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Evasion par hélicoptère de Rédoine Faïd: le verdict attendu en fin d'après-midi
Après sept semaines d'audience, c'est l'heure du verdict ce mercredi pour le "roi de la belle" Rédoine Faïd, jugé depuis début septembre devant la cour d'assises de Paris avec cinq de ses proches pour sa spectaculaire évasion par hélicoptère de la prison de Réau en 2018.
La cour, partie délibérer dans un lieu tenu secret après les derniers mots des accusés lundi matin, rendra son verdict "à partir de 17H00".
Les magistrats professionnels et les jurés doivent répondre à 194 questions sur la culpabilité et responsabilité de chacun des 12 accusés, dont deux frères et trois neveux du braqueur multirécidiviste de 51 ans.
Il s'est bien rattrapé à l'audience, faisant le show et ne se privant pas de blagues répétées sur son attrait pour les "belles". "J'ai pris mes baskets, on sait jamais", a notamment glissé celui qui comparaît pour sa deuxième évasion.
Pendant de longues heures d'un exposé aux airs "de masterclass" selon l'accusation, il a raconté l'organisation minutieuse d'un plan construit autour d'une "faille irrationnelle" : l'absence de filins anti-aériens à côté des parloirs de la prison de Réau (Seine-et-Marne). Ils ont depuis été installés.
Le 1er juillet 2018 dans la matinée, un hélicoptère manœuvré par un pilote pris en otage se pose devant ces parloirs, où se trouve Rédoine Faïd avec l'un de ses frères.
En "7 minutes 33", le commando jette des fumigènes, force les portes à la disqueuse et extrait le braqueur. L'hélicoptère s'envole sous les applaudissements des détenus.
- "Sacrifice familial" -
A son procès, Rédoine Faïd s'est fait poète en se remémorant le "rayon de soleil" arrivé "en plein visage", la "sensation de liberté, le huis clos qui s'ouvre à l'infini"...
Les avocats généraux ont été plus terre à terre dans leurs réquisitions: "Ne vous laissez pas abuser", ont-ils lancé aux jurés.
Rédoine Faïd est un "escroc" qui fait preuve d'"humour" à l'audience et se vante de "principes nobles" (pas de sang sur les mains, pas d'affaires de drogues), mais dont les "actions violentes" ne servent en réalité "toujours" qu'une seule personne: "lui-même", a taclé l'accusation.
Ils ont rappelé le "traumatisme" dont avait témoigné à l'audience le pilote pris en otage, une arme pointée sur la nuque pendant toute l'opération.
Le braqueur au crâne chauve est un "drogué de la liberté", comme il l'a dit lui-même.
Mais cette liberté, "il ne la recherche pas, il l'arrache", a aussi martelé l'accusation, rappelant que Rédoine Faïd purgeait alors de lourdes condamnations, notamment pour l'attaque à l'explosif d'un fourgon blindé en 2011 et pour sa précédente évasion (à l'explosif et en prenant des surveillants en otages) d'une prison du Nord en 2013. Sa sortie était fixée à 2046.
Rédoine Faïd a soutenu que l'évasion avait été organisée en grande partie par des "professionnels" et non ses proches. Une histoire "inventée" pour "dédouaner" sa famille, ont retorqué les avocats généraux, qui estiment que le "coeur du dossier", c'est le "sacrifice familial".
Contre son frère Rachid, 65 ans, qui a reconnu être monté dans un hélicoptère puis avoir scié les grilles menant à Rédoine Faïd, ils ont demandé une peine de 18 ans de réclusion.
Quant aux neveux, dont l'un était à bord de l'hélicoptère selon l'accusation, ils ont "tous, à leur niveau", été "indispensables": des peines de quatre, dix et 15 ans ont été réclamées contre eux.
Deux acquittements ont été demandés. Pour Brahim Faïd, 63 ans, qui se trouvait au parloir avec son frère et a juré ne pas avoir été mis au courant. Et pour la "logeuse" Alima A., qui a "aussi été prise en otage" selon l'accusation, quand le braqueur et ses complices en cavale se sont imposés chez elle, à Creil où Rédoine Faïd a grandi et où il sera arrêté après trois mois de cavale.
J.Gomez--AT