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Le gouvernement autorise les tirs sur un loup attaquant un élevage non protégé
Les ministres de l'Agriculture Annie Genevard et de la Transition écologique Mathieu Lefèvre ont annoncé lundi qu'ils autoriseraient les tirs contre un loup ayant attaqué un troupeau même si ce dernier n'est pas protégé des attaques du canidé, en réponse à un nombre croissant de victimes.
"Protégé ou non, l'éleveur aura le droit à un tir de défense" a souligné Mme Genevard en visite en Haute-Marne, département marqué par des attaques décuplées après l'installation récente d'une meute.
Outre l'éleveur, les agents des brigades mobiles d'intervention spécialisées et les louvetiers pourront également effectuer des tirs "de prélèvement" (c'est-à-dire abattre des loups) et mener des battues "pour défendre aussi des élevages non protégés" a ajouté la ministre.
"Le statu quo face à une telle prédation (...), ça n'est pas possible" a renchéri le ministre délégué M. Lefèvre à ses côtés.
Interrogé, le cabinet du ministre délégué a souligné que cette "nouveauté" figurerait dans le futur arrêté, attendu "dans les prochaines semaines".
Les territoires fréquentés par le loup se sont continuellement étendus en dix ans, passant de moins de 10 départements à plus de 60, et les flambées d'attaques sont un sujet sensible sur fond de colère agricole.
En Haute-Marne, 800 animaux d'élevage ont été tués en 2025 et 124 depuis le 1er janvier, selon la ministre. En France, le nombre d'animaux d'élevage tués est reparti à la hausse avec 12.000 victimes selon les premiers chiffres de 2025.
La condition de mettre des clôtures spécifiques et autres protections avant de chercher à éliminer le loup, qui visait à "inciter les éleveurs à se protéger", n'est "plus pertinente au moment où le loup attaque de nouveaux territoires, par définition peu protégés", a expliqué la ministre.
Le gouvernement prévoit toutefois que l'éleveur bénéficiant d'une intervention contre le loup "s'engage à protéger son élevage dans l'année qui suivra".
En outre, l'indemnisation, qui cesse actuellement après deux attaques si les animaux ne sont pas protégés, se poursuivra à la seule condition que l'éleveur soit "engagé dans une démarche de protection, (...) même si celle-ci n'est pas encore terminée".
"On est allé aussi loin en matière de réglementation que nous le pouvions: si nous voulons aller plus loin, il faut en passer par la loi", a ajouté Mme Genevard, évoquant la prochaine loi d'urgence agricole, qui doit notamment se pencher sur le sujet de la prédation des troupeaux.
"Il y a une avancée, on aura plus de souplesse pour pouvoir protéger nos bêtes" a réagi Lucette Nivert, éleveuse de moutons à Lanques-sur-Rognon (Haute-Marne). "Tant que le loup sera là, qu'il va attaquer, nous faire vivre l'enfer, ça ne sera pas vivable", a-t-elle néanmoins estimé.
Les ministres ont en outre confirmé qu'ils autorisaient en 2026 l'abattage de 21% des 1.082 loups dénombrés en France, avec "la possibilité d'activer les 2% supplémentaires" prévus, soit l'autorisation de tuer jusqu'à 248 loups. En 2025, le quota était de 19%, soit 190 loups tués.
Cette mesure avait déjà été annoncée le 10 janvier sous pression des syndicats agricoles.
Les huit départements alpins et pré-alpins, où vivent la majorité des loups en France, avaient exhorté début février le gouvernement à relever "significativement" ce quota en le faisant passer à 30%, soit 325 loups.
J.Gomez--AT