-
A Madagascar, un an de rapprochement avec Moscou
-
Le Royaume-Uni veut faire avancer la supervision de l'IA au G20, Trump résiste
-
Possible libération du "logisticien" du 13-Novembre: la justice belge décidera "en toute autonomie"
-
L'ambitieux plan de protection de la nature prend du retard, alertent des militants du climat
-
Israël dénonce l'"absurdité grotesque" des propos de Macron à l'ONU sur la Cisjordanie
-
Face à l'avancée du désert, les éleveurs nomades de Mongolie se tournent vers la technologie
-
Les constructeurs ferroviaires optimistes, à condition d'avancer sur la standardisation
-
Colombie: le président envoie l'armée dans une ville des Caraïbes frappée par la violence
-
L'Iran et l'IA au menu de l'Assemblée générale de l'ONU
-
Coup d'envoi du concours des ours les plus gras d'Alaska
-
Harvey Weinstein, reconnu coupable d'agression sexuelle à New York, va connaître sa peine
-
Meta attendu sur ses lunettes et son IA, deux paris coûteux et contestés
-
Inégalités, chômage et défiance: le Maroc vote pour des législatives sans grand favori
-
Canada: le vendeur de "kits de suicide" dans l'attente de sa peine
-
Sourd aux appels au multilatéralisme, Trump défend à l'ONU une Amérique toute puissante
-
Le chef de l'ONU organise un dernier sommet sur le climat à New York avant son départ
-
L'ex-jihadiste français Othman Garrido condamné à 30 ans de réclusion criminelle
-
Anthropic et OpenAI lancent de nouveaux modèles en plein débat sur le ralentissement de l'IA
-
Wall Street clôture sans direction claire, la géopolitique en ligne de mire
-
Trump salue l'accord de sécurité avec le Groenland qui va permettre de nouvelles bases
-
Attentats de 2019 au Sri Lanka: 220 ans de prison pour 15 condamnés
-
Femmes filmées sans leur consentement avec des lunettes connectées: la justice s'empare du phénomène
-
Japon : un typhon tue sept personnes, des milliers de foyers sans électricité
-
A l'ONU, Trump défend son nationalisme, sourd aux appels à la coopération internationale
-
Accusé d'avoir utilisé l'IA, l'écrivain phare de la rentrée Thélyson Orélien se défend
-
Carburants: la FNSEA demande le doublement des aides aux agriculteurs
-
Carburants: l'aide aux grands rouleurs prolongée et élargie, alors que les Français paient des prix records
-
Trump veut renommer l'IA "super intelligence" et résiste aux appels à une supervision internationale
-
Le plafond de la prime carburant versée par les employeurs passera de 600 à 1.000 euros
-
Trump scelle le destin du Groenland dans le giron américain
-
Femmes filmées sans leur consentement avec des lunettes connectées: la justice ouvre plusieurs enquêtes à Paris
-
Mondiaux de cyclisme: "c'est frustrant": la France encore en argent sur le relais mixte
-
Du sel, du vent et 118 marins engagés, la 13e Route du Rhum promet
-
Chili : floraison exceptionnelle dans le désert d'Atacama après les pluies d'El Niño
-
Le plafond de la prime carburant versée par les employeurs passera de 600 à 1.000 euros (Papin)
-
L'UE épargne deux oligarques russes, mais sauve in extremis ses sanctions contre Moscou
-
Onlyfans, MYM taxés de proxénétisme : chez des créatrices de contenus pornos, la peur de "travailler dans la rue"
-
Carburants: le gouvernement prolonge et élargit l'aide aux grands rouleurs pour contenir l'inquiétude des Français
-
Un écrivain phare de la rentrée littéraire accusé sur X d'avoir utilisé l'IA
-
Le comédien Arnaud Denis, invalide après la pose d'un implant anti-hernie, s'est fait euthanasier en Belgique
-
Les Bourses européennes terminent prudemment
-
France: presque pas de pluie en septembre, la sécheresse des sols à un niveau historique
-
Le nombre d'IVG a continué de progresser en 2025
-
Les Houthis accusent l'Arabie saoudite d'avoir mené de nouvelles frappes meurtrières au Yémen
-
Manifestation de la CGT devant le siège de Sodexo contre les suppressions de postes
-
Euro de volley: des Bleus au carré
-
Possible libération du "logisticien" du 13-Novembre: la justice belge décidera "en toute autonomie" (ministre)
-
À Mayotte, l'économie dépend de travailleurs étrangers piégés par les retards de titres de séjour
-
Paul Cézanne et ses admirateurs exposés à Paris
-
Wall Street aborde avec un optimisme prudent le sommet annuel des Nations unies
Sur le plateau prisé de Saint-Émilion, un domaine multiséculaire à "contre-courant"
Sur le plateau calcaire de Saint-Émilion, entourée de prestigieuses propriétés, une famille de viticulteurs préserve ses méthodes ancestrales et défend des choix "à contre-courant", dont elle récolte les fruits en pleine crise viticole et climatique.
"On peut nous taxer d'idéalistes mais cela fait plus de 15 générations que ma famille vit ici, qu'on est heureux, sans être riches", affirme à l'AFP Adrien David-Beaulieu, l'un des copropriétaires de Château Coutet.
Dès les premières lueurs de soleil, il rejoint une vingtaine de vendangeurs qui parcourent les rangs en musique, avant de déposer les cagettes pleines dans un traineau tiré par deux mules.
"Ici on fait le vin à la vigne, pas au chai", lance cet ingénieur agronome de 40 ans, "fier" de l'écosystème préservé depuis plus de 400 ans. Environ 25% de cette propriété de 17 hectares est sans vigne, avec quelque 500 arbres fruitiers, des dizaines d'animaux et une faune et flore recelant des espèces rares.
C'est autour de la Seconde Guerre mondiale, quand "tout le monde commence à utiliser des produits (phytosanitaires, NDLR) prônés par les gouvernements", que ses trois arrières-grandes-tantes qui géraient la propriété décident, "à contre-courant", de "dire non".
Et depuis, Château Coutet est resté "vierge de tout pesticide et insecticide de synthèse", souligne Adrien David-Beaulieu.
- "Mémoire génétique" -
"Ici, le job se fait naturellement", sourit-il. Après les vendanges, des raisins pas encore mûrs sont laissés aux oiseaux migrateurs qui fertilisent le sol avec leurs fientes, et aux chauves-souris, prédatrices naturelles d'un papillon qui pond dans le raisin.
Cette différence de maturité des grappes, due à la sélection massale (permettant une grande diversité génétique de la vigne, NDLR), engendre un rendement inférieur à celui en sélection clonale, utilisée dans la grande majorité du vignoble français.
"Mais nos vignes, qui ont une moyenne d'âge de 43 ans, sont plus résistantes" aux aléas climatiques, selon le copropriétaire.
En 2017, quand le gel provoque environ 80% de pertes à Saint-Émilion, "on fait la meilleure récolte de notre histoire", se rappelle-t-il.
Les vignes du plateau calcaire et des coteaux ont globalement mieux résisté que les secteurs situés plus bas mais la sélection massale a aussi joué, la "mémoire génétique" des vieux cépages permettant aux bourgeons d'arriver plus tard et d'éviter le gel.
La famille a poussé l'aventure encore plus loin grâce à un "trésor" découvert, il y a une quarantaine d'années, sur le sol en terre battue de la cave du domaine: une bouteille fermée par un bouchon de verre en forme de cœur.
- Un trésor de 1750 -
La composition minéralogique de ce bouchon "à l'émeri", technique permettant un hermétisme parfait, a permis de dater le flacon, toujours plein, du milieu du XVIIIe siècle.
"On s'est lancé le pari d'essayer de produire le même vin qu'en 1750, avec un sol qui n'a jamais connu de chimie synthétique, ni de ruissellement des autres puisqu'on est sur un plateau. Et en utilisant nos cépages anciens comme le merlot à queue rouge ou le bouchet, sur une parcelle de 1921", explique Adrien.
C'est ainsi qu'est née, en 2014, la "Cuvée Demoiselles", en référence aux arrière-grandes-tantes. Une production "quasiment" sans essence et sans électricité, sauf pour la presse et la mise en bouteille, avec des chevaux à la place des tracteurs, un traitement à la bouillie bordelaise (à base de cuivre) pulvérisée à dos d'homme et un tri du raisin à la main.
"Jusque dans les années 2010, on était vus comme des gens bizarres, qui n'avaient pas su se +moderniser+", relate le vigneron.
Le domaine, établi sur un plateau dont la valeur foncière s'est envolée, est loin de réaliser le chiffre d'affaires de ses voisins, essentiellement des propriétés rachetées par de grands groupes de luxe.
"Mais on est globalement à l'équilibre" malgré la crise que traverse le Bordelais, "grâce au fait, justement, qu'on n'a jamais changé, et ça c'est aujourd'hui apprécié."
"Si l'on se met au chimique demain et qu'on fait rentrer un actionnaire, on est tous millionnaires. Mais on a la chance d'avoir résisté à l'appât du gain et personne n'a voulu vendre sa part de gâteau, c'est ça notre luxe!".
S.Jackson--AT