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Les écrans, cette solution prisée des parents pour occuper les enfants
Les écrans comme la solution de "facilité" pour tromper l'ennui des plus jeunes? Faute de mieux, une majorité de parents admettent autoriser ou proposer tablette ou téléphone à leur enfant, pour l'occuper ou se dégager du temps pour eux-mêmes, selon un baromètre publié lundi.
Selon cette enquête Ifop pour la Fondation de l'Enfance, 71% des parents d'enfants âgés de 8 à 15 ans leur proposent un outil numérique "souvent ou de temps en temps" à la maison pour s'occuper quand la météo ne permet pas de sortir ou en l'absence d'autres activités disponibles. Ils sont 66% à privilégier cette option pour les occuper quand ils font autre chose (télétravail, tâches domestiques...).
61% dégainent cette carte dans les lieux publics et situations d’attente (transports, restaurants, salles d’attente…), 57% sur "demande insistante" de leur enfant et 49% pour le "faire patienter voire calmer ses émotions dans les lieux publics afin d’éviter les regards critiques ou des plaintes".
Enfin, 65% des parents interrogés donnent leur feu vert "en récompense d’un effort ou d’un comportement attendu (réussite à l’école/au collège, ranger sa chambre)".
Côté enfants, près de 9 sur 10 possèdent un équipement numérique personnel - plus de la moitié d’entre eux (55%) déclarent être sur les écrans parce qu’ils s'ennuient.
Pour la directrice de la Fondation pour l'Enfance, Joëlle Sicamois, "il faut qu'on s'interroge sociétalement : comment se fait-il qu'il n'y ait pas d'alternative à ces écrans et ce, dès le plus jeune âge?"
Sans compter, ajoute-t-elle auprès de l'AFP, que "les enfants ont besoin de temps où ils n'ont rien à faire et où on ne leur propose rien. C'est essentiel de dire aux parents +c'est normal que vos enfants ne soient pas occupés 24h sur 24+, ça ne va pas leur enlever des chances plus tard, il faut laisser de la place à l'ennui".
Avis partagé par la Haute commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry, qui alerte sur un "usage palliatif" des écrans par les plus jeunes, par "facilité ou obligation".
"On les donne parfois pour calmer un enfant parce que plus personne autour ne supporte qu'il joue ou qu'il parle", pour s'éviter un trajet de train "avec un regard désapprobateur pas très agréable", a-t-elle déclaré à la presse, insistant sur l'importance de créer "les conditions d'une société plus bienveillante".
- Ecrans et petit-déj -
Autre enseignement du baromètre, la quasi-intégralité des parents (94%) disent avoir fixé "au moins une règle" sur les usages du numérique, du moment d'utilisation aux contenus regardés en passant par la durée.
Mais, dans le détail, 20% des enfants âgés de 8 à 15 ans utilisent encore un écran au réveil ou pendant le petit-déjeuner, 30% avant de se coucher.
Or "une à deux heures avant de se coucher, il ne faut pas d'écran proche parce que la lumière bleue va bloquer le sommeil", a souligné le pédiatre François-Marie Caron en conférence de presse. "Et, avant d'aller à l'école, ça bouscule le cerveau des plus jeunes" et entraîne un problème de concentration dans les heures suivantes.
L'étude Ifop a été réalisée en ligne du 1er au 10 décembre 2025 auprès d’un échantillon de 1.001 personnes, représentatif des parents d’enfants âgés de 8 à 15 ans. En fin d’enquête, après consentement préalable des parents, 953 enfants âgés de 8 à 15 ans ont répondu au questionnaire.
Sa publication intervient en plein débat sur la place des écrans et l'impact de leur usage sur les jeunes.
Le gouvernement souhaite notamment interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès septembre, invoquant la nécessité de préserver la santé mentale des plus jeunes face à leurs effets nocifs (contenus inappropriés, cyberharcèlement, manque de sommeil...).
L'absence d'alternatives aux écrans avait été soulevée par la "commission écrans", mandatée par le président Emmanuel Macron. Dans un rapport, en 2024, elle avait notamment insisté sur l'importance d'aménager des aires de jeux dans tous les lieux d'attente (gares, stations de métro, abribus, aéroports) et dans les administrations et organismes recevant du public.
A.Taylor--AT