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Tous les éléments "ramènent" à Jubillar: bataille rangée avec le directeur d'enquête
Tous les éléments "ramènent" à Cédric Jubillar: le directeur de l'enquête, dont les conclusions ont conduit le peintre-plaquiste devant les Assises du Tarn pour le meurtre de son épouse Delphine, et la défense ont ferraillé mercredi, le gendarme répondant point par point au feu roulant d'un interrogatoire très offensif.
Au terme de cette troisième journée d'audience, Mes Emmanuelle Franck et Alexandre Martin, les deux avocats de l'accusé, se sont relayés pour disséquer les déclarations du major Bernard Lorvellec, déplorant les "déductions" de l'équipe d'enquêteurs face à l'absence, selon eux, d'"élément objectif" impliquant leur client dans la disparition de Delphine Jubillar en décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn).
Sans perdre son calme face aux deux avocats lui coupant parfois la parole ou rabrouant très fraîchement un de leurs confrères des parties civiles, le directeur d'enquête a répondu pendant près de trois heures aux très nombreuses questions, tout en reconnaissant souvent "Je ne sais pas" ou "Je ne m'en souviens pas".
Le major avait auparavant conclu ses deux heures d'exposé en indiquant que "tous les éléments recueillis ramènent notre attention à M. Jubillar".
"Nous avons mis tout en œuvre, utilisé tous les moyens mis à notre disposition, recherché toutes les causes possibles et/ou plausibles", a estimé à la barre le robuste militaire à la barbe bien taillée.
Il s'est attaché à montrer que l'enquête avait exploré toutes les directions possibles, dont celles du rôdeur, de l'amant ou du mari. "Chacune de ces hypothèses sera refermée (...) pendant que celle de M. Jubillar prend de l'ampleur", a résumé M. Lorvellec.
- Ecailler le tableau -
Cris entendus par une voisine, direction de la voiture de Delphine garée dans la rue, ses lunettes cassées, fouille ou non de sacs à main, acceptation de la perspective de divorce par Cédric Jubillar... Ses conseils ont cherché à écailler le tableau brossé par le gendarme.
L'interrogatoire s'est longuement poursuivi avec vigueur, au point que la présidente de la cour Hélène Ratinaud a repris Alexandre Martin: "Maître, on peut comprendre que les réponses ne correspondent pas à vos attentes mais laissez le témoin répondre à vos questions".
"Je ne suis pas sûre que ce soit du très bon travail", a asséné Me Franck à propos de plusieurs actes de procédure. "J'en ai marre des choses qui ne sont pas en procédure", a-t-elle lâché sur un autre point.
Dans son exposé, le directeur d'enquête a notamment rappelé les menaces proférées devant témoins par le mari ou encore le récit du jeune fils du couple parlant d'une dispute entre ses parents ce soir-là.
"Objectivement, l'ensemble de ces éléments tend à démontrer la participation de M. Jubillar" à la disparition de son épouse, a-t-il souligné.
- "Mobilisation massive" -
"La mobilisation a été immédiate et massive", a dans la matinée décrit celle qui commandait à l'époque la compagnie de gendarmerie d'Albi, Sophie Lambert, assurant avoir mis en œuvre dès la première semaine d'enquête d'importants moyens "humains, terrestres, aériens et nautiques".
"Nous avons été confrontés à des difficultés", a de son côté reconnu le commandant Jérôme Guillen, directeur opérationnel de l'enquête, transférée ensuite à la section de recherches de Toulouse. Parmi ces difficultés: des endroits dangereux liés à l'ancienne activité minière et la présence de nombreux lieux "permettant la dissimulation d'un corps".
Invité par la présidente à prendre la parole, Cédric Jubillar a ensuite réagi aux exhortations, la veille, de l'administratrice en charge de ses enfants à leur fournir des réponses.
"Moi, je ne comprends pas la position qu'elle (l'administratrice) peut avoir me concernant, sachant que je n'ai pas tué Delphine. Le fait qu'elle me regarde droit dans les yeux en me disant que mon fils veut des réponses sur la mort de sa mère, je me sens concerné et discriminé", a-t-il déclaré.
Dans le courant de la journée, les journalistes de l'émission de TMC Quotidien se sont vus retirer leurs accréditations pour avoir enregistré à leur insu, lors d'une prise de vue de l'accusé, un échange entre ce dernier et ses avocats.
Cédric Jubillar, 38 ans, est détenu depuis juin 2021. Il dément avoir tué celle qui était sa compagne depuis leurs 18 ans et qui lui avait annoncé sa volonté de divorcer. Le verdict est attendu le 17 octobre.
P.Smith--AT