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Ukraine : Zelensky de nouveau attaqué par Trump malgré des contacts avec ses émissaires
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est attiré dimanche de nouvelles critiques de Donald Trump, malgré des contacts avec les émissaires américains pour tenter d'apaiser les tensions après une série de décisions de Washington favorables à Moscou.
"Il ne veut pas mettre fin à cette guerre et n'a probablement jamais voulu" le faire, a ainsi écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social. À l'inverse, "JE VEUX QUE CETTE GUERRE PRENNE FIN".
Donald Trump a multiplié depuis la semaine passée les critiques envers l'Ukraine et son président et a bloqué dans le même temps des sanctions contre la Russie tout en concluant avec elle un accord sur des livraisons de gazole, dans un contexte de frappes répétées de la Russie et de l'Ukraine sur leurs infrastructures énergétiques respectives.
Au moment où l'Ukraine craint d'être lâchée par son allié américain, le Wall Street Journal a rapporté que le président russe Vladimir Poutine avait proposé à ses homologues américain Donald Trump et chinois Xi Jinping une rencontre le mois prochain pour discuter d'une fin de conflit -- sans Kiev donc. Les trois dirigeants sont invités mi-novembre à un sommet de l'Apec (Coopération économique de l'Asie-Pacifique) à Shenzhen, en Chine.
Sur le terrain, les bombardements russes se sont intensifiés ces dernières semaines et ont encore fait au moins un mort et plusieurs blessés dans la nuit de dimanche à lundi à Kiev, endommageant une station de métro, selon les autorités locales.
Côté russe, Saint-Pétersbourg a essuyé dimanche sa plus importante attaque de drones ukrainiens depuis le début du conflit en 2022.
- "Reconnaissant" -
"Beaucoup dépend" des États-Unis dans ce conflit", a souligné Volodymyr Zelensky dans son allocution quotidienne, annonçant avoir parlé avec les deux émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.
L'Ukraine, a-t-il poursuivi, est prête à travailler de manière "constructive" et "honnête" et "nous attendons précisément cette approche de la part de tous nos partenaires - tant des Européens que, bien entendu, des Américains".
Le président ukrainien a précisé avoir discuté de la livraison de systèmes de défense antiaérienne américains Patriot, les Ukrainiens peinant actuellement à contrer les missiles russes.
Il avait auparavant estimé auprès de la chaîne de télévision américaine NBC que si Washington apportait un soutien officiel à la Russie, cela serait une "erreur historique" et espéré que Donald Trump "revienne sur ses décisions".
M. Zelensky s'est toutefois dit "reconnaissant" du fait que les États-Unis aient repris le partage de renseignements, après une interruption qui avait rendu son pays vulnérable aux tirs d'engins balistiques russes.
- Frappes croisées -
De nouvelles frappes croisées ont touché des installations énergétiques en Russie et en Ukraine dans la nuit de samedi à dimanche, causant notamment un impressionnant incendie sur le terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest.
Selon le gouverneur de la deuxième ville de Russie, une personne y a été tuée et cinq autres blessées.
Donald Trump avait unilatéralement annoncé, le 11 octobre, une trêve énergétique dans cette guerre, sans entraîner d'arrêt prolongé de ces attaques.
Il reproche aux Ukrainiens de viser les raffineries de pétrole russes, ce qui participe selon lui à l'envolée mondiale des prix du carburant, qu'alimente également le conflit en Iran déclenché par Washington et Israël.
"Zelensky cible les raffineries en Russie sachant que ces attaques impactent sérieusement les marchés mondiaux du gazole, y compris aux États-Unis. Les agriculteurs, les éleveurs et les entreprises en tous genres en souffrent énormément", a-t-il martelé dimanche.
L'Ukraine dit quant à elle effectuer ces frappes en représailles aux bombardements russes qui dévastent son système énergétique depuis 2022 et font craindre un nouvel hiver très éprouvant pour la population. Kiev dit avoir pour objectif d'affaiblir la manne des hydrocarbures finançant l'effort de guerre du Kremlin.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié la dernière attaque nocturne ukrainienne de "manifestation d'agonie".
Y.Baker--AT