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Tribune anti-Bolloré: le patron de Mediawan "comprend" l'"énervement" de Canal+
Le président du géant de la production audiovisuelle Mediawan, Pierre-Antoine Capton, a dit jeudi comprendre l'"énervement" du patron de Canal+ après la tribune anti-Bolloré, qui a provoqué une crise dans le cinéma français, appelant à l'apaisement pour protéger un "écosystème fragile".
"Je comprends sa réaction d'énervement quand vous avez des gens qui sont en opposition pour de très mauvaises raisons", a déclaré M. Capton lors d'une rencontre organisée par l'Association des journalistes médias (AJM).
"On est dans un écosystème hyper fragile où on a des chaînes de télévision qui vont mal, et la seule chose qui fonctionne bien c'est le cinéma (...). On a tous intérêt à se serrer les coudes", a commenté M. Capton.
Selon lui, il faut "apaiser la situation": "Taper sur une partie de ce système comme taper sur le CNC (Centre national du cinéma, NDLR) ou l'audiovisuel public, il n'y a rien de pire".
Le président de Canal+, Maxime Saada, a déclaré en mai que son groupe ne souhaitait plus financer les films des signataires d'une pétition contre son actionnaire de référence, le milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Cette pétition s'alarmait d'une "prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif".
"Depuis que Mediawan a été lancé" il y a dix ans, "est-ce qu'on a eu une demande éditoriale, artistique sur une intervention ou pas du groupe Canal chez nous? La réponse est non", a assuré M. Capton.
"On travaille sur le Saturday Night Live (émission de divertissement dont les rênes sont confiées à l'invité principal, NDLR) pour Canal+ qui va arriver à la rentrée, on fait celui de Jean-Pascal Zadi", signataire de la pétition, et "on n'a eu aucune consigne disant +On n'invite pas Jean-Pascal Zadi ou on ne travaille pas avec telle liste d'intermittents+", a-t-il insisté.
Par ailleurs, le patron de Mediawan a porté un regard critique sur la récente commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, dont le rapporteur était le député UDR Charles Alloncle: "Cela n'a pas été utile", "ça a affaibli la confiance que les Français pouvaient avoir dans leurs médias".
"Tout le monde s'est retrouvé acculé devant cette commission d'enquête, et plus personne n'entendait ce qu'on pouvait dire parce que de toute façon, on était tous coupables de quelque chose", a-t-il jugé.
Durant les auditions tumultueuses de la commission, M. Alloncle a dénoncé un "système de castes et de privilèges" et accusé les contrats entre France Télévisions et les sociétés de production d'être marqués par l'opacité et les conflits d'intérêts.
H.Gonzales--AT