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En Irlande, Biden lancé dans une quête sentimentale de ses racines
"Comme rentrer à la maison": Joe Biden s'est lancé mercredi dans une quête sentimentale de ses racines familiales en Irlande, après un passage bref, et politiquement bien plus délicat, en Irlande du Nord.
"C'est merveilleux. C'est comme rentrer à la maison", a dit le président américain lors de sa visite, sous une pluie battante, du château de Carlingford, dans le nord-est de la République d'Irlande.
Après avoir célébré à Belfast les 25 ans de l'accord de paix sur l'Irlande du Nord, et plaidé pour une redémarrage des institutions paralysées de la province britannique, le président américain a entamé la partie de son voyage qui lui tient le plus à coeur.
Comme il l'avait déjà fait en tant que vice-président en 2016, le démocrate de 80 ans a mis le cap sur l'un des berceaux de sa famille, dans le compté de Louth.
- Finnegan -
Il y a donc exploré ce château de Carlingford qui fut, selon la Maison Blanche, le dernier monument contemplé en 1849 par son arrière-arrière-grand-père maternel Owen Finnegan, depuis le bateau qui l'emmenait vers l'Amérique et l'espoir d'une vie meilleure.
L'Irlande a accueilli bien des présidents depuis John Fitzgerald Kennedy en 1963, mais aucun qui ne se revendique d'elle autant que Joe Biden, par ailleurs le seul catholique à avoir conquis la Maison Blanche depuis "JFK".
Un ensemble musical local lui a même dédié une composition originale, "Le retour de Biden".
Voilà qui tranche avec le climat politique aux Etats-Unis, où Joe Biden est un président impopulaire, confronté à des divisions béantes.
- Tensions à Belfast -
Voilà qui contraste aussi avec le climat trouvé par le démocrate le matin-même à Belfast.
Il y a fait une halte éclair pour célébrer les accords de paix signés le 10 avril 1998 après trois décennies de "Troubles" meurtriers entre unionistes fidèles à Londres, majoritairement protestants, et républicains majoritairement catholiques, partisans d'un rattachement à la République d'Irlande.
"La leçon des accords +du Vendredi Saint+ est que c'est lorsque les choses semblent les plus fragiles (...) qu'il y a le plus besoin d'espoir et d'efforts", a déclaré Joe Biden, vantant le potentiel économique de l'Irlande du Nord, province en difficulté dans laquelle Washington promet d'investir.
"J'espère que l'assemblée et le gouvernement (locaux) seront bientôt restaurés", a-t-il dit tout en prenant soin de souligner que la décision finale revenait aux dirigeants politiques locaux.
- "Âme" irlandaise -
Joe Biden avait auparavant rencontré les leaders des cinq principaux partis politiques d'Irlande du nord.
Notamment le DUP, le parti unioniste qui depuis plus d'un an refuse de participer aux institutions nord-irlandaises. Et qui se méfie de ce président américain qui dit porter l'Irlande dans son "âme".
Joe Biden a aussi vu, brièvement, le Premier ministre britannique Rishi Sunak, lequel a affirmé que la relation bilatérale était "très bonne".
Cela, même si le passage éclair de Joe Biden au Royaume-Uni, et la très brève entrevue avec le chef du gouvernement britannique, ont pu donner, vu de Londres, une impression de service minimum.
- Elections -
Surtout en contraste avec sa visite de deux jours et demi en Irlande voisine, véritable pèlerinage familial du démocrate de 80 ans, venu accompagné de sa soeur Valerie et de son fils Hunter.
Il fera jeudi une étape institutionnelle à Dublin, puis une autre visite à caractère personnel, vendredi dans l'ouest du pays.
Au-delà de son attachement réel à la terre irlandaise, Joe Biden a aussi une carte politique à jouer.
Le président, qui envisage de se représenter en 2024, sait qu'un Américain sur 10 environ revendique des racines irlandaises, et que cela compte, électoralement parlant, dans plusieurs régions.
N.Walker--AT