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L'Espagne essaie de rassurer après deux accidents ferroviaires majeurs en 48 heures
La catastrophe ferroviaire d'Andalousie dimanche et un nouvel accident de train mardi en Catalogne : en à peine 48 heures, ces deux drames ont bouleversé l'Espagne, où les questions s'accumulent sur la sécurité du système ferroviaire, amenant le syndicat des conducteurs de train à appeler à une grève de trois jours en février.
En Andalousie (sud), où au moins 43 personnes sont mortes dans la collision de deux trains à grande vitesse près d'Adamuz, selon un nouveau bilan des autorités, les enquêteurs examinent plusieurs pistes pour découvrir les causes de la tragédie, qui restent encore un mystère.
Le gouvernement central et le gouvernement andalou ont annoncé qu'un hommage national aux victimes de la collision d'Adamuz aurait lieu le 31 janvier à Huelva, en Andalousie.
En Catalogne, c'est un train de banlieue en direction de Barcelone (nord-est) qui a heurté mardi soir les débris d'un mur de soutènement qui s'était effondré sur la voie près de la petite ville de Gelida en raison de fortes pluies.
L'accident a fait un mort et 37 personnes ont été prises en charge par les secours, dont cinq blessés graves.
La circulation des trains reste suspendue dans la zone, selon le gestionnaire du réseau ferroviaire national Adif, qui a mis en place des restrictions de vitesse sur un tronçon entre Madrid et Barcelone.
Coup sur coup donc, l'Espagne, deuxième destination touristique au monde, a connu deux accidents majeurs, une première depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013. De plus, elle ne sait toujours pas ce qui a provoqué le plus grave d'entre eux.
- "Un excellent système" -
Dans ce contexte tendu, le principal syndicat des conducteurs de train, le Semaf, a appelé mercredi à une grève de trois jours les 9, 10 et 11 février pour réclamer plus de "sécurité ferroviaire".
"Nous ne pouvons ni ne devons remettre en cause notre réseau (ferroviaire), ni les transports publics de notre pays. Il n'est pas parfait, ni infaillible, mais c'est un excellent système de transport", a répliqué mercredi soir le ministre des Transports Óscar Puente lors d'une conférence de presse.
Il a dit vouloir "répondre aux revendications" des conducteurs, mais a souhaité que la grève soit annulée.
Le pays pleurait encore ses morts de la catastrophe d'Adamuz mercredi, au deuxième jour d'un deuil national de trois jours. Le bilan - au moins 43 morts et 31 personnes toujours hospitalisées, dont six en soins intensifs - reste provisoire.
Au moins deux personnes manquent encore à l'appel, selon les signalements pour disparition émis par les familles des passagers.
L'opposition s'en est prise mercredi au gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez, dénonçant des investissements insuffisants dans le réseau ferroviaire national.
Le dirigeant socialiste a promis la "transparence absolue" sur le drame d'Adamuz.
- Enquête "très complexe" -
Sur place, les engins de chantier continuent de s'affairer autour des deux trains accidentés dimanche.
Ce soir-là, les trois dernières voitures d'un train allant vers Madrid de l'opérateur privé Iryo - une société détenue majoritairement par le groupe italien Trenitalia - avaient déraillé et s'étaient déportées sur la voie d'à côté, heurtant violemment un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l'autre sens.
Les deux trains à grande vitesse, qui roulaient à plus de 200 km/h, transportaient au total plus de 500 passagers.
Mercredi, le New York Times a évoqué également, photo à l'appui, la piste d'un "bogie" (chariot placé dans la partie inférieure du châssis d'un train) retrouvé dans un cours d'eau proche du lieu de la collision.
La Garde civile (équivalent en Espagne de la gendarmerie) a confirmé la découverte dans un communiqué, tout en ajoutant que la pièce métallique faisait partie de "centaines d'indices" relevés sur le site.
M. Puente a averti que l'enquête serait "longue" et "très complexe", et que la publication d'un rapport définitif pourrait prendre plusieurs mois.
Avec 4.000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et l'une des fiertés du pays.
R.Chavez--AT