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Violences conjugales: Quatennens condamné à 4 mois avec sursis et suspendu du groupe LFI
Condamné mardi à quatre mois de prison avec sursis notamment pour des "violences" sur son épouse, Adrien Quatennens a été dans la foulée suspendu temporairement du groupe LFI, décision qui suscite la discorde avec ses partenaires de la Nupes.
L'élu insoumis doit s'exprimer dans la soirée, mais son avocate, Jade Dousselin, estime d'ores et déjà que cette condamnation judiciaire est "un avertissement solennel" qui n'empêche pas son client "de réintégrer l'Assemblée et de poursuivre son mandat électif".
A l'issue d'une longue réunion, le groupe des députés LFI a toutefois annoncé dans un communiqué sa "radiation temporaire" pour "une durée de quatre mois (...) jusqu'au 13 avril 2023". Son retour sera "conditionné à l'engagement de suivre un stage de responsabilisation sur les violences faites aux femmes auprès d'associations féministes".
La Nupes va-t-elle se fissurer sur cette affaire ? La mesure de suspension est en tous cas jugée trop faible par beaucoup au sein de l'alliance de gauche.
"La décision que l'on attend, c'est la démission d'Adrien Quatennens, qui ne peut pas siéger avec la Nupes", a réagi la cheffe des députés écologistes Cyrielle Chatelain.
"Pour une sanction de cette nature nous aurions prononcé l'expulsion", a renchéri le premier secrétaire du PS Olivier Faure, invoquant un "devoir d'exemplarité".
Même son de cloche du côté des écologistes. "Un député condamné pour violences conjugales ne peut pas siéger. Il doit démissionner. Par respect pour les femmes, pour nos combats et les valeurs que nous défendons", a tweeté Sandrine Rousseau.
Du côté des insoumis, on estime que la mesure de suspension est "une décision ferme". "Ce n'est pas le pouvoir des autres groupes" de se prononcer sur cette question, a relevé le député LFI Antoine Léaument.
Toutefois, une voix discordante au sein de LFI s'interrogeait, estimant qu'une exclusion aurait sans doute été "pertinente".
Le groupe a expliqué qu'il avait tenté de concilier "la décision de justice prise après enquête, le principe féministe de prendre au sérieux la parole des femmes, une volonté de gradation des sanctions" et le fait qu'"Adrien Quatennens est d'ores et déjà mis en retrait de son activité parlementaire depuis trois mois".
Jugé en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC ou "plaider-coupable"), le député était présent lors de l'homologation par un juge de sa peine, qu'il avait préalablement acceptée sur proposition du parquet.
Son épouse, avec qui il est engagé dans une procédure de divorce conflictuelle, assistait également à l'audience.
- Huis clos -
M. Quatennens est condamné pour "violences sans incapacité commises par conjoint" entre octobre et décembre 2021, ainsi que pour "envoi régulier et malveillant de messages" à son épouse entre août et septembre 2022. Il devra également verser 2.000 euros de dommages et intérêts.
Selon son avocate, il lui est reproché une gifle "il y a plus d'un an dans un contexte extrêmement tendu", ainsi que "des SMS répétés, dont M. le juge a reconnu (...) qu'ils n'avaient aucun caractère harcelant, malveillant ou menaçant".
L'audience d'homologation, qui s'est tenue à huis clos, n'a cependant pas permis de connaître le détail des faits pour lesquels M. Quatennens est condamné.
Son retour rapide dans l'arène politique avait déjà été mis à mal par un communiqué envoyé fin novembre par son épouse à l'AFP, évoquant des "violences physiques et psychologiques" exercées depuis "plusieurs années" par son mari.
Jean-Luc Mélenchon, qui avait dans un premier temps affiché son soutien à son poulain, provoquant l'ire des militants féministes et une crise à LFI, ne s'est pas exprimé sur le sujet depuis les nouvelles accusations de Céline Quatennens.
- Militantes féministes -
L'intéressé, lui, "compte revenir", mais il se pliera aux "conditions soumises par le groupe", avait affirmé son entourage avant sa condamnation.
M. Quatennens était arrivé au tribunal par une porte dérobée, évitant les journalistes, ainsi que quatre militantes du collectif féministe #NousToutes, présentes pour réclamer sa démission.
Une dizaine d'élus et militants LFI s'étaient également rassemblés dans un froid glacial afin de le soutenir. "On ne peut pas le comparer à des gens qui tabassent leur femme, qui mettent du GHB dans des verres", avait déclaré le maire de Faches-Thumesnil, Patrick Proisy.
zap-bj-bap-sac/sde/cbn
G.P.Martin--AT