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Keir Starmer promet un "combat" contre l'extrême droite, en ouverture d'un périlleux congrès travailliste
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a promis un "combat" contre l'extrême droite dimanche, jour d'ouverture du congrès des travaillistes à Liverpool, déjà marqué par des protestations et des doutes sur sa capacité à diriger le parti.
Quinze mois seulement après son élection, le Premier ministre accumule les déboires: l'économie est au ralenti, l'immigration illégale bat des records, et l'inflation reste plus élevée qu'ailleurs en Europe.
En parallèle, la formation d'extrême droite de Nigel Farage, Reform UK, poursuit son ascension, devançant le Labour de 12 points dans un sondage Ipsos publié dimanche.
"Nous avons devant nous le combat de notre vie, nous devons affronter Reform, nous devons les battre", a martelé M. Starmer sur la BBC.
"Ils veulent déchirer ce pays", a-t-il poursuivi, jugeant "raciste" et "immoral" leur proposition de supprimer le titre de séjour permanent pour les migrants.
Le Premier ministre, qui s'exprimera mardi, veut prouver qu'il est capable de l'emporter face à Reform lors des prochaines législatives, prévues en 2029.
Mais certains se demandent s'il sera encore à Downing Street d'ici quelques mois.
Ces dernières semaines, le dirigeant a fait face à la démission de sa vice-Première ministre Angela Rayner, emportée par une affaire fiscale, au départ de conseillers et au limogeage de son ambassadeur aux Etats-Unis, Peter Mandelson, rattrapé par ses liens avec le délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein.
Ce congrès apparaît comme une occasion pour les militants "d'exprimer leur mécontentement", a indiqué à l'AFP Steven Fielding, professeur de sciences politiques.
Dès dimanche, une centaine de personnes ont brandi des pancartes en soutien à l'organisation Palestine Action, classée "terroriste" par le gouvernement, devant le centre de conférence.
La police a dit avoir procédé à plusieurs arrestations, tandis que le groupe Defend Our Juries, à l'initiative de l'action, a accusé le Labour de vouloir "empêcher les débats" sur la guerre à Gaza.
"Je suis membre du parti travailliste depuis toujours et je trouve absolument honteux qu'il n'ait pas adopté une position plus ferme" contre Israël, a dénoncé Alan, 72 ans.
- Débat sur la direction -
Starmer "a le parti et le pays contre lui", selon Steven Fielding. Le dirigeant enregistre le plus bas taux de satisfaction - 13% - pour un Premier ministre depuis 1977, a indiqué Ipsos.
Face à cette chute, les spéculations montent sur les ambitions du maire du Grand Manchester, Andy Burnham, plus à gauche et qui dit avoir été encouragé à se porter candidat à la tête du parti.
Lors d'un évènement organisé au congrès dimanche, il a dit soutenir le gouvernement, mais aussi s'inquiéter d'un "climat de peur" au sein du Labour, appelant, sous les applaudissements, à avoir un "débat sur (sa) direction".
"Être un parti au pouvoir implique de se confronter à l'incertitude, à la complexité... et de prendre et assumer des décisions difficiles", a lui défendu Anthony Albanese, le Premier ministre australien, venu encourager son "ami" Keir Starmer.
Ce dernier a enregistré des succès incontestables à l'international, comme sa relation avec Donald Trump et le rapprochement avec l'UE, que son gouvernement veut renforcer avec un dispositif de mobilité des jeunes travailleurs.
Mais au niveau national, sa réforme des aides sociales, avortée après une fronde interne, ou le gel des aides au chauffage pour les retraités ont alimenté la colère des Britanniques et de l'aile gauche du Labour.
Sa politique et son discours de fermeté sur l'immigration ne semblent pas convaincre, et "mettent mal à l'aise" beaucoup de membres du parti, souligne M. Fielding.
Sa ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood a indiqué dans le Sun qu'elle souhaitait durcir les conditions d'obtention d'un titre de séjour permanent au Royaume-Uni.
Elle s'exprimera lundi à Liverpool, comme la ministre des Finances Rachel Reeves, sous pression à deux mois de la présentation d'un budget délicat.
Le discours de Keir Starmer mardi ne sera pas celui "de la dernière chance" mais "un moment crucial" pour "exposer clairement sa vision", juge Patrick Diamond, professeur en sciences politiques à l'Université Queen Mary de Londres.
Fort de sa puissante majorité et des règles en vigueur au Labour, il ne semble pas menacé dans l'immédiat.
"Il a encore le temps de renverser la situation", estime Patrick Diamond. Au moins jusqu'aux prochaines élections locales, prévues en mai 2026.
Y.Baker--AT