Arizona Tribune - Fumées toxiques en Asie du Sud-Est : bond des ventes de bonbonnes d'oxygène et purificateurs d'air

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Fumées toxiques en Asie du Sud-Est : bond des ventes de bonbonnes d'oxygène et purificateurs d'air
Fumées toxiques en Asie du Sud-Est : bond des ventes de bonbonnes d'oxygène et purificateurs d'air / Photo: Mohd Rasfan - AFP

Fumées toxiques en Asie du Sud-Est : bond des ventes de bonbonnes d'oxygène et purificateurs d'air

Les fumées toxiques provenant des feux de forêts qui ravagent l'Indonésie ont fait exploser les ventes de bonbonnes d'oxygène et de purificateurs d'air en Asie du Sud-Est, rapportent des fabricants qui travaillent à pleine capacité.

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Ce brouillard toxique qui recouvre depuis des mois une partie de cette région a provoqué la fermeture d'écoles et une forte recrudescence des troubles respiratoires. Des familles se précipitent désormais pour acheter des appareils, afin de garder l'air intérieur sain.

Chez AA Alive, une entreprise d'équipements médicaux près de Kuala Lumpur, les employés travaillent à pleine capacité pour livrer des bouteilles d'oxygène et répondre ainsi à une demande qui explose.

"Nous avons constaté une hausse de 35 % des ventes à cause du brouillard" toxique, déclare à l'AFP Rafina Firdaus, membre de l'équipe commerciale d'AA Alive, qui se dit "choquée de voir autant de patients ayant besoin de bonbonnes d'oxygène".

L'entreprise commercialise à la fois des bonbonnes et des concentrateurs d'oxygène, qui fonctionnent sur des durées différentes. Une bonbonne peut fonctionner environ trois heures en usage continu, tandis qu'un concentrateur peut être utilisé pendant près de 24 heures.

Md Noor Bin Bujang, 69 ans, a passé plus d'un mois à l'hôpital et a reçu son premier concentrateur d'oxygène jeudi soir. Sans cet équipement, il souffrirait "d'un manque de souffle, surtout avec ce brouillard" toxique, confie-t-il à l'AFP.

Mubassar Khan, technicien de 26 ans chez AA Alive, explique que le filtre d'un concentrateur d'oxygène est normalement remplacé après 1.000 heures d'utilisation, mais que les polluants liés aux fumées toxiques ont réduit leur durée de vie de moitié.

- "Menace multisystémique" -

AA Alive est en mesure de répondre à la hausse de la demande provoquée par ces fumées toxiques car la Malaisie est "confrontée chaque année" à cette situation, explique Mme Firdaus.

Des journalistes de l'AFP ont vu près de 60 concentrateurs d'oxygène et environ 20 bonbonnes d'oxygène devant faire l'objet d'un entretien ou d'un remplacement dans la salle d'exposition et l'entrepôt de l'entreprise.

Courts, un distributeur régional d'électronique grand public, constate lui "une hausse de 600 % du volume des ventes de purificateurs d'air (...) du 28 septembre au 12 octobre, par rapport à la même période l'an dernier", selon un communiqué.

"Les clients sont de plus en plus conscients de la qualité de l'air intérieur et cherchent activement des solutions pour maintenir un environnement intérieur plus sain et plus confortable", dit un porte-parole à l'AFP.

Le distributeur Gain City, basé à Singapour, rapporte lui que la demande de purificateurs d'air a "commencé à augmenter ces dernières semaines, avec une flambée particulièrement forte à partir du 9 octobre. Les ventes ont depuis été multipliées par neuf par rapport au niveau enregistré au début de la saison du brouillard en août".

Samedi, Singapour était classée deuxième, derrière Bagdad et devant Kuala Lumpur, dans le classement en temps réel des grandes villes les plus polluées du monde, selon l'indice de la qualité de l'air IQAir.

Une exposition prolongée aux polluants provenant des fumées toxiques pourrait provoquer des inflammations nocives pour l'organisme, soulignent des experts dont l'un qualifie la situation actuelle de "menace multisystémique pour la santé publique".

Juliana Jalaludin, professeure spécialisée en santé environnementale à l'Universiti Putra Malaysia, pense que les générations futures risquent d'attraper plus de maladies respiratoires si elles sont exposées de façon répétée aux fumées toxiques et à la pollution de l'air, en particulier durant l'enfance, explique-t-elle à l'AFP.

"L'essentiel, dit-elle, c'est de réduire maintenant l'exposition pour protéger la santé des enfants et prévenir les conséquences à long terme pour les générations futures".

P.A.Mendoza--AT