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Fatigué d'être seul? Ce robot chinois à corps d'humain vous tend la main
Votre prochain confident sera-t-il un robot? Peau souple au toucher, voix apaisante: l'entreprise chinoise UBTech a dévoilé mardi de tout nouveaux androïdes à l'apparence humaine hyperréaliste, dotés d'intelligence artificielle (IA) et présentés comme des remèdes à la solitude.
La société propose ses "compagnons émotionnels" à partir de 119.800 yuans (15.500 euros). Pour résumer, des intelligences artificielles incarnées, assises dans votre salon, qui peuvent écouter patiemment vos soucis et discuter 24 heures sur 24.
Symbolique de l'avance chinoise dans la robotique, ce produit nommé "U1" est décrit par UBTech comme "le premier robot humanoïde au monde grandeur nature à l'apparence ultra-réaliste".
Vaisseau spatial sur écran géant, ambiance de science-fiction, présence du célèbre DJ norvégien Alan Walker: c'est en grande pompe que l'entreprise a présenté mardi ses humanoïdes à Shenzhen (sud de la Chine).
Partout, un slogan: "Endless love" ("Amour éternel"), soit la promesse de robots offrant leur affection "pour la vie", explique à l'AFP Michael Tam, le directeur général d'UWorld, sous-marque d'UBTech qui a conçu le U1.
Le robot est principalement destiné aux "célibataires" et aux "plus de 60 ans", qui représentent en Chine respectivement 120 et 320 millions de personnes, selon M. Tam, soit "un marché colossal".
"Ces personnes ont un grand besoin de compagnie, qui apporte un réconfort affectif", souligne-t-il.
D'une autonomie allant jusqu'à quatre heures, le U1 propose des paroles apaisantes s'il détecte fatigue ou stress et affine sa connaissance de l'utilisateur avec le temps.
Il peut aussi, par exemple, repérer des problèmes de santé, rappeler de prendre ses médicaments, conseiller une tenue vestimentaire ou encore proposer de regarder ensemble un match de Coupe du monde, affirme UBTech.
- Dépendance affective -
Le robot peut bouger tête, yeux et bouche. Mais il ne fait ni le ménage, ni la cuisine, ni le repassage.
Ses compétences ne s'étendent pas non plus aux chambres à coucher. Il n'a pas vocation "pour l'instant" à offrir des relations intimes, souligne UBTech.
Le U1 est décliné en versions "femme" (1,68 m) et "homme" (1,83 m), avec de nombreux looks: blonde à robe sexy, aventurière en combinaison blanche, ou encore éphèbes au regard charmeur.
Il peut être personnalisé pour ressembler à un proche, une célébrité ou un personnage imaginaire.
Les prix varient entre 119.800 yuans pour la version "Lite" et 990.000 yuans (128.000 euros) pour l'"Ultra", aux fonctionnalités plus sophistiquées.
Ce type de produit divise, certains y voyant une banalisation de la dépendance affective aux machines et un risque en matière de confidentialité.
UBTech promet un "cryptage" des données et assure qu'elles ne seront pas utilisées pour l'entraînement de modèles d'IA.
Des centres commerciaux aux hôtels, les robots sont omniprésents en Chine. Cette familiarité, célébrée par les médias officiels, suscite une large acceptation sociale — un contraste avec la méfiance généralement observée en Occident.
Engagée avec les États-Unis dans une féroce rivalité technologique, la Chine est en pointe en matière de robots humanoïdes.
Le pays asiatique représentait 85% de ceux installés dans le monde en 2025, selon la banque Barclays.
- Industrie stratégique -
Ils sont notamment déployés dans les usines, la livraison express et les lieux publics. La demande augmente, soutenue par un fort appui des autorités.
En 2025, plus de 140 entreprises chinoises avaient déjà lancé plus de 330 modèles de robots humanoïdes, selon le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information.
La robotique est une priorité pour la Chine, qui l'a désignée comme industrie stratégique dans son plan quinquennal 2026-2030.
Le marché chinois des robots humanoïdes devrait atteindre les 2 milliards de dollars cette année et les 15 milliards d'ici 2030, selon une étude de Morgan Stanley.
Créée en 2012, UBTech conçoit notamment des robots pour l'industrie. Avec le U1, l'entreprise veut percer sur le marché des humanoïdes grand public, un créneau jusqu'ici peu porteur.
"Je vois un intérêt pour un robot compagnon, même s'il s'agit d'une niche", affirme à l'AFP Lian Jye Su, analyste au cabinet Omdia.
Mais ces U1 devraient souffrir du malaise qu'inspirent parfois les robots trop ressemblants à l'humain sans l'être, "ce qui réduira leur acceptation sur le marché", prédit-il.
De son côté, UBTech revendique déjà plus de 13.300 précommandes. Les livraisons doivent débuter le 16 septembre.
L.Adams--AT