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La Coordination rurale appelle ses troupes au repos mais le "combat continue"
La Coordination rurale a appelé jeudi soir ses troupes au repos et a demandé pour cela la "libération" de ses tracteurs ainsi que de ses adhérents interpellés, mais les agriculteurs "à bout" craignent la signature imminente de l'accord UE-Mercosur malgré l'opposition réaffirmée d'Emmanuel Macron.
"Je n'ai vu aucune déclaration comme quoi les paysans étaient essentiels pour la France, c'est une honte", a déclaré devant des dizaines d'agriculteurs réunis devant le Palais Bourbon le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau, juché sur un tracteur à la sortie de son rendez-vous avec la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet.
Le deuxième syndicat agricole, habitué des actions coup de poing, a bravé les interdictions et débarqué à l'aube autour de l'Arc de Triomphe et de la tour Eiffel.
"Le combat sera dur et sera long", a ajouté M. Venteau, en précisant que ses troupes étaient prêtes à "revenir". Il avait posé au préalable la condition d'un moratoire sur les contrôles administratifs, ou par l'Office français de la biodiversité, des agriculteurs, dont il souhaite la suppression, affirmant que le gouvernement avait désormais la main sur les annonces.
Des actions de blocages routiers et manifestations sont prévues dans certaines régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne ces prochains jours, soit le troisième hiver d'affilée marqué par des mouvements d'agriculteurs qui déplorent précarité et concurrence déloyale des produits importés, notamment d'Amérique du Sud.
- Macron "contre" le Mercosur -
La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strabourg le 20 janvier si l'accord de libre-échange entre l'UE et des pays du Mercosur était signé.
Le président Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre cet accord vendredi à Bruxelles, invoquant un "rejet politique unanime".
Ce vote des pays membres ne constitue pas "la fin de l'histoire", a-t-il ajouté puisque l'accord devra encore être soumis au Parlement européen pour ratification.
Ces dernières semaines, le gouvernement français et Bruxelles ont multiplié les annonces, mais la pilule du Mercosur ne passe pas pour les agriculteurs, qui craignent unanimement l'arrivée de bœuf, sucre et de volailles sud-américains produits avec des normes moins disantes que celles imposées aux européens.
A sa sortie de rendez-vous avec le président du Sénat et la présidente de l'Assemblée, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a demandé un "créneau d'ici mars-avril" au Parlement pour une loi spéciale destinée à apporter des réponses "concrètes".
Il a appelé les parlementaires à voter le budget de l’État pour 2026 et à faire appliquer la loi d'orientation agricole et la loi dite Duplomb.
- Pas de "défaillance" -
José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré une absence d'engagement après l'échange avec la ministre de l'Agriculture Annie Genevard devant l'Assemblée. "Il n'y a rien du tout, aujourd'hui il faudrait un engagement sur la suppression des normes françaises", a-t-il ajouté.
Des parlementaires sont venus échanger avec des manifestants de la CR et Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée, a été violemment chahutée et invectivée.
Selon la préfecture de police, les abords de l'Arc de Triomphe commencent à être évacués et les échanges se poursuivent pour encadrer le départ des engins aux portes de Paris.
Une centaine de tracteurs a été bloquée dans la journée par les forces de l'ordre, a indiqué la préfecture de police. Une quarantaine était présente dans Paris et une soixantaine aux portes de la ville.
Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées par le ministère de l'Intérieur en Ile-de-France mais hors de la capitale.
En dehors de Paris en France, 67 actions ont réuni 2.200 manifestants, notamment sur des routes dans 39 départements, et 625 tracteurs, a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez en début de soirée.
La préfecture de police avait interdit les manifestations autour de certaines zones comme l'Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères ou le marché de Rungis mais les barrages ont été forcés. Le ministre a nié toute "défaillance" du dispositif, affirmant qu'il n'avait "pas souhaité" disperser les actions parisiennes de la CR, alors même qu'elles étaient "illégales".
Il a ajouté prendre note des demandes de libération des tracteurs et des adhérents de la CR.
bur-mdz-sb-mca/uh/LyS
T.Wright--AT