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Foot: Le Graët, un avenir en suspens
L'avenir de Noël le Graët va probablement se jouer mercredi matin lors d'un comité exécutif extraordinaire de la FFF, une réunion cruciale décidée après la déferlante ayant suivi ses propos sur Zidane et le témoignage accablant mardi d'une agente de joueurs dénonçant son comportement sexiste.
"NLG" vit peut-être ses dernières heures en tant que président de la FFF. C'est peu dire en effet que l'étau s'est resserré sur le dirigeant breton (81 ans), en fonction depuis 2011, qui semble avoir été lâché par une partie de ses soutiens.
"Là, il a perdu beaucoup de monde, je pense que les membres du Comex ne vont plus le suivre", assure une source proche de la +3F+.
Auditionné mardi par les inspecteurs de la mission d'audit lancée par la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra il y a près de quatre mois, un rendez-vous fixé depuis des jours mais finalement positionné en pleine tourmente, Noël Le Graët risque de vivre un autre moment difficile mercredi matin.
Fragilisé, mais tentant de garder la main, il a convoqué le "gouvernement" de la Fédération française de football, ce qui pourra lui permettre de répondre aux diverses interrogations nées de ces derniers jours, mais il devra aussi faire face aux critiques internes.
Ses déclarations dimanche soir sur RMC à propos de Zinédine Zidane ont visiblement déclenché un mouvement que l'ancien maire PS de Guingamp, malgré ses excuses présentées lundi au champion du monde 1998, risque de ne pas pouvoir contrer.
Lundi soir, le président de la FFF a été attaqué avec virulence par la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, qui a exprimé le "ras-le-bol" ressenti au sommet de l'Etat selon une source gouvernementale.
- "Il fallait passer à la casserole" -
Dans ce contexte, le témoignage de l'agente de joueurs Sonia Souid sur BFM TV et dans L'Equipe, mardi, pourrait bien lui être fatal.
"Il m'a dit en tête à tête, dans son appartement, très clairement, que si je voulais qu'il m'aide, il fallait passer à la casserole", affirme Sonia Souid, à l'évocation d'un entretien remontant à 2014, lors duquel elle souhaitait discuter de la promotion du football féminin.
Évoquant ses contacts professionnels passés avec le patron du football français, l'agente explique avoir eu le sentiment "qu'à chaque fois, la seule chose qui l'intéress(ait)" était "mes deux seins et mon cul".
La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a l'a félicitée sur Twitter "pour le courage de (son) témoignage".
Il s'agit du premier témoignage direct d'une femme évoluant dans l'univers professionnel de Le Graët, quatre mois après une enquête du magazine So Foot faisant état de comportements déplacés, avec notamment l'envoi de SMS à caractère sexuel, ce que l'intéressé a plusieurs fois démenti.
Le témoignage de Sonia Souid, très émue sur les images de BFM TV, augurait d'une audition compliquée pour Le Graët, mardi au siège de la FFF, dans le cadre de l'audit diligenté par le ministère des Sports pour éclaircir notamment les pratiques managériales au sein de l'instance.
"Il est possible qu'il passe un sale moment, ça commence à ne pas sentir bon", assure une source proche des milieux politiques.
Des premiers éléments de ce rapport très attendu, et que la ministre des Sports veut donner rapidement aux membres du Comex de la FFF pour qu'il puisse "prendre ses responsabilités", ont d'ores et déjà fuité sur France Inter.
La radio a révélé que "plusieurs femmes" avaient "dénoncé (...) l'attitude de Noël Le Graët à leur égard", ce qui a été confirmé à l'AFP par une source proche du dossier.
Selon France Inter, une ancienne cadre a "montré aux inspecteurs des textos et des messages WhatsApp", qui "ne sont certes pas illicites mais (...) posent question compte tenu du lien hiérarchique".
"Il appelle beaucoup. J'ai des messages vocaux et quelques SMS", a également assuré Souid dans son témoignage.
- "Complètement hors-sol" -
Lundi soir, Amélie Oudéa-Castéra a clairement demandé au Comex de la FFF d'agir. Les membres de ce gouvernement du football français, principalement issus de la liste menée par Le Graët lors de sa dernière réélection en 2021, sont les seuls habilités à pousser le président vers la sortie.
Techniquement, le pouvoir politique n'a en effet pas la possibilité de destituer le patron de la FFF, ce qui provoquerait par ailleurs l'ire de la Fédération internationale (Fifa), qui prohibe toute intervention étatique.
"Il va y avoir une vague de fond terrible, il va devoir s'en aller. La ministre a raison, il est complétement hors-sol. C'est une communication non maîtrisée, mais quand on est président d'une fédération sportive, la plus grande de France, on se maîtrise", a expliqué cette source.
M.Robinson--AT