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En Inde, le très attendu projet de train à grande vitesse accélère enfin
Près de dix ans de travaux pour 100 petits kilomètres de voies... Après de nombreux retards, l'Inde devrait enfin mettre en service l'an prochain le premier tronçon de son train à grande vitesse, première étape de la modernisation d'un réseau à bout de souffle.
L'ambitieux projet, établi sur la base de la technologie du fameux "Shinkansen" japonais, avait été lancé en 2017 en grande pompe par les Premiers ministres indien Narendra Modi et japonais Shinzo Abe, pour un premier convoi prévu six ans plus tard.
La facture, salée, avait alors été évaluée à 17 milliards de dollars, financés à 81% par un prêt de l'agence internationale de coopération nippone (JICA).
La successeure de M. Abe, Sanae Takaichi, est attendue mardi en Inde pour une visite de trois jours.
Le gouvernement indien s'est réjoui de cette "étape majeure des efforts de modernisation du réseau ferroviaire" qui, a-t-il ajouté, "doit permettre de développer d'autres voies à grande vitesse dans tout le pays".
L'Inde dispose de l'un des plus longs réseaux ferroviaires au monde, largement hérité de l'ère coloniale britannique: 85.000 km de rails, sur lesquels ont transité 7,41 milliards de passagers et 1,67 milliard de tonnes de marchandises l'an dernier.
Depuis des années, New Delhi s'est engagée dans un vaste plan de modernisation.
- JO en ligne de mire -
Son objectif ? Tourner définitivement la page d'un service public longtemps associé à ses accidents meurtriers et aux images des grappes humaines accrochées à ses rames de banlieue.
Une première étape a été franchie avec l'entrée en service de ses nouveaux trains entièrement "made in India" baptisés "Vande Bharat" ("Salut à l'Inde"), qui ont transporté 40 millions de passagers à la vitesse de 180 km/h l'an dernier.
Mais les TGV constituent le point d'orgue de cet effort.
La première ligne à grande vitesse doit relier les mégapoles de Bombay, la capitale financière du pays, et d'Ahmedabad (ouest) sur 508 km à 320 km/h.
"Le premier tronçon de ce TGV sera opérationnel en 2027 entre les villes de Surat et Vapi" distantes d'une centaine de km, a précisé à l'AFP le directeur général des Chemins de fer indiens, Dharmendra Tewari.
"Une très grande partie des travaux sont terminés sur l'ensemble de la ligne", a-t-il précisé.
Les premiers trains devraient circuler à partir de 2028 entre Bombay et Ahmedabad, la capitale de l'Etat du Gujarat natal de M. Modi, qui doit accueillir deux ans plus tard les Jeux du Commonwealth et ambitionne ensuite d'organiser les Olympiades de 2036.
La construction de la nouvelle ligne a requis le percement d'un premier tunnel de 21 km sous des montagnes, et d'un autre de 7 km sous la mer - une première en Inde - toujours en cours.
- "Connecteurs de croissance" -
Le nouveau train fera passer le temps de trajet entre les deux villes sous la barre des deux heures, contre environ neuf pour les convois actuels, six au moins par la route et encore quatre à cinq pour l'avion (procédures d'aéroport comprises).
Le TGV est l'un des grands projets de modernisation promus par Narendra Modi depuis son arrivée à la tête du pays le plus peuplé de la planète - un milliard et demi d'habitants - en 2014.
Mais sa mise en service a longtemps été contrariée par les dépassements de budget, les retards de construction et la pandémie de Covid.
L'inauguration de son premier tronçon désormais en ligne de mire, le gouvernement espère accélérer la construction des 4.000 km de voies ferrées - sur sept lignes - prévus dans le projet initial.
"Ces lignes vont permettre d'intégrer des villes et des régions essentielles, de faciliter le déplacement des populations et de soutenir l'économie", a résumé en juin dans une note à la presse le gouvernement, qui les désigne comme des "connecteurs de croissance".
Aucun calendrier précis n'a été précisé pour la mise en service de ce nouveau réseau.
Sur une carte, il doit permettre à terme de relier d'ouest en est la capitale New Delhi à la ville sainte hindoue de Varanasi, par ailleurs circonscription électorale de Narendra Modi, et du nord au sud Ahmedabad à Bombay, Pune, Hyderabad et Madras.
H.Thompson--AT