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Borne veut défendre son poste face à une 17e motion de censure
Confrontée lundi à une motion de censure dont l'adoption est peu probable, Elisabeth Borne va réaffirmer qu'il n'y a pas de majorité de rechange et s'efforcer de démontrer son utilité à Matignon, alors que les rumeurs de remaniement s'accélèrent.
Avec cette motion, la 17e en un an contre le gouvernement, déposée dans le prolongement de la bataille des retraites, "on verra s’il y a une majorité alternative au Parlement", a affirmé la Première ministre dimanche sur France 3, en notant que "régulièrement une partie des oppositions nous amène a redémontrer qu’il n'a pas de majorité alternative".
Au cours de cet entretien, Elisabeth Borne n'a pas démenti qu'il puisse y avoir un changement d'équipe gouvernementale. "Ces questions s'évoquent avec le président de la République", a-t-elle dit.
Elle espère avoir consolidé sa position à Matignon depuis son recours à l'article 49.3 en mars pour faire adopter la réforme des retraites, et une motion de censure passée dans la foulée à 9 voix de l'adoption.
Un cadre du parti présentiel Renaissance évoquait lundi la possibilité d'un remaniement dans les quinze jours, alimentant la machine à rumeurs. "Ca en prend le chemin", a-t-il dit à l'AFP. Soit avant la date butoir du 14 juillet posée à Elisabeth Borne par Emmanuel Macron pour dérouler une feuille de route destinée à relancer l'action de l'exécutif.
Le président de Renaissance Stéphane Séjourné a par ailleurs convié des parlementaires de la majorité le 21 juin pour évoquer le "contexte politique", selon deux sources au sein du parti.
- "Colère" -
La députée socialiste Valérie Rabault défendra, à partir de 16H00, cette nouvelle motion de censure de l'alliance de gauche Nupes, riposte après l'échec jeudi d'une tentative d'abrogation de la retraite à 64 ans. La proposition de loi n'avait pu faire l'objet d'un vote à l'Assemblée nationale, ce qui signe un "coup de force antidémocratique", selon les tenants de la motion.
Mais faute du soutien de la droite, il est très peu probable que la censure soit votée, en ce jour anniversaire du premier tour des élections législatives il y a un an.
Pour le président de la commission des Finances de l'Assemblée Eric Coquerel (LFI), il faut malgré tout "marquer le coup", des "lignes rouges" ayant été franchies même si "a priori on aura un résultat un peu moins bon que la dernière fois" en mars.
"Ça sert à exprimer notre colère, notre réprobation à l'égard d'un gouvernement et d'un président de la République qui a utilisé le pire de la cinquième République (...) pour imposer une loi dont les Français ne veulent pas", a résumé sur France 2 lundi matin la députée Insoumise Clémentine Autain.
Le camp présidentiel épingle une "forme de tragique de répétition".
"Il n’y a pas de majorité (pour voter la censure), ils le savent très bien (...) c'est un jeu de postures, un jeu de dupes", a raillé sur Public Sénat le député Renaissance Sylvain Maillard.
- "Alliance des contraires" -
Quand le gouvernement avait failli être renversé le 20 mars, 19 députés LR sur 61 avaient alors voté pour une motion du groupe centriste Liot (Libertés, Indépendants, Outre-mer, Territoires).
La donne a changé, juge l'un d'eux, Aurélien Pradié, qui "ne pense pas" voter la motion lundi. "Elle est déconnectée du sujet, de la réforme des retraites".
Dans son texte, la gauche pointe que "le gouvernement et sa majorité ont à nouveau bafoué les droits du Parlement pour l'empêcher de se prononcer sur l'abrogation" des 64 ans.
La proposition d'abrogation avait entretenu le flamme de la contestation, malgré la promulgation de la réforme mi-avril. Mais elle a été jugé irrecevable jeudi dernier et il n'y a pas eu de vote.
Les députés Liot n'ont pas déposé de nouvelle motion de censure, "les conditions de succès" d'une telle initiative n'étant "pas réunies actuellement, notamment du fait de l'attitude d'une partie du groupe Les Républicains".
Les députés RN emmenés par Marine Le Pen voteront en revanche d'un bloc la motion Nupes, comme cela s'est déjà produit ces derniers mois: "Nous voulons que Mme Borne s'en aille avec sa réforme sous le bras".
En retour, Aurore Bergé, cheffe de file du groupe Renaissance (majorité présidentielle), brocarde "une alliance des contraires" qui veut faire tomber le gouvernement et "figer le pays".
A.Anderson--AT