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Canicule: vers le début de la fin ce vendredi en France ?

Canicule: vers le début de la fin ce vendredi en France ?

L'épisode de fortes chaleurs qui touche la France depuis plusieurs jours devrait commencer à régresser sur les régions du nord-ouest vendredi, même si une large partie du pays continue de suffoquer, avec un mercure attendu encore largement au-dessus des 30°C.

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Quatorze départements - Charente (16), Charente-Maritime (17), Gironde (33), Ille-et-Vilaine (35), Loire-Atlantique (44), Maine-et-Loire (49), Mayenne (53), Morbihan (56), Paris (75), Deux-Sèvres (79), Vendée (85), Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93) et Val-de-Marne (94) - sont encore en vigilance orange.

Mais une amorce de rafraîchissement devrait progressivement intervenir sur le nord-ouest, permettant une levée de la vigilance orange sur le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine et la Mayenne.

En attendant, ces chaleurs obligent parfois entreprises, particuliers ou administrations à s'adapter.

Le proviseur de deux lycées de Rezé (Loire-Atlantique) a ainsi décidé depuis mercredi, et jusqu’à vendredi, de faire passer tous les cours de l’après-midi en distanciel pour préserver "la sécurité des personnes".

A Brest, Météo-France prévoit 20°C (après 29°C jeudi), 31°C sont attendus à Rennes (après 35°C) et 23°C à Biarritz (après 34°C).

Il fera également moins chaud en Languedoc-Roussillon sous l'effet de brises, avec 29°C à Montpellier (contre 36°C la veille), 32°C à Perpignan (contre 38°C).

- Arrosage des vaches -

Cet épisode caniculaire, d'une précocité inédite et qui a déjà propulsé mardi l'indicateur thermique national à un niveau record pour une fin mai (24,9°C), devrait se poursuivre jusqu'à samedi inclus avant une nette baisse des températures dimanche.

Taxé d'"impréparation" par l'opposition après la survenue de plusieurs décès, le gouvernement s'est réuni jeudi sous l'égide du Premier ministre afin de travailler à un "plan d'endurance" pour l'été, abordant l'état des nappes phréatiques, l'accueil du public ou les risques de feux de forêts.

Lors de cette réunion, Sébastien Lecornu a fait passer le message, selon des participants, que ce n’était pas à l’Etat de tout gérer - le bâti scolaire, par exemple, relève des collectivités - et qu’il mettait déjà beaucoup d’argent sur la table.

Nadège Poumaere, éleveuse de vaches laitières à Sercus (Nord), s'attend pour sa part à un manque-à-gagner de milliers d'euros, car ses bêtes donnent environ 3 litres de moins par jour.

"Les vaches ressentent une température de 15 degrés de plus que nous, donc c'est comme s'il faisait 45 degrés pour elles", explique-t-elle.

Ventilateurs, ouverture des étables, arrosage des vaches: cette exploitante de 45 ans doit redoubler d'ingéniosité pour rafraîchir ses 130 bêtes. "Dans le Nord, on a toujours fait des bâtiments anti-gel, mais jamais anti-chaleur !", souligne-t-elle.

Dans quelques semaines, l'agricultrice de cinquième génération équipera son étable de rideaux occultants, un investissement de 40.000 euros.

- Pollution -

Jeudi, le mercure a atteint 37,8°C à Angoulême-La Couronne (Charente), 37,6°C à Narbonne (Aude), 37,4°C à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

"Jamais un tel niveau de chaleur n’avait été mesuré au mois de mai depuis le début des relevés", a souligné Météo-France. L'ancien record mensuel national pour un mois de mai datait de 2009 et était de 37°C à Sollacaro, en Corse.

La chaleur de plomb s'accompagne par ailleurs d'une dégradation de la qualité de l'air, qui entraîne des épisodes de pollution notables et persistants sur plusieurs régions.

Cet épisode caniculaire est causé par un "dôme de chaleur" persistant sur l'Europe de l'Ouest, qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord.

Outre la France, l'Italie, le Royaume-Uni ou encore le Portugal connaissent eux aussi des pics de chaleur inédits pour un mois de mai.

Sous l'influence du changement climatique causé par les activités humaines, ces périodes de fortes chaleur, rares autrefois, ont tendance à être plus nombreuses, intenses et à intervenir plus tôt ou plus tard dans l'année.

Les prévisions officielles tablent sur un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici 2050.

O.Ortiz--AT