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Washington en soutien appuyé à l'économie de son allié Milei
Le gouvernement de Donald Trump a fait mercredi un geste fort envers l'Argentine de son allié ultralibéral Javier Milei, fragilisé par des turbulences financières ces dernières semaines, en se disant prêt à racheter des titres de dette argentine et à faciliter l'accès au dollar.
Javier Milei, au pouvoir depuis décembre 2023, traverse une phase délicate de son mandat, après un revers électoral début septembre qui a rendu les marchés financiers inquiets sur la poursuite de son programme d'austérité, dans la perspective de législatives de mi-mandat en Argentine fin octobre.
"Le Trésor est actuellement en négociation avec les autorités argentines pour mettre en place" un accord à 20 milliards de dollars pour faciliter l'accès du pays à la devise américaine et soutenir le peso, a annoncé sur X le ministre américain des Finances, Scott Bessent.
L'opération passerait par un accord avec la banque centrale argentine en vue de procéder à un échange de devise, dit de "swap".
Le secrétaire au Trésor a ajouté que les États-Unis étaient prêts à racheter une partie de la dette argentine, libellée en dollars, "et le fera si les conditions le justifient".
"Comme l'a déclaré le président Trump, nous sommes prêts à faire le nécessaire pour soutenir l'Argentine et le peuple argentin", a résumé M. Bessent.
- Louanges à Trump à l'ONU -
Javier Milei a remercié Donald Trump et Scott Bessent sur les réseaux sociaux pour leurs "soutien et confiance solides".
Un peu plus tard, à la tribune de l'Assemblée générale de ONU, il a dressé un éloge appuyé du président américain, qui selon lui "prend les décisions difficiles" pour éviter une "catastrophe" aux États-Unis et pour le monde.
En "ce moment historique", Donald Trump "comprend qu'il doit faire le nécessaire, même si ça déplait à beaucoup, avant qu'il ne soit trop tard", a déclaré M. Milei, louant notamment la politique "ferme" de Trump sur l'immigration, sa "restructuration sans précédent" du commerce international, et le "nettoyage de la mainmise institutionnelle sur l'État américain".
Mardi, Donald Trump s'était engagé à "aider" l'Argentine, tout en estimant que le pays n'avait "pas besoin d'un plan de sauvetage", lors d'une rencontre des deux dirigeants en marge de l'assemblée générale à New York.
Javier Milei, élu sur une promesse de "thérapie choc" d'austérité et de coupes massives dans la dépense publique, est parvenu à juguler une inflation argentine chronique, qui dépassait 200% sur un an à son arrivée au pouvoir, à 33,6% aujourd'hui.
Mais cette stabilisation s'est faite au prix d'une contraction de l'économie (-1,8% en 2024) dont l'Argentine peine à s'extirper, et d'un fort coût social.
Cela s'est traduit dans les urnes le 7 septembre par un cuisant revers du parti de M. Milei lors d'un scrutin régional dans la province de Buenos Aires, perçu comme test-clef en vue des législatives de mi-mandat, le 26 octobre.
Le plan, a expliqué Scott Bessent sur Fox News, "est, tant que le président Milei poursuit ses politiques économiques fortes, de l'aider à tenir le cap jusqu'à l'élection. Nous n'allons pas laisser un déséquilibre sur les marchés causer un recul dans ses réformes".
La promesse de soutien a fait bondir le peso mercredi à l'ouverture des échanges à Buenos Aires, pour finir à 1.360 pesos pour un dollar au taux officiel, soit une regain près de 2% par rapport à mardi, et de plus de 11% par rapport à vendredi dernier (1.515).
Ces dernières semaines, la devise argentine avait devissé par rapport au dollar, avant de se reprendre après les premières déclarations, dès vendredi, montrant que Washington était prêt à intervenir.
- "Petite crise qui couvait" -
La Banque mondiale a annoncé mardi qu'elle allait "accélérer son soutien à l'Argentine" en débloquant "dans les prochains mois" jusqu'à 4 milliards de dollars dans le cadre du programme d'aide de 12 milliards annoncé en avril.
Analysant l'annonce américaine, l'économiste Martin Kalos, de la firme-conseil EPyCA Consultores, a estimé pour l'AFP qu'"en principe, un swap de 20 milliards de dollars est un très bon montant. Maintenant, ça dépend des conditions politiques et financières liées à ces prêts, à cette ligne de financement".
"Cela ne résout pas les problèmes, mais cela atténue la pression, l'urgence des jours à venir, où il pourrait y avoir eu de nombreux problèmes". Car une "petite crise couvait", illustrée par les interventions la semaine dernière de la banque centrale, aux précaires réserves de change, pour défendre le peso, relève-t-il.
W.Morales--AT