est une grande victoire pour le président américain", a-t-il ajouté, dans une formule qui devrait être douce aux oreilles du locataire de la Maison Blanche.
Chiffres et graphiques à l'appui, et fidèle à une stratégie de séduction dont il n'a jamais dévié, le secrétaire général de l'Otan se démultiplie pour démontrer au président américain que les engagements des pays membres sont suivis d'actes. Et que ses appels à un meilleur partage du fardeau ne restent pas vains.
Le consensus est là : l'Alliance doit devenir beaucoup plus européenne et un peu moins américaine. Mais le chantier est immense et complexe. Et les coups de pression de Washington créent un climat difficile.
Mi-juin, à Bruxelles, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé un "réexamen" dans les six mois de la présence des forces américaines en Europe.
- Tête-à-tête avec Zelensky -
Sur l'Ukraine, la tête-à-tête du président américain avec son homologue ukrainien sera scruté avec attention, quelques jours après une "très bonne conversation" avec le président russe Vladimir Poutine.
"Je pense qu'ils veulent tous les deux conclure un accord", a-t-il affirmé mardi, comme il l'avait déjà fait par le passé.
En l'absence d'indications tangibles en ce sens, les Européens veulent pour l'heure réaffirmer leur engagement derrière Kiev. Ils vont s'engager, avec le Canada, à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, dont 30 milliards pour chacune de ces deux années, déjà prêtés à Kiev par l'Union européenne.
"Pensez-vous vraiment que ce serait la bonne chose à faire que de laisser à l'extérieur de l'Otan un pays et un peuple avec ce niveau de capacités de défense ?", a-t-il lancé.
H.Thompson--AT