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Soudan: Amnesty accuse les paramilitaires de crimes contre l'humanité à El-Facher
Les paramilitaires de Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l'armée au Soudan, ont commis des crimes contre l'humanité et mené un apparent "nettoyage ethnique" lors du siège et l'assaut de la ville d'El-Facher, au Darfour, entre 2024 et 2025, accuse Amnesty dans un rapport mercredi.
Ces actes "pourraient être constitutifs du crime de génocide", avance aussi l'ONG de défense des droits de l'homme qui dit continuer d'enquêter à ce sujet.
En février, une mission d'enquête composée d'experts nommés par l'ONU a fait état d'"actes de génocide" perpétrés par les FSR lors de la prise d'El-Facher, capitale de la province du Darfour-Nord.
Amnesty appelle à un cessez-le-feu immédiat et au déploiement d'urgence d’une force internationale pour protéger les civils, de crainte de nouvelles atrocités face aux signes d'offensive imminente des FSR sur la ville d'El-Obeid dans la région du Kordofan (sud).
Dans ce rapport intitulé "ville assiégée, enfants pris pour cibles", l'ONG a notamment interrogé 247 victimes ou témoins d'exactions entre début 2024 et octobre 2025 dans le Darfour-Nord.
Selon ces témoignages, les FSR ont attaqué dès 2024 de façon systématique les villages, villes et camps de déplacés aux alentours d'El-Facher, peuplés majoritairement de Zaghawa, une ethnie non arabe du Darfour, également présente au Tchad.
- "massacre" -
Les paramilitaires "ont incendié des habitations longtemps après la fuite des habitants, ce qui tend à indiquer qu'ils cherchaient à rendre ces zones inhabitables", note Amnesty, des actes qui "semblent révélateurs d’une volonté de procéder au nettoyage ethnique des alentours d’El-Facher en en chassant les Zaghawa."
Les enfants ont souvent été visés de façon délibérée - et massivement tués, blessés, violés, enlevés et recrutés de force, poursuit-elle.
Le siège auquel les FSR ont soumis la capitale provinciale entre mai 2024 et octobre 2025 a provoqué une famine, selon l'ONG qui fait aussi état du "massacre" de centaines de civils tentant de fuir l'assaut lancé le 26 octobre 2025 par les FSR et s'étant heurtés à des murs de terre érigés autour de la ville.
Des dizaines de rescapés ont relaté à l'ONG des exécutions - notamment d'enfants - des viols, des actes de torture et prises d’otages. L'ONG assure que les FSR ont aussi détenu des milliers de civils, dont des enfants, souvent dans des conditions abominables.
Le conflit qui oppose depuis avril 2023 l'armée soudanaise - dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane - aux FSR, dirigés par le général Mohamed Hamdane Daglo, a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, selon l'ONU.
"La guerre au Soudan est une guerre contre les populations civiles (...) Ces atrocités viennent entacher la conscience de l’humanité", a déploré la secrétaire générale d’Amnesty International Agnès Callamard dans un communiqué.
H.Gonzales--AT