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Débat inflammable sur le Proche-Orient à l'Assemblée à la veille d'une visite de Macron en Israël
Un débat inflammable à la veille d'une visite d'Emmanuel Macron à Tel-Aviv: le gouvernement viendra réaffirmer lundi sa position sur le Proche-Orient devant les députés, avec l'espoir qu'y prévale "l’esprit d’unité", mis à mal par un tweet considéré par certains comme antisémite de Jean-Luc Mélenchon sur un déplacement de la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet en Israël.
Ce débat sans vote, organisé au titre de l'article 50-1 de la Constitution, doit démarrer à 16H00 avec une déclaration d'Elisabeth Borne, suivie des prises de parole des orateurs des groupes et des présidents des commissions des Affaires étrangères et des Affaires européennes.
Il prend place au lendemain d'un déplacement polémique en Israël de Yaël Braun-Pivet, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, au cours duquel elle a affirmé que la France soutenait "pleinement" Israël et que "rien ne devait empêcher" le pays "de se défendre" dans la guerre qui l'oppose au Hamas.
Mais le débat politique s'est emballé après la réaction de Jean-Luc Mélenchon qui a accusé Mme Braun-Pivet de "camper à Tel-Aviv pour encourager le massacre" à Gaza. "Pas au nom du peuple français!", a protesté le leader de La France Insoumise sur le réseau social X, en postant une vidéo de la manifestation parisienne de soutien aux Palestiniens dimanche.
Victime depuis des années de nombreuses menaces antisémites, Mme Braun-Pivet a accusé M. Mélenchon de lui avoir mis "une nouvelle cible dans le dos", se disant "très choquée".
Le message de M. Mélenchon a été dénoncé par la Licra, le Crif et de nombreux élus, de la majorité, de LR, du RN et jusqu'au PS, où la députée Valérie Rabault l'a qualifié "d'accusations (...) abjectes".
M. Mélenchon s'est défendu en dénonçant une "absurde police des mots" quant au fait "d'attribuer au mot camper une connotation antisémite".
Devant l'Assemblée, le gouvernement devrait redire sa position résumée dimanche par la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna: "condamner le Hamas et son action terroriste, éviter l’embrasement dans la région et pour cela rappeler qu'il faut un horizon politique autour de la solution à deux Etats, rappeler que le droit international humanitaire doit être respecté, et bien sûr obtenir un accès humanitaire d’urgence pour les populations civiles à Gaza".
"Face à la gravité de la situation", Mme Colonna veut "croire que l’esprit d’unité et le sens des responsabilités prévaudront au cours de ce débat".
- "Cessez-le-feu pour les civils" -
Malgré la polémique, La France insoumise (LFI) a bien l'intention de "demander des comptes" à Yaël Braun-Pivet sur son déplacement en Israël. Elle est elle-même attaquée, depuis les massacres du 7 octobre, pour son refus de qualifier le Hamas de "terroriste".
Les patrons du PCF et du PS, Fabien Roussel et Olivier Faure, ont également critiqué ce voyage. Au-delà de Mme Braun-Pivet, M. Faure s'en est pris à Emmanuel Macron, l'accusant de ne pas avoir tenu une "ligne de neutralité" face au siège de Gaza.
Le président est attendu mardi à Tel-Aviv, où il doit rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Sur France 2, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran n'a pas exclu qu'Emmanuel Macron rencontre d'autres dirigeants de la région mais a renvoyé vers l'Elysée "qui sera amené à communiquer".
Le président "va pouvoir mener des entretiens fondamentaux, à la fois pour la région, pour nos ressortissants français, pour les familles des victimes et aussi pour le peuple palestinien", a assuré M. Véran, en rappelant que "30 familles françaises ont perdu un proche" dans les attaques du Hamas et que sept Français sont toujours disparus, dont au moins une est otage.
Le PCF, les écologistes, le PS et LFI devraient s'exprimer en faveur d'un "cessez-le-feu" et de la levée du blocus de Gaza. Fabien Roussel dira ainsi "que la position française n'est pas à la hauteur pour exprimer sa solidarité auprès des populations civiles palestiniennes" et que "l'indignation ne peut pas être sélective".
Au sein de la majorité, l'objectif est de faire bloc autour de la "ligne du président", selon le patron de Renaissance Sylvain Maillard.
Une ligne qui laisse la place à des positions nuancées sur la question du soutien au gouvernement israélien. Ainsi le président de la Commission des Affaires étrangères Jean-Louis Bourlanges entend-il évoquer la responsabilité du gouvernement israélien dans la crise: "Ils ont construit un système où ils ont écrasé toute possibilité d’avenir pour les Palestiniens", dit-il à l'AFP.
P.Smith--AT