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Procès Kardashian: les "papys braqueurs" tous "coupables" selon l'accusation
Il y a eu le braquage sensationnel de la reine des influenceuses, sa venue tout aussi spectaculaire au palais de Justice de Paris, les modestes explications des accusés. Et maintenant, c'est l'heure des comptes pour les "papys braqueurs" de Kim Kardashian, "tous coupables" a assuré mercredi l'accusation au début de ses réquisitions.
"Je sais tout comme vous que parmi les dix accusés, huit clament leur innocence", a déclaré Anne-Dominique Merville, s'adressant aux magistrats professionnels et jurés populaires de la cour d'assises de Paris. "Pourtant mon intime conviction c'est qu'ils sont tous coupables".
Elle a ensuite commencé à reprendre depuis le début le dossier de ce braquage "éclair", la nuit du 2 au 3 octobre 2016 quand cinq malfrats sont entrés en pleine Fashion week dans l'hôtel parisien de la star américaine, "entre 2H59 et 3H15".
"Ils sont cagoulés, gantés, ils vont séquestrer, ligoter. Ils n'ont aucune empathie pour Kim Kardashian, pour le réceptionniste", déclare l'avocate générale, dont les réquisitions doivent durer trois heures environ. Après avoir donné sa vue d'ensemble du dossier, elle reviendra sur les responsabilités de chacun.
"On est jamais préparés mais bien sûr, il va falloir payer les pots cassés", avait admis au tout début du procès l'un d'eux, Yunice Abbas.
L'enjeu principal, pour lui comme pour la plupart de ses coaccusés: un éventuel retour en détention.
La grande majorité sont passés par la case prison au moment de leur arrestation, en janvier 2017, trois mois après cette nuit d'octobre 2016 où 9 millions d'euros de bijoux avaient été dérobés à Kim Kardashian, dont une bague de fiançailles évaluée à 3,5 millions qu'elle exhibait sur les réseaux sociaux.
Certains n'avaient passé que quelques mois en prison, d'autres près de trois ans, avant d'être remis en liberté. Tous sont arrivés libres à l'ouverture du procès devant la cour d'assises de Paris le 28 avril.
Pendant les trois semaines du procès, l'avocate générale a fait peu de mystère de ce qu'elle pensait des accusés: pas des "papys braqueurs" mais des malfrats multirécidivistes, "chevronnés" et au plan minutieusement préparé, s'est-elle échinée à répéter.
- "Victime" -
Jugés pour vol avec arme, séquestration et enlèvement - ou complicité -, ils encourent 30 ans de réclusion criminelle (la perpétuité, pour certains en récidive).
Les peines réclamées seront très vraisemblablement bien éloignées du maximum possible. Mais vu la "gravité" des faits maintes fois soulignée, l'accusation devrait demander pour certains des condamnations entraînant une incarcération immédiate.
"Vous avez pensé mourir, Madame ?", avait demandé le président David De Pas à la superstar américaine quand elle était venue témoigner au procès la semaine dernière.
"Absolument, j'étais certaine que j'allais mourir".
Pendant plus de quatre heures - en robe haute couture et couverte de diamants dont une bague ressemblant fortement à celle dérobée le soir des faits - Kim Kardashian avait décrit comment elle avait été malmenée, ligotée, bâillonnée. Raconté en essuyant une larme sa conviction qu'elle allait être "violée" et "tuée", revécu ses "supplications" pour qu'on l'épargne qu'elle puisse revoir ses enfants.
Ses avocats ont eu beau rappeler mardi dans leurs plaidoiries qu'elle était ici "victime" avant d'être une star "planétaire", le décalage entre son monde et celui de ses braqueurs était frappant. D'autant que l'affaire a mis neuf longues années à être jugée - les délais sont habituellement lents en France, encore plus quand les mis en cause ne sont pas détenus.
Alors dans la salle d'audience, les vieux bandits à l'ancienne ont l'air plus proches de la retraite que de la récidive.
L'accusation, puis la cour dans son verdict, devra forcément en tenir compte.
De la moyenne d'âge tournant aujourd'hui autour de 70 ans, et de la maladie pour certains: Didier Dubreucq suit une chimiothérapie en même temps que son procès; Yunice Abbas, déjà opéré du coeur pendant sa détention provisoire, est atteint de la maladie de Parkinson. Et le "cerveau" présumé du braquage, Aomar Aït Khedache, complètement sourd, quasiment muet, souffre d'une pathologie l'obligeant à se rendre aux toilettes toutes les heures, lentement appuyé sur une canne.
La défense plaidera à partir de mercredi après-midi, verdict vendredi.
A.Ruiz--AT