Arizona Tribune - L'UE épargne deux oligarques russes, mais sauve in extremis ses sanctions contre Moscou

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L'UE épargne deux oligarques russes, mais sauve in extremis ses sanctions contre Moscou
L'UE épargne deux oligarques russes, mais sauve in extremis ses sanctions contre Moscou / Photo: Leonardo MUNOZ - AFP

L'UE épargne deux oligarques russes, mais sauve in extremis ses sanctions contre Moscou

L'Union européenne a sauvé mardi, in extremis, ses sanctions contre Moscou en se ralliant, à contrecœur et en dépit des critiques de Kiev, aux exigences de la France et du Luxembourg, qui ont obtenu le retrait de deux oligarques de cette liste noire.

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Au terme d'un psychodrame et à seulement quelques heures de l'échéance, les représentants des 27 ont renouvelé les sanctions de l'UE contre près de 3.000 individus et entités, accusés de soutenir l'effort de guerre russe contre l'Ukraine. Deux oligarques en seront toutefois exemptés: Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman.

Faute d'accord avant minuit (22H00 GMT), toutes les sanctions risquaient d'être levées.

Dans ce contexte tendu, l'exigence portée par la France de rayer de la liste M. Ousmanov, pourtant proche du Kremlin, a d'autant plus surpris ses partenaires à Bruxelles. Dans le sillage de Paris, le Luxembourg a de son côté réclamé la radiation de l'homme d'affaires russe Mikhaïl Fridman.

Ce dernier a initié une procédure d'arbitrage pour obtenir du Grand-Duché 15 milliards d'euros de réparations à la suite de ces sanctions de l'UE.

Un accord de principe avait bien été trouvé lundi. Mais la Lettonie, à deux semaines d'élections législatives, avait tout remis en cause. "La Lettonie ne peut pas accepter une telle proposition", écrivait le Premier ministre Andris Kulbergs, dans la nuit de lundi à mardi sur le réseau social X.

Une énième tractation a permis de convaincre Riga de s'abstenir pour ne pas empêcher ce renouvellement des sanctions, la principale arme dont disposent les Européens face au Kremlin.

- Dangereux précédent -

"Ce n'était pas un choix entre une bonne et une mauvaise solution, mais entre une mauvaise et une bien pire", s'est ensuite justifié M. Kulbergs.

L'Ukraine et plusieurs pays de l'UE ont pourtant mis tout leur poids dans la balance, derrière Riga, pour éviter la radiation de ces deux oligarques, la considérant comme un précédent dangereux et un mauvais signal envoyé à Moscou.

Le Kremlin a d'ailleurs réclamé mardi la levée des sanctions européennes à l'encontre de "tous les hommes d'affaires russes".

"Le monde n'a pas besoin de retraits des sanctions motivés par des calculs politiques", a ainsi affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, avait de son côté exhorté les 27 à maintenir le régime de sanctions, au "cœur" de la politique européenne visant à faire pression sur Moscou.

Celles-ci consistent en un gel des avoirs et une interdiction de voyager sur le territoire des 27 pays membres. Quelque 28 milliards de ces avoirs sont ainsi gelés dans l'UE.

Concernant M. Ousmanov, Paris a invoqué des "raisons de sécurité nationale" devant ses partenaires, sans plus d'explication, selon plusieurs diplomates européens.

Selon un diplomate à Bruxelles, Paris fait pression dans le cadre d'un accord de libération de prisonniers impliquant des citoyens français détenus en Azerbaïdjan.

"Cela envoie vraiment le signal que l'on peut obtenir un retrait de la liste en faisant du chantage", s'était insurgé un autre diplomate européen.

Alicher Ousmanov, homme d'affaires russe d'origine ouzbèke, a fait fortune dans la métallurgie puis avec le groupe internet russe Mail.Ru. Il a été l'un des principaux actionnaires du club de football anglais d'Arsenal.

Mikhaïl Fridman est, lui, l'un des principaux actionnaires du conglomérat Alfa Group, qui comprend Alfa Bank, l'une des grandes banques de Russie, elle-même ciblée par les sanctions européennes.

Ce régime de sanctions contre Moscou doit être renouvelé tous les six mois, et les 27 ont décidé que ce délai soit étendu jusqu'à 36 mois, afin d'éviter de nouveaux psychodrames.

B.Torres--AT