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Macron et Meloni vont mettre en scène leur "bonne entente" sur la Côte d'Azur
Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se retrouvent jeudi à Antibes, sur la Côte d'Azur, pour le premier sommet franco-italien depuis 2020, un rendez-vous très attendu destiné à donner un nouvel élan à la relation bilatérale entre les deux pays après une série de dissonances.
Ce sera aussi le premier sommet franco-italien depuis l'entrée en vigueur en 2021 du Traité du Quirinal, qui a rehaussé la relation bilatérale au niveau de celle entre Paris et Berlin, et surtout depuis l'entrée en fonction de Giorgia Meloni, issue du parti post-fasciste Frères d'Italie, en octobre 2022.
Le rendez-vous, initialement envisagé pendant deux jours en avril à Toulouse, se résumera à quelques heures jeudi après-midi, avec des entretiens, des signatures d'accords et une conférence de presse, avant un dîner de travail.
Mais l'ambiance promet d'être détendue dans le décor raffiné de la Villa Eilenroc, auguste demeure du 19e siècle surplombant la Méditerranée, qui accueillera les discussions après une visite des deux dirigeants au musée Picasso d'Antibes.
Oubliés les piques, accrocs et crises entre les deux dirigeants, déterminés à prendre chacun la lumière sur la scène européenne. L'Elysée, balayant "l'écume et le commentaire" sur ces tensions, n'a qu'un mot d'ordre, le "retour aux fondamentaux de la relation franco-italienne".
- "Sur les deux joues" -
Et celle-ci ne manque pas d'atouts, avec plus de 100 milliards d'euros d'échanges de biens en 2025 et de multiples coopérations, de la défense à l'énergie en passant par l'espace.
L'heure est donc à la bonne entente, d'autant plus que Giorgia Meloni a pris, après une lune de miel très appuyée, ses distances avec Donald Trump au prix d'échanges acerbes ces derniers jours.
"Ils vont s'embrasser sur les deux joues comme du bon pain, elle va arrêter de faire la gueule quand elle voit Macron et vice-versa", anticipe Marc Lazar, spécialiste de l'Italie à Sciences Po Paris.
Le ton était déjà donné lors de la dernière venue de la présidente du Conseil le 17 avril à l'Elysée. Arrivée dans une Alfa Romeo rouge vif, accordée à la couleur de son tailleur, elle avait alors été accueillie par une double bise d'Emmanuel Macron, ponctuée de fous rires.
Dès la fin 2022, la relation avait viré à l'orage autour d'un bateau de migrants que Rome refusait d'accueillir, contraignant Paris à le faire.
En février encore, Emmanuel Macron invitait son hôte à cesser de "commenter ce qui se passe chez les autres", après la mort en France d'un militant identitaire. "Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés", avait-il lancé sans ménagement.
- Missiles et satellites -
Mais les deux pays ont intérêt à s'entendre. "C'est une relation d’évidence (...) Nous avons besoin l’un de l’autre", concède l'Elysée.
Sur l'Ukraine d'abord, les positions convergent même si la Première ministre exclut d'y envoyer des soldats en cas d'accord de paix avec la Russie afin de donner des gages de sécurité à Kiev.
Les deux pays réfléchissent aussi à la force multinationale qui pourrait être mise en place au Liban à la fin du mandat de la FINUL en décembre afin d'aider au retour à la stabilité dans ce pays.
"Beaucoup de ministères travaillent main dans la main, dans un très bon esprit, malgré les divergences politiques", relève aussi Marc Lazar.
Les deux délégations - huit ministres de chaque côté outre les deux dirigeants - vont ainsi signer une feuille de route sur la défense, qui mettra notamment l'accent sur le système franco-italien de défense anti-aérienne SAMP/T, livré à l'Ukraine, avec l'idée de "développer une offre souveraine européenne" en la matière.
Paris et Rome travaillent aussi sur une mégafusion entre les poids lourds européens des satellites Airbus, Thales et Leonardo. Une attention particulière sera accordée à Antibes à ce "projet de consolidation Bromo", relève l'Elysée.
L'Italie, qui veut relancer son programme nucléaire, travaille également avec la France sur de petits réacteurs modulaires SMR. Des investissements seront en outre annoncés lors d'un Forum économique franco-italien au Cannet.
W.Nelson--AT